The Root Book

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The Root Book facilite l'écriture collaborative

Tu veux écrire de la fiction à quatre mains, à six mains, ou même plus, facilement et sans avoir de co-auteurice ?

The Root Book est un site d'écriture collaborative unique, où n'importe qui peut participer à n'importe quelle histoire et à n'importe quel moment de l'histoire.

Quel que soit ton genre préféré - fantastique, romance, science-fiction - ta voix a sa place ici. Seule l'imagination est la limite !

La ramification des histoires

The Root Book fonctionne sur le principe d'une arborescence des chapitres : un seul prologue donne naissance à de nombreux chapitres 1, qui sont les débuts d'histoires Chaque chapitre peut avoir autant de suites que possible, et chacune de ces suites peut à son tour se diviser en de nombreuses histoires.


Image illustrant la ramification des chapitres
Image illustrant la ramification des chapitres

Il te suffit d'un pseudo et d'un email pour te mettre à écrire

Si tu as besoin d'améliorer ton écriture, tu peux relever les défis d'écriture et ainsi travailler, tout en voyant ce que les autres écrivains proposent.
Et si tu as une idée, tu peux créer ton propre défi à la suite du prologue, juste en cliquant sur la case "défi".

Beaucoup d'histoires par de nombreux auteurs

The Root Book est un site très dense, avec sa multitude d'histoires qui possèdent tous leur propre multivers. Pour t'aider à naviguer dans cet arbre géant, plusieurs outils sont à ta disposition.

L'arbre des histoires te permet de visualiser la structure de chaque histoire et de comprendre comment les différents chapitres s'articulent entre eux. C'est un excellent moyen de voir l'ensemble de l'histoire et de choisir où tu souhaites contribuer.

Notre système de tags te permet de trouver des histoires qui correspondent à tes centres d'intérêt. La page des tags. Sur chacun de tes chapitres, tu peux ajouter les tags que tu veux, même ceux que personne n'a encore utilisé !

Le Concept Unique de The Root Book

The Root Book, c'est une expérience littéraire unique que je t'invite à découvrir. Ici, la magie de l'écriture collaborative prend vie. Chaque histoire se transforme en un véritable cadavre exquis où chaque auteur apporte sa touche personnelle, pour une aventure littéraire sans pareil.

Chaque histoire possède son propre multivers !

The Root Book est porté par une association à but non lucratif, qui a pour mission de fournir un outil 100% gratuit et en ligne pour tous, afin que chacun puisse exprimer sa créativité.

Si tu es enseignant·e ou professeur et que tu souhaites utiliser notre plateforme pour ta classe, n'hésite pas à m'envoyer un message pour me poser toutes les questions. D'autres ont déjà passé le pas.

La Monnaie de l'Imagination : Les Points TRB (🌳)

Sur The Root Book, chaque action compte. Les points TRB, symbolisés par le petit arbre 🌳, sont une manière de récompenser ta participation active à la plateforme. Tu les gagnes en écrivant (que ce soit des chapitres ou des commentaires), en donnant et recevant des coups de pouce, en relevant des défis et même en faisant un don à l'association T.R.B.

Ces points ont de la valeur ! Ils peuvent te permettre d'afficher des liens vers tes réseaux sociaux, augmentant ainsi ta visibilité au-delà du site. Tu peux également proposer de nouvelles façons de les dépenser directement sur ton compte.

Nos Chiffres-Clés et des Tags

The Root Book, c'est une communauté dynamique et des histoires incroyables à découvrir.

510 auteur·rice·s inscrit·e·s
691 chapitres coécrits
889487 lectures

Voici les tags préférés sur la plateforme :
Collaboratif (203) Écriture (178) Début (147) Concours (127) Prologue (126)
(Si ton genre de prédilection ne s'y trouve pas, peut-être que tu devrais envisager de créer un compte pour remédier à ce problème !)

Si jamais tu es perdu, surtout n'hésite pas

Si tu as plus de questions, il existe une FAQ.

Si tu as des suggestions ou si tu rencontres des problèmes sur le site, n'hésite pas à me contacter. Je suis là pour t'aider et répondre aux demandes dans les plus brefs délais. Tu peux me contacter via le formulaire de contact.

Un site avec de fortes valeurs collaboratives

En tant qu'association, The Root Book est ouvert à de nombreuses possibilités de partenariat. Que tu sois une association, une entreprise, un blogueur ou un influenceur, nous sommes toujours ravis d'explorer de nouvelles collaborations.

Nous disposons d'un système de visibilité efficace qui peut aider à promouvoir ton travail ou ton organisation à travers notre plateforme et notre communauté d'auteurs passionnés.

Si tu es intéressé par un partenariat avec The Root Book, n'hésite pas à prendre contact via le formulaire de contact ou à l'adresse email suivante : information.the.root.book@gmail.com.


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Quelques Chapitres à ne pas oublier

