The Root Book

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Une plateforme d'écriture unique ?


  • pour écrire à plusieurs 👥
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  • ... et pourquoi pas en participant à l'écriture d'un livre ? 📖
  • The Root Book 🌳

The Root Book facilite l'écriture collaborative

Tu veux écrire de la fiction à quatre mains, à six mains, ou même plus, facilement et sans avoir de co-auteurice ?

The Root Book est un site d'écriture collaborative unique, où n'importe qui peut participer à n'importe quelle histoire et à n'importe quel moment de l'histoire.

Quel que soit ton genre préféré - fantastique, romance, science-fiction - ta voix a sa place ici. Seule l'imagination est la limite !

La ramification des histoires

The Root Book fonctionne sur le principe d'une arborescence des chapitres : un seul prologue donne naissance à de nombreux chapitres 1, qui sont les débuts d'histoires Chaque chapitre peut avoir autant de suites que possible, et chacune de ces suites peut à son tour se diviser en de nombreuses histoires.


Image illustrant la ramification des chapitres
Image illustrant la ramification des chapitres

Il te suffit d'un pseudo et d'un email pour te mettre à écrire

Si tu as besoin d'améliorer ton écriture, tu peux relever les défis d'écriture et ainsi travailler, tout en voyant ce que les autres écrivains proposent.
Et si tu as une idée, tu peux créer ton propre défi à la suite du prologue, juste en cliquant sur la case "défi".

Beaucoup d'histoires par de nombreux auteurs

The Root Book est un site très dense, avec sa multitude d'histoires qui possèdent tous leur propre multivers. Pour t'aider à naviguer dans cet arbre géant, plusieurs outils sont à ta disposition.

L'arbre des histoires te permet de visualiser la structure de chaque histoire et de comprendre comment les différents chapitres s'articulent entre eux. C'est un excellent moyen de voir l'ensemble de l'histoire et de choisir où tu souhaites contribuer.

Notre système de tags te permet de trouver des histoires qui correspondent à tes centres d'intérêt. La page des tags. Sur chacun de tes chapitres, tu peux ajouter les tags que tu veux, même ceux que personne n'a encore utilisé !

Le Concept Unique de The Root Book

The Root Book, c'est une expérience littéraire unique que je t'invite à découvrir. Ici, la magie de l'écriture collaborative prend vie. Chaque histoire se transforme en un véritable cadavre exquis où chaque auteur apporte sa touche personnelle, pour une aventure littéraire sans pareil.

Chaque histoire possède son propre multivers !

The Root Book est porté par une association à but non lucratif, qui a pour mission de fournir un outil 100% gratuit et en ligne pour tous, afin que chacun puisse exprimer sa créativité.

Si tu es enseignant·e ou professeur et que tu souhaites utiliser notre plateforme pour ta classe, n'hésite pas à m'envoyer un message pour me poser toutes les questions. D'autres ont déjà passé le pas.

La Monnaie de l'Imagination : Les Points TRB (🌳)

Sur The Root Book, chaque action compte. Les points TRB, symbolisés par le petit arbre 🌳, sont une manière de récompenser ta participation active à la plateforme. Tu les gagnes en écrivant (que ce soit des chapitres ou des commentaires), en donnant et recevant des coups de pouce, en relevant des défis et même en faisant un don à l'association T.R.B.

Ces points ont de la valeur ! Ils peuvent te permettre d'afficher des liens vers tes réseaux sociaux, augmentant ainsi ta visibilité au-delà du site. Tu peux également proposer de nouvelles façons de les dépenser directement sur ton compte.

Nos Chiffres-Clés et des Tags

The Root Book, c'est une communauté dynamique et des histoires incroyables à découvrir.

510 auteur·rice·s inscrit·e·s
691 chapitres coécrits
851979 lectures

Voici les tags préférés sur la plateforme :
Collaboratif (203) Écriture (178) Début (147) Concours (127) Prologue (126)
(Si ton genre de prédilection ne s'y trouve pas, peut-être que tu devrais envisager de créer un compte pour remédier à ce problème !)

Si jamais tu es perdu, surtout n'hésite pas

Si tu as plus de questions, il existe une FAQ.

Si tu as des suggestions ou si tu rencontres des problèmes sur le site, n'hésite pas à me contacter. Je suis là pour t'aider et répondre aux demandes dans les plus brefs délais. Tu peux me contacter via le formulaire de contact.

Un site avec de fortes valeurs collaboratives

En tant qu'association, The Root Book est ouvert à de nombreuses possibilités de partenariat. Que tu sois une association, une entreprise, un blogueur ou un influenceur, nous sommes toujours ravis d'explorer de nouvelles collaborations.

Nous disposons d'un système de visibilité efficace qui peut aider à promouvoir ton travail ou ton organisation à travers notre plateforme et notre communauté d'auteurs passionnés.