Quand je reprend connaissance je ne comprend pas tout de suite ce qui se passe. Le lit sur lequel je me trouve est grand, je retire la couette et me dirige directement vers la porte. Elle est verrouillée.  Je cherche dans ma mémoire ce qui a bien pu se passer, comment je me suis retrouvée là.  La traque et la première chose que je me rappelle. Ce sentiment que quoi que je décide ma mort serait inéluctable puis le froid et la fatigue. Ces souvenirs me donnent des frissons mais ce n'est rien comparé à ce que ma mémoire me montre. L’arbre sur lequel j’ai essayé de résister, les lumières qui embrassent le ciel puis la chaleur qui recouvrait mon corps. Je me souviens avoir pensé que si ma vie s'achevait de cette façon j’en serais très heureuse. La porte étant close, je m'approche de la seule fenêtre. Elles sont là, les aurores Boréales. Elle ondule de façon si agile que cela ressemble à une danse. Mon cœur s’affole. Il n’y a pas de mot pour décrire ce que je ressens à cet instant. Elles sont si paisibles.  -Tu ne peux pas voir les Aurore Boréale.  La phrase de ma mère résonne dans mon crâne.  -Si mère, je peux les voir,  elle sont juste la, dis-je à voix haute. Pour réponse j’entend le clic qu’un porte que l’on déverrouille.  Je reste immoblile. Telle une enfant je pense que si je ne bouge pas personne ne peux me voir.  C’est un homme qui entre. Il tient un plateau avec de la nourriture et le pose sur le lit sans m’accorder la moindre attention.  Grâce à ça j'ai le temp de l'examiner. Il porte une sorte de tunique d'une couleur que je ne serai pas qualifié. Pour moi elle est mauve mais je sens au plus profond de moi que ce n’est pas simplement ça. Cherchant dans ma matière grise le mot qui pourrait le désigner, j’ai soudain un flash. Avant que la chaleur ne m’enveloppe et avant que je sombre dans l'inconscience, je me rappelle que les Aurores s'entremêler, s'étirer, se barrer la route. Ce n'était plus une danse mais une bataille.  Alors que l’homme reprend la sortie, je fais un pas en avant.  -Qui êtes vous ?  Il s'arrête. Dos à moi je ne peux pas voir son visage. J’attend qu’il me réponde mais en vain. La porte claque et je suis de nouveau enfermé dans cette pièce. Une seule question tourne en boucle dans ma tête.  Qu'est-ce qu'une Aurore Boréale ? 

Chapitre 2 :
Les couleurs.

de l'histoire
Aurores Boréales
par sathanya10
Début Écriture Collaboratif

Et pourtant, je ne peux pas nier que je suis moi-même attiré par l’appât du gain. — Je n’y arriverai pas par mes propres moyens… — Qu’est-ce à dire ? Que si les plus aptes à se battre, bien qu’il s’agisse de paysans, n’ont pas obtenu de résultats concluants, quand ils n’ont pas perdu la vie, ce n’était certainement pas moi et Pierrot qui ferions mouche. Alphonse tord ses doigts boudinés avec nervosité, craignant sans doute que je lui demande de mobiliser une nouvelle formation à envoyer au casse-pipe. Il sursaute alors qu’une plainte sonore s’échappe de la gorge de Pierrot qui pointait l’aquarium du doigt avec un mélange d’hébètement et de consternation alors que ses locataires se dispersent après l’ingestion de leur repas de fortune. — Que j’aurais besoin de volontaires pour garder ce grand dadais dans un premier temps. — Vous n’allez pas l’emmener avec vous ? — Non. — Mais… ? Veuillez m’excuser, mais je ne vous suis pas. — Vous avez bien vu que partir tête baissée dans le tas ne sert à rien. En revanche si, comme vous le prétendez, leurs effectifs diminuent, nous pouvons espérer qu’ils n’auraient rien contre… des bras supplémentaires. Le cerveau définitivement en surchauffe, le bourgmestre me toise bien cinq secondes entières avant qu’un éclat d’intelligence ravive son regard vide. — Un agent double ? — Si l’on veut… — Mais ne serait-ce pas plus efficace, alors, de se servir de… de… Avec un tremblement qui pourrait autant résulter de sa nervosité que de son hésitation, il désigne brièvement Pierrot d’un doigt luisant de sueur. — … Votre compagnon ? Dans une démarche dandinante, le petit homme ventru clopine vers un placard dans lequel il s’affaire une bonne minute avant d’en sortir une caisse, laquelle est pleine de vieux câbles et de petits microphones. Je dois bien admettre que c’est un exploit d’avoir si bien conservé du matériel qui aurait déjà pu passer pour un tas d’antiquités avant même la grande catastrophe. — Après tout, ils sont aussi en recherches d’ogres pour leur exploitation non ? insiste-t-il. Si… s’ils emmène le vôtre et que… — C’est non. Même en partant du principe que ces babioles fonctionnent encore, et que Pierrot en soit discrètement équipé, je n’ai aucune envie de le laisser entre des mains inconnues sans savoir de quoi il en retourne en amont. — Et si vous vous présentez à eux avec lui… ? — Ce sera définitivement louche. Peu d’individus peuvent se vanter d’avoir apprivoisé un ogre sans le contraindre. — Mais… ? — Si vous vous présentez à quelqu’un en lui exposant très exactement tout ce dont il a besoin, cette personne aura toutes les raisons de penser que vous attendez quelque chose en retour. Je pense que vous savez qu’en ce bas monde où la charité est morte est enterrée, il y a deux types de personnes prêtes à aborder un inconnu avec la prétention de pouvoir lui offrir quelque chose : les opportunistes et les désespérés. Je vous laisse deviner lequel de ces deux profils favoriserait mon intégration.

Chapitre 2 :
Désespéré ou opportuniste ?

de l'histoire
Proposition à Triste Vallon
par Lyn
Ogre Mercenaire Fantasy

Je pousse d’une main mollasse les barreaux de la grille d’entrée et traverse la cour en faisant racler mes chaussures de sécu sur le ciment brut. Devant, la face de l’entrepôt à l’air de se foutre de moi avec ses yeux en lampions et les dents d’un sourire en portes. Fait pas jour encore. Cinq heures, l’heure grise, juste avant que l’aube se pointe ; quand tout a l’air encore sali de fatigue, bien immobile comme pour rester un peu plus longtemps dans les draps nocturnes. J’y mets un terme en relevant l’interrupteur. Les néons s’allument un à un, douchant l’espace du magasin de cette lumière trop blanche qu’on retrouve dans tous les hangars, les hôpitaux et les lavomatiques. J’essaye d’imaginer un lien entre les trois. Puis j’abandonne rapidement, me préparant un café dans le bureau. Je m’affale dans le fauteuil en posant mes pieds sur la paperasse comme si j’étais le chef ; c’est pas si tôt qu’on le verrait débarquer de toute façon. J’ai les yeux qui collent et l’odeur du tabac froid au coin des lèvres, sale journée qui commence. Derrière la vitre en plexiglas, je scrute les échafaudages d’acier. Les tuyaux interminables en PVC, les tasseaux traités et ceux non traités, les sacs de plâtres, de gravillons, de gravier, de sable, de ciment… Je regarde les sachets de vis de tous diamètres à côté des visseuses-perceuses, des raboteuses et des taille-haies. Je regarde tout ce bordel bien calé dans le fauteuil, attendant sans me presser que les collègues arrivent. Je me redresse brusquement en laissant échapper un juron. En haut, la tôle ondulée du toit laisse passer la couleur trop vive d’un soleil bien levé. Je me suis assoupi. Je me redresse pour voir la grosse horloge fixée au mur. Déjà neuf heures ! Je vais pour me lever presto quand je remarque le silence aussi parfait qu’à mon arrivée. Personne. Non seulement on me fait venir pendant les vacances, et en plus je suis le seul con à accepter… J’attrape mon café froid, le vide d’une traite, et en relance un avant de faire un tour pour vérifier qu’ils sont pas planqués quelque part pour me faire la blague. Après quelques menus travaux de manutentions, je me retrouve les bras ballants, à arpenter les rayonnages. Je parle tout haut. Parce qu’un grand espace comme ça, ça fait mieux de le combler, pour pas être trop mal à l’aise. Je repense aux lavomatiques et aux hôpitaux mais c’est pas très gai ce qu’on peut en dire. Alors j’éteins les lumières et je vais manger mon casse-croûte un peu en avance : ça leur apprendra à me faire venir pour rien, je me dis. Je retrouve la fraîcheur du hangar avec satisfaction. Dehors, la chaleur vous écrase contre le sol bitumé. Dans le demi-jour de l’entrepôt aux murs aveugles, je continue mes va-et-vient, imitant différentes démarches pour passer le temps. La lumière tombe verticalement sur les amas d’objets qui prennent des teintes assourdies, limant leurs détails dans une ambiance de cathédrale du bricolage. Le tic-tac entêtant de l’horloge semble ralentir pour prolonger mon désœuvrement. Il résonne de plus en plus fort jusqu’à empiéter sur mes monologues. Et puis j’ai épuisé toutes les façons de mettre un pied devant l’autre. Alors je commence vraiment à déconner. Je me mets à courir un peu. Je fais des feintes aux palettes lestées de machines à laver et aux tracteurs tondeuses rangés en épi. Me plaque contre les faux murs carrelés d’échantillons de faïences pour semer un poursuivant invisible. Plus je fais le con, à me dire qu’il y a quelqu’un avec moi, plus le silence devient pesant quand je m’arrête. Je commence à voir des ombres bougées au travers des rayonnages. Le bruit des aiguilles de l’horloge ressemble parfois à des pas au loin. Je suis tellement en train de me monter la tête que je décide de rallumer les lumières. Quand la clarté clinique des néons revient, je souffle un peu et me marre tout seul. Un vrai gosse. Pour m’occuper et dissiper les restes de parano, je reprends le chariot élévateur et entreprends de bouger des tas d’électroménagers sous cellophane, et ainsi compléter une belle journée de travail inutile. Je me suis à peine engagé dans l’allée centrale que j’aperçois dans le rétroviseur un homme debout me fixant. Mon sang fait un tour et, dans la panique, mon volant deux. Je n’ai pas le temps de freiner que j’empale le véhicule dans le rayon peinture. La structure plie et une avalanche de pots explosent au sol. Une flaque chamarrée se propage entre les pieds en fers et les îlots de produits. Je la regarde s’étendre, hébété, jusqu’au pied d’une pancarte publicitaire découpant la silhouette d’homme hilare, pinceau en main.