Si tu es intéressé par un partenariat avec The Root Book, n'hésite pas à prendre contact via le formulaire de contact ou à l'adresse email suivante : information.the.root.book@gmail.com.


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Quelques Chapitres à ne pas oublier

Je plaque ma main gauche sur la bouche d'Herta et sens ses lèvres bouger sous ma main moite. Je tiens fermement le couteau de ma main droite. Pas être si ferme que ça, vu comment la lame tremblote sur le ventre dénudé d'Herta. Un nouveau hurlement sauvage retentit soudain. Je sursaute, écorchant légèrement le ventre devant moi. -Aïe ! -Désolé, le cri m'a fait peur. -Grouille toi ! Je tente de me concentrer, malgré le grondement qui reprend au loin. Comme un sanglier chargeant à travers des broussailles épaisses. Le bruit vient de tellement loin... ou tellement proche ? On le croirait venir de la droite, puis l'instant d'après, la charge viendrait de la gauche. Ou de derrière. Je tente de maîtriser la lame. Herta ferme les yeux. Le chaperon rouge, derrière Herta, me susurre que je vais y arriver, un sourire confiant aux lèvres. A mes lèvres ? J'entends Herta inspirer et expirer longuement. -Vas-y, dit calmement Herta. -Vas-y, glisse le chaperon rouge. Je prends alors une grande inspiration. Et veux appuyer sur le couteau. Mais la vision du ventre de Michon explosant à ma figure me tétanise. Je lâche un petit cri strident et le couteau en frissonnant. -Je ne peux pas ! Le bruit terrifiant se rapproche dangereusement. -Si, tu l'peux, me hurle Herta. -Je sais que tu le peux, me glisse en confiance le chaperon rouge. -Non. J'ai l'image de Michon qui reste gravée dans ma mémoire. C'est trop affreux ! -D't'façon... laisse en suspens ma compagne. Un silence s'installe. Je ne sais combien de temps il dure. Avec la pénombre ambiante, je n'arrive pas à déchiffrer le regard qu'Herta me lance. Est-ce de la compréhension ? Du mépris ? Ou est-elle seulement absorbée par le bruit de fond, qui ressemble maintenant à une cavalcade se rapprochant. Ce qui est le plus probable. Elle tourne la tête autour d'elle, comme pour essayer de comprendre d'où vient ce bruit de végétaux secoués et fracassés. -Tu devrais lui rendre la rose. La phrase me fait sursauter. Herta n'a rien entendu. Évidemment, puisqu'elle est prononcée par mon sosie. Je la regarde, étonnée. Elle mime le geste. Je ne comprends pas mais lui fait confiance. Je dépose délicatement la rose sur les jambes d'Herta. Celle-ci me bredouille un merci sans réellement s’apercevoir de ce que je viens de lui poser dessus, son regard étant focalisé par la recherche de la provenance du déchaînement de frottements et de craquements qui se rapproche. Levant la tête, je vois le petit chaperon rouge me faire un clin d’œil, remettre sa capuche rouge, puis me dire : -Attention, ça va bientôt se passer. -Qu’est-ce qui… Je n’ai pas le temps de terminer ma phrase qu’un craquement de branches se fait entendre dans mon dos. Je tourne la tête pour voir ce qui l’a provoqué. Je ne vois qu’une énorme masse mouvante d’un noir infini, comme si toute lumière avait disparu. Et je ressens la caresse d’une brise glaciale glisser sur mon visage. Cela dure à peine un centième de seconde, puis la forêt aux branches et buissons agités réapparaît, noir sur noir, dans mon champ de vision, tandis qu’un long objet dur et gesticulant vient cogner contre mon oreille droite. Une puissante voix se fait alors entendre dans mon dos : -QUI A OSE… Je me tourne rapidement, pour entrapercevoir une énorme masse sombre penchée sur le cadavre de Michon. -…FAIRE CELA ? La forme disparaît aussi soudainement qu’elle était apparue, laissant réapparaître la lisière de la forêt, noir sur noir, et Herta qu’elle cachait. Une nouvelle sensation de brise glaciale sur mon visage, et je me sens violemment bousculée par l’arrière, tombant à quatre pattes. -OU EST ELLE ? La voix est terriblement menaçante. Je relève la tête et vois l’infini et le vide, le noir absolu sans aucune trace de lumière. Je continue de lever la tête. Du noir, encore et toujours. Jusqu’à ce qu'éclate dans cette noirceur deux amandes jaunes fendues d’un trait noir. J’ai à peine le temps de cligner des yeux que le noir est remplacé par la cime des arbres de la forêt. Un nouveau coup m’est porté au visage, comme si quelqu’un me fouettait avec un balai, d’une violence telle qu’il me fait rouler au sol. -TOI ! C’EST TOI ! Je retrouve seulement mes esprits que j’entends le cri de terreur d’Herta. -MAIS, TU