Chapitre 1 :
Hagard au hangar

de l'histoire
Hagard au hangar
par Néant-Blanc
Défi Écriture Travail

La luminosité chutait fortement.   -Il ne faut pas tarder, mademoiselle.   J’acquiesçai. Dans la pénombre naissante, le trajet du retour fut encore plus chaotique que l'aller. Les questions venaient par vagues incessantes. Les reproches. Le doute. Le dégoût. Michon semblait lui serein, imperturbable.   -Michon, as-tu un pistolet ?   -Non.   -Sais-tu où te procurer un pistolet ?   -Non, mais je suppose que Madame Le Teiller doit le savoir.   -Ah. Oui, tu as raison. Et... as-tu déjà tiré avec un pistolet ?   -Non   -As-tu déjà tenu un pistolet en main ?   -Non. Ni un mousquet ou une arquebuse. J'ai déjà tiré à l'arc, mais je pense que cela n'a rien à voir.   -Non, cela n'a rien à voir.   Mon expérience dans ce domaine était très restreinte, mais pas inexistante. Père avait voulu, il y a quelques années, me faire essayer de tirer avec un pistolet. Expérience que j'avais trouvé rigolote selon ma perception enfantine de l'époque. Sauf que je n'avais tiré sur aucun être vivant.   -Et tu n'as pas peur de ne pas savoir comment faire ?   -Non. Je suppose que Madame Le Teiller va trouver un pistolet et me faire m’entraîner demain. De toute façon, je ne crains rien, ma cause est juste.   Justement, parlons-en, de cette cause juste ! Je me rendais compte, petit à petit, que ce n'était pas un homme indistinct que je venais de condamner à mort. Mais qu'il s'agissait du grand garçon qui marchait actuellement à mon côté. Un grand et jeune garçon qui ne connaissait encore rien de la vie, et pensait la croquer à pleines dents. Mais dont la vie allait s'arrêter pour un secret si stupide. Pour une cause juste ? Je me dégoûtais. Ma demi-sœur me dégoûtait. Grande-Tante me dégoûtait.   Nous finîmes par arriver à l'hôtel particulier, étant passé une fois devant sans nous en rendre compte. Il commençait à être tard, j'avais faim. Grande-Tante nous réceptionna à l'entrée :   -Ah, mes enfaaants, enfin rentrééés. Viens, ma petite Aaanne, j'ai déjà mangé mais je vais te faire apporter un repaaas. Tu me raconteras ce qu'il s'est passééé.   Attablée devant une assiette de légumes crus, arrosée d’une lichette de vin, j'essayai tant bien que mal de concilier remplissage d'estomac et réponses aux demandes pressantes et insistantes de ma grande-tante.   -Oui, nous avons bien pu le trouver à la Taverne du Rince-Cochon.   -Oui, il a accepté le duel d'honneur.   -Oui, à mort.   -Oui, il connaît les règles et a imposé la date, le lieu et l'arme.   -Le surlendemain, sur les coups de huit heures, à la cour des miracles de la rue du Bacq.   -Non, il ne nous a pas dit où cela se situait.   -Oui, au pistolet.   -Non, il n'en a pas. Il ne s'est jamais servi d'une arme à poudre. Il n'en a même jamais tenu une !   -Oui, un médecin. Il n'a pas précisé pour le second.   -Je me suis imposée comme un de ses témoins. Mais il lui en faut un second, et je ne pense pas qu'il sache à qui demander.   Me laissant enfin manger tranquillement, Grande-Tante me regardait d'un air absent. Elle reconnecta doucement, et reprit la parole :   -Mon enfaaant, ne t'en fait pas pour le pistoleeet, nous en avons ici qui conviendront parfaitemeeent. Mon cher Micheeel, que j'ai réellement aimé, sais-tuuu, était équipé, et avait même déjà eu à faire avec en duel d'honneuuur.   Un sourire mélancolique passa sur les traits de Grande-Tante.   -Je ferais mander demain notre cher Valèèère, qui s'y connaît en la matièèère, et donnera leçon à Michooon. Il fera également office de second témoin de Michooon. C'est un homme dévoué qui a connu pendant très longtemps mon cher Micheeel, jusqu'à ce que... tu sais quoiii. Je lui ai donné congés depuis pour bon et loyaux serviiices, mais je sais qu'il se fera un honneur de vous aideeer.   Elle bailla longuement :   -La journée a été longue et tumultueuuuse, et celle de demain le sera encore pluuus. J'aurais à m'absenter longtemps, peut-être toute la journééée. Valère devrait être présent à partir de la mi-mâtinééée, et sera à votre service pour le maniement de l'aaarme. Maintenant, je vais allez me coucher, et je pense que tu devrais en faire de mêêême !   Je me levai lui donner la bise, puis revins engloutir mon assiette. Le vin, même léger, suffit à me faire tourner la tête. Je montai à l'étage, voulus aller avertir Michon, mais me retrouvai allongée sur mon lit, m'endormant prestement.   Je me réveillai brusquement, agitée. Un cauchemar horrible. Michon avait provoqué en duel à mort le sieur Bono pour un intérêt futile. Son cadavre, un trou dans le front, gisait à mes pieds. Le rire démoniaque du sieur Bono résonnait partout. Il avait posé sa lame sur mon cou, et m'obligeait à faire des choses... A lui faire des choses... Et il me faisait... Je tressaillis. Et regardai par la fenêtre. Il faisait jour. Un ciel bleu sans nuages. Calme et apaisant. Un moineau était posé sur le rebord, et me regardait d'un drôle d'air. Quel cauchemar horrible. J'avais mal au crâne, et je m'étais endormie tout habillée. Pourquoi donc ?   Peut-être parce que le cauchemar horrible n'était pas qu'un cauchemar. Tirée des limbes du réveil, je me souvenais maintenant de la journée de la veille. Qu'elle avait été longue, et pénible. Ne trouvant pas le courage de me changer, je descendis à la recherche de nourriture et de contact humain. Quelqu'un était assis dans le vestibule. Un homme. Il se leva à mon approche. La cinquantaine, encore bien bâti, cheveux courts poivre et sel, la mâchoire carrée :   -Bien le bonjour, gente demoiselle. Valère, pour vous servir.   -Bien le bonjour, Valère. Anne de Pont-de-Sainte-Croix, petite-nièce de Marguerite Le Teiller.   Il me regarda en souriant :   -Madame Le Teiller m'avait fait dire qu'elle hébergeait pour quelque temps une charmante créature de sa famille lointaine. Je ne peux que constater qu'elle parlait vrai.   -Je vous remercie. Depuis quand êtes-vous là ? Quelqu'un s'occupe-t-il de vous ? Je viens de me lever, et je n'ai encore vu personne.   -Ne vous inquiétez pas. Germaine m'a indiqué que Madame était partie tôt ce matin. J'ai rencontré ce grand jeune homme, Michon, votre palefrenier, avec qui j'ai pu échanger en arrivant, et qui est en train de se faire un plaisir de m'installer dans mes anciens quartiers. Cela fait maintenant deux ans que Madame m'a donné congés. Si je vous avoue que cela me contente et me laisse enfin du temps pour ma petite famille, j'ai un pincement au cœur qui me prend régulièrement pour cet hôtel particulier et mon ancien rôle auprès de Monsieur Le Teiller. Je ne suis pas mécontent de pouvoir revenir y passer quelques jours. Même si j'aurais aimé que ce soit pour une raison autre que celle qui m'a été comptée.   Il m'avait accompagné jusqu'à la cuisine :   -Je vais vous laisser vous sustenter. Sachez que j'ai donné rendez-vous à Michon dans la cour dès qu'il aura fini de m'installer. Je vais remettre en état les pistolets de Monsieur, et nous allons faire quelques essais de tirs. Vous pourrez nous rejoindre si le cœur vous en dit.   Je le remerciai et attrapai un de ces étranges fruits orange et juteux que Grande-Tante se faisait amener de loin au sud. Je découpais des quartiers que j'enfournais entier, croquant dedans à pleines dents, le jus sucré et acide coulant dans ma gorge et sur mes joues. Que c'était bon !   Une fois repue, après une rapide toilette et m'être changée avec l'aide de Soizic, je descendis rejoindre Valère et Michon dans la cour. Valère tenait un coffret finement ornementé dans les bras. L'ouvrant, le coffret dévoila deux pistolets et l'ensemble des équipements qui les accompagnaient. Leur utilisation restait, pour Michon et moi-même, nébuleuse, mais Valère nous présenta chaque équipement et le rôle associé.   Les deux pièces maîtresses, les pistolets, étaient des œuvres d'art à part entière. La crosse, la platine et même le canon étaient gravés de fines ciselures de fleur de lys ou de serpent entremêlés. Valère nous expliqua qu'il s'agissait de pistolets utilisant la platine à silex, une invention d'une vingtaine d'année qui avait révolutionné le genre. Il nous expliqua rapidement le système de fonctionnement, à base de chien tenant un silex qui venait taper une batterie, ce qui déclenchait une étincelle tout en soulevant la batterie et dévoilant ainsi la poudre d'allumage qui prenait feu, permettant le tir. Ses explications rentrèrent par une oreille pour ressortir par l'autre. Il nous montra le mécanisme, sans poudre, et nous pûmes effectivement voir une étincelle se former quand une pièce, qui devait donc être le chien à silex, frappa une autre, qui devait donc être la batterie.   Il sortit une longue tige du coffret, s'en servit pour ramoner le canon des deux pistolets. Puis il introduisit de la poudre, un petit tampon en liège qu'il nomma une bourre, et enfin une bille. Il leva la batterie et déposa en dessous une autre poudre noire qu'il nomma pulvérin :   -Voilà, les armes sont chargées. Comme vous avez pu le voir, la mise en place est un peu longue. Mais l'effet est dévastateur.   Il posa une bouteille en verre par terre, s'écarta d'une vingtaine de pas, se retourna, visa et appuya sur la détente. Un « Bang ! » sonore résonna dans la cour, tandis que la bouteille de verre éclata en mille morceaux. Une fumée épaisse se répandit autour de l'arme et de Valère, qui disparut momentanément à nos yeux. Il traversa le rideau de fumée pour revenir vers nous.   -Impressionnant, n'est-ce pas ?   Il recommença l'opération de chargement sur le pistolet qu'il venait d'utiliser, puis nous les tendit un à chacun. Il ne lui vint aucunement à l'esprit que j'étais une femme et que je pouvais être du sexe faible inapte au maniement des armes, comme aimaient à le clamer haut et fort tous les dirigeants de l'armée du Roi. Il prit deux bouteilles en verre qui traînaient dans une caisse posée sur le sol, et alla les placer une quinzaine de pas devant nous. Puis il revint se positionner à notre côté :   -Avant de viser précisément, je vais vous demander de tirer sur le sol, sans viser, devant les bouteilles, afin que vous appréhendiez l'action du tir sur votre corps.   Nous levâmes tous les deux nos bras tenant l'arme et, d'un mouvement incertain, appuyèrent sur la gâchette. Une explosion dans la main, une onde qui se répercutait dans tous le bras tandis que le canon du pistolet se levait. J'avais visé devant la bouteille, et voilà que le projectile était venu se ficher dans le sol bien derrière. Une fumée âcre et étouffante vint me piquer les yeux et la gorge.   -Comme vous l'avez peut-être remarqué tous les deux, le canon de vos armes s'est relevé lorsque vous avez tiré, et la balle est partie plus haut que vous ne l'espériez. Lors de l'explosion, le pistolet revient vers notre corps. C'est ce que l'on appelle le recul. Mais il est bloqué par la main, qui est elle-même bloquée par le bras. Donc le canon de l'arme se lève pour compenser. Il faut donc, lorsque vous tirez, que vous anticipiez le recul, en forçant pour essayer de garder le canon de votre arme le plus droit possible. Ou que vous visiez bien plus bas que votre cible, mais il faut dans ce cas avoir beaucoup de chance.   Il nous demanda de le rejoindre, nous prit les armes des mains, et les rechargea.   -Vous allez maintenant réessayez de tirer sans ne rien viser, mais en forçant sur votre avant-bras pour essayer de compenser le recul.   Nous levâmes tous les deux nos bras, et appuyèrent plus volontiers sur la gâchette. Je forçai sur l'avant-bras, et l'onde de choc née de l'explosion fut atténuée. Le canon se releva légèrement. Une nouvelle bulle de fumée encombra la cour.   -C'est mieux Anne. Michon, mon garçon, soit un peu moins tendu, j'ai l'impression que tu veux écraser le pistolet dans ta main.   Il rechargea de nouveau les armes alors que nous nous déplacions encore pour nous éloigner des deux zones enfumées.   -Vous allez maintenant essayer un nouvelle fois sans viser, mais en tenant l'arme à deux mains. Peut-être cela vous aidera-t-il plus efficacement pour lutter contre le recul.   Il nous montra comment tenir l'arme à deux mains, et nous l'imitâmes. Nouveau coup de gâchette, nouvelle explosion. Recul très léger, le canon de l'arme ne se leva pratiquement pas. Nouvelle fumée âcre dans les yeux.   -C'est bien mieux pour tous les deux. Je vous conseille donc de continuer en tenant l'arme à deux mains si vous vous sentez mieux. Mais allons boire de l'eau, le temps que la fumée se dissipe.   La pause fut bienvenue, nous permettant d’hydrater la gorge sèche et soulager les yeux irrités.   -Valère, comment savez-vous toutes ces choses ?   Il me regarda, pensif.   -J'ai... été dans l'armée de notre Ancien Roi, dirons-nous. J'ai quelques notions militaires. Entre autres. Mais je ne préfère pas m'étendre sur le sujet, gente demoiselle. Nous ne nous connaissons pas encore suffisamment bien pour que j'accepte de vous ouvrir ce pan de mon histoire.   -Fort bien, Valère. Loin de moi l'idée de vous indisposer.   Nous revînmes prendre position dans la cour dégagée.   -Si vous vous en sentez capables, je vous propose de commencer à viser.   Nous acquiesçâmes tous les deux.   -Bien » il comptât quinze pas depuis les bouteilles, et nous demanda de le rejoindre là. « Vous allez devoir, chacun, toucher votre bouteille. Vous resterez ici à tirer et prendre de la fumée dans la figure tant que vous n'aurez pas fait exploser votre bouteille. Ne sous-estimez pas l'impact de l'explosion dans vos mains, vos avant-bras et vos bras : vous allez rapidement avoir des tensions et endolorissements dans les muscles. Je vous conseille donc de toucher le plus rapidement possible. Et je vous rappelle que même si vous pensez compenser totalement le recul, votre canon aura toujours tendance à se relever légèrement. Visez donc toujours légèrement plus bas que votre cible. Et maintenant, lever armes ! Feu !   Bang ! Bang !   -Levez armes ! Feu !   Bang ! Bang !   -Levez armes ! Feu !   Bang ! Bang !   -Levez armes ! Feu !   Bang ! Bang !   -Levez armes ! Feu !   Bang ! Schprîîîîngs ! Bang !   -Oui !   Je ne pus m’empêcher de crier de joie lors que j'arrivai enfin de faire exploser ma bouteille. Michon me regarda, déçu.   -Michon, mon garçon, ne te laisse pas déconcentrer par ta brillante partenaire. Anne, remet une bouteille en place, et essaye maintenant de la toucher en ne tenant ton pistolet que d'une main.   Il rechargea une énième fois nos armes.   -Levez armes ! Feu !   Bang ! Bang !   -Levez armes ! Feu !   Bang ! Bang !   -Levez armes ! Feu !   Bang ! Bang !   -Levez armes ! Feu !   Bang ! Schprîîîîngs ! Bang !   -Oui !   Je trépignai de joie sur place. Michon souffla férocement du nez.   -Mon garçon, reste concentré ! Tes yeux sont-ils si habitués à la fumée que tu ne veux en sortir ?   -Mais, mons...   -Pas de mais, Michon. » il lui prit l'arme des mains, et se remît à la charger. « Viens là. Voilà, mets-toi comme ça. C'est bien. Tend le bras. C'est ça. Tu vas essayer comme cela. Levez armes ! Feu !   Bang !   -Tu sais quoi, mon garçon, c'est bien mieux. Je te parie que tu vas toucher à la prochaine. Levez armes ! Feu !   Bang !   -Raaah !   -Mon garçon ! Tu y étais presque. Ai confiance en toi ! Levez armes ! Feu !   Bang ! Schprîîîîngs !   -Ouai !   Michon ne put retenir un cri de satisfaction. Mais ces bras tremblaient.   -C'est bien mon garçon. Mais je crois que tu fatigues. Fin de la séance, rompez. Allez vous reposer tous les deux. Je suis content de vous.   Il vint récupérer les deux pistolets, les nettoyer et les ranger dans le coffret. Je rentrais manger un morceau, l'heure du déjeuner étant bien avancée, puis me calai au petit salon, contente de ma séance de tir. Qui m'avait permis de me focaliser sur quelque chose de précis, et avait éviter à mon esprit de vagabonder. Ce qu'il recommença malheureusement à faire maintenant.     Grande-Tante rentra assez tardivement en fin d'après-midi. Des bruits de pas dans la cour de la maison particulière. Je l'avais guettée toute la fin de journée, assise dans le petit salon avec vue sur l'entrée extérieure. Un livre ouvert sur les jambes, dont je n'avais feuilleté que la première page, perdue dans mes pensées morbides et confuses. J'avais craint quelque peu son départ en ce moment critique, et étais soulagée qu'elle revienne finalement avant le déroulement du duel fatidique. Je me précipitai dans les escaliers donnant dans le hall d'entrée, accourant à sa rencontre. A sa vue, j'ouvris la bouche mais elle fut plus rapide que moi :   -Mon enfaaant, je suis fatiguée de ma longue et harassante journééée. Allons manger un repas frugal, et couchons-nous de bonne heure ce soooiiir.   Le repas, une simple soupe au lard avec tranche de pain, fut servis par Marthe dans un silence de cathédrale. Je mangeai doucement, le regard aimanté par Grande-Tante, prête à capter la moindre prise de parole de sa part. Mais elle semblait absente, le regard dans le vide, ne m'adressant que des bruits d'aspiration et de déglutition. Je me sentis, de mon côté, bien incapable de prendre l'initiative et déverser le flot de questions et de doutes qui me hantaient l'esprit.   Comment Michon, qui venait seulement d'apprendre à manier, de manière bien peu efficace, une arme à poudre, arriverait-il à triompher en duel du sieur Bono qui avait lui-même choisit l'arme et savait donc sûrement très bien s'en servir ? Pourquoi Michon, même s'il l'avait finalement proposé de lui-même, devrait-il se sacrifier pour un mensonge éhonté, et une cause qui pourrait très bien s'avérer si futile ? Qu'avait-il à faire dans cette sordide histoire, lui qui était encore si jeune et prêt à croquer la vie à pleines dents ?   Marthe entra dans la pièce pour enlever les assiettes. Grande-Tante toujours dans ses songes, je tournai la tête vers la vieille servante, espérant trouver dans son regard un peu de réconfort et d'apaisement. Mais elle détourna et les yeux et son corps. Elle prit la faïence sur la grande table, me tourna le dos et repartit la ranger pour apporter la suite.   Si tout le monde se mettait à me fuir...   Je regardais le trognon de pomme dans ma petite assiette. Je me sentais vaseuse. Je me sentais moche. Je me sentais sale, immonde.   -Alors, mon enfaaant, as-tu pu faire apprendre le maniement de l'arme à notre cher Michooon ?   Je sursautai et levai la tête. Grande-Tante semblait légèrement sortie de sa léthargie, me fixant de ces yeux insondables. Je bredouillai des mots incompréhensibles. Un « oui, Valère a pu nous montrer et Michon a pu pratiquer quelques essais et toucher au but » finit par sortir chaotiquement de mon larynx.   -Très bieeen, très bieeen. Je vois que tu es fatiguée, ma petite Anne, tu devrais aller te coucher de bonne heure ce sooooir. Et je vais en faire de même dès à préseeent. Va voir Michon avant d'aller te coucher, et intime lui de se reposer pour être fin prêt demain matiiin.   Je bredouillai un remerciement et allai lui faire une bise d'au revoir. Je montai alors dans ma chambre, légèrement pantelante, toujours prise d'une sorte de nausée. J'enlevai mes vêtements du jours, enfilai une nouvelle culotte et ma chemise de nuit, et m'allongeai de dos sur le lit, les bras écartés, fixant de mes yeux grands ouverts le plafond qui semblait légèrement tourner.   Pourquoi ? Comment ? Était-ce vraiment utile ?   Les questions bourdonnaient, pulsaient dans ma tête, empêchant Morphée d'accomplir son œuvre.   De quel droit pouvions-nous envoyer un garçon si brave à l'abattoir ? Le secret méritait-il le sacrifice d'un homme ? Était-ce vraiment si important ?   Je me tournai sur le flanc.   N'y avait-il pas possibilité de parlementer avec le sieur Bono ? N'était-il pas un homme que l'on pouvait acheter pour garder le silence ?   Je me tournai sur l'autre flanc.   Acheter avec de l'argent. Ou autre chose Il devait bien exister une monnaie d'échange à sa guise. Il faudrait de toute façon passer par-là, l'issue du duel ne faisant aucun doute.   Je me mis sur le ventre.   Si Michon avait finalement pu ajuster la cible au bout de je ne savais même plus combien d'essais, il ne faudrait pas autant de tentatives à un homme expérimenté comme devait l'être le sieur Bono pour que Michon trépasse.   Je me retournai sur le dos.   Si jeune. Si fougueux mais imbécile. Encore un enfant. Qui aurait pu faire tellement plus. Quand il allait mourir stupidement pour une cause si honteuse.   Des gouttes coulèrent sur mes joues et vinrent humidifier le lit. Je me levai, la tête tournant légèrement.   Pauvre enfant.   J'ouvris la porte de ma chambre, et passai la tête par la porte. Personne dans le couloir. Je me dirigeai alors le plus discrètement possible vers le quartier du personnel visiteur. N'arrivant tout de même pas à retenir un petit reniflement. Les larmes montaient de plus en plus. Je m'arrêtai devant une porte sous laquelle dansait une petite lueur. Les larmes ruisselaient maintenant. J'ouvris la porte et tombai sur un dos musculeux dénudé et penché en avant. Michon, torse nu, qui sifflotait une comptine joyeuse tout en pliant un vêtement sur le lit. Le sifflement s'arrêta pendant qu'il se retournait, intrigué.   -Mademoi...   Les yeux complètement embués et reniflant maintenant en continu, je me précipitai sur le torse nu et musclé qui s'offrait à moi, entourant le large buste de mes bras et cachant mon visage larmoyant dans sa poitrine.   -...selle ?   Je devinais son appréhension, et ressentais le cœur qui s'emballait dans sa poitrine. Je sanglotais maintenant à petits bruits, les larmes coulant sur son corps. Je l'imaginais incertain, confus, la main juste au-dessus de ma tête. Je sentais l'odeur forte de ses aisselles. Il se décida finalement à poser sa main, et à me caresser les cheveux.   -N'ayez crainte, mademoiselle.   Je le sentis poser délicatement sa joue sur ma tête, renifler doucement l'odeur de mes cheveux. Sa main me caressait maintenant lentement le dos, d'un geste apaisant. Pourquoi fallait-il qu'un garçon si attentionné doive mourir ?   -Il ne faut pas vous en faire pour moi, je laverais l'affront qui vous a été fait.   Je me décollai de son buste et levai la tête, l'entrapercevant à travers ma vision floue :   -Tu...   Il me barra la bouche de son doigt et je devinai un sourire mélancolique sur son visage.   -Ne dites rien. Je sais que je réussirai. Ne craignez rien pour moi.   Si gentil. Mes yeux s'étaient asséchés. Si dévoué. Le sillon des larmes sur mes joues était maintenant loin. Si naïf. Mes reniflements s'étaient tus. Si physiquement impressionnant. Je sentais que son sexe gonflait doucement depuis quelques secondes, et qu'il était gêné. Si désirable. Je sentais une chaleur monter en moi.   -Maintenant, retournez-vous coucher, il faut que vous soyez en forme dem...   Je me dégageai doucement de ses bras et, appuyant sur son torse, le forçai à s’asseoir sur le lit.   -Mademoiselle ?   Il semblait maintenant surpris, légèrement inquiet. Je m'accroupis sur ses jambes et, le repoussant encore, l'allongeai sur le matelas.   -Que... que faites-vo...

Chapitre 7 :
Valère

de l'histoire
Le Grand Bal du Roi
par Wargen

Un clignement d’yeux. Puis deux. Puis trois. Samantha sortit enfin de sa confusion : « Une IA ? Mais… » « Bonjour, que puis-je faire pour vous ? » La chaleur monta sur ses joues. De rage cette fois. Comment cela pouvait-il être ? « Où est l’éditeur ? » « Mais je suis l’éditeur. » « Non, je veux dire, une vraie personne… humaine ! » « Ne peut-on être vrai sans être une personne humaine ? » « Euh… Je ne sais pas, mais… » « Qu’est-ce que vous ne savez pas ? Je peux peut-être vous aider ? » Samantha pinça les lèvres. Il semblait peu utile de continuer les échanges avec cette machine définitivement pas programmée pour une conversation constructive. Elle fit alors courir son regard plus en détail sur l’espace qui s’ouvrait devant elle. Cet endroit paraissait irréel, lui-même sorti d’un conte. Des centaines, voire milliers de livres empilés du sol au plafond ? Un labyrinthe de papier et d’encre… Les doigts de la jeune femme caressèrent les ouvrages entassés. Elle s’était levée et approchée des tours instables, sans même s’en rendre compte. Elle retira sa main d’un geste vif. Elle s’était attendue à une sensation de bois ou de métal, qui aurait expliqué un tel monument, mais le contact doux du papier la fit sursauter comme une piqûre de guêpe. Il s’agissait bien de livres, mais… Comment ? Elle fixa son regard inquisiteur sur l’homme qui s’était levé de sa chaise sans rien dire. Un sourire énigmatique déridait ses traits. Samantha y cherchait un indice de sa vraie nature. En vain. Il indiqua alors : « Il vaudrait mieux ne pas faire tomber cette pile de livres. J’en serai très contrarié. » Samantha haussa les sourcils. Comme si une IA pouvait être contrariée ! Pourtant, la menace semblait sincère. Elle recula de trois pas pour ne pas prendre de risque. « Vous m’avez dit que vous pouviez m’aider à faire de mon manuscrit un livre. » relança-t-elle. « En effet. » « Mais mon pitch ne semble pas vous intéresser… » « Je serai ravi d’en apprendre plus sur votre manuscrit. » Samantha ouvrit la bouche pour protester. Puis se ravisa. Cette IA parlait de manière si énigmatique ! Qu’attend-elle exactement ? La jeune femme observa à nouveau autour d’elle et finalement, une lumière s’alluma dans son regard. Une pièce immense, un labyrinthe de livres, une IA aux répliques mystérieuses… Un jeu d’évasion ! Ou plutôt, de publication en l’occurrence… Un ricanement s’échappa de ses lèvres. La maison d’édition « Enigma » avait une drôle de façon de mettre les auteurs à l’épreuve. À en juger par la pile de manuscrits qui s’entassaient ici, peu avait passé la première étape. Mais Samantha était déterminée. Elle erra donc dans la pièce, sous le regard impassible de l’éditeur-robot, pour chercher une piste. L’endroit grouillait de livres, certes, mais s’il s’agissait bien des écrits des auteurs déçus, comme elle le pensait, les indices devaient se trouver ailleurs. Des bibliothèques de bois massifs habillaient les murs, des tables de la même matière remplissaient l’espace. Tout appartenait à un style plutôt victorien. Tout ? Samantha se précipita sur le seul élément anachronique. Si grossier dans un tel décor qu’il lui avait sauté aux yeux, comme il avait dû sauter aux yeux de tous ceux qui étaient entrés dans ce bureau. Le fauteuil aux motifs de plumes d’autruche. « Ce fauteuil est là depuis longtemps ? » demanda-t-elle à l’IA. « Depuis le début, j’y tiens beaucoup. » « Ça vous ennuie si je le déplace ? » L’homme lui fit signe de ne pas s’en priver et Samantha poussa le siège farfelu hors du tapis sur lequel il reposait. Elle souleva ensuite le tissu aux motifs bariolés et découvrit le loquet d’une trappe. Elle tira dessus et révéla une échelle plongeant dans des profondeurs obscures. Un sourire triomphant orna d’abord ses lèvres puis ses sourcils se froncèrent. Avait-elle vraiment envie de poursuivre ce périple vers l’inconnu ? Certes, elle souhaitait faire publier son texte, mais à quel prix ? « Bravo, mademoiselle, je vois que vous savez repérer les éléments inopportuns d’un contexte, c’est une qualité très importante lorsqu’on écrit un livre. Voyons voir si vous possédez d’autres qualités essentielles. » L’IA se tut et Samantha regarda à nouveau dans les profondeurs obscures qui s’étendaient devant elle. Le courage fait-il partie de ces qualités essentielles ? Il n’y a qu’une façon de le découvrir. Samantha saisit son manuscrit qu’elle cala sous son T-shirt et dans son jean, pour libérer ses mains. Elle s’assit sur le bord du trou, plaça ses pieds l’un après l’autre sur les barreaux de l’échelle, puis empoigna les montants. Elle prit une grande inspiration, puis descendit dans le vide.

Chapitre 2 :
Un jeu de publication

de l'histoire
Le Songe Artificiel
par VanessaP
Autrice Manuscrit Éditeur

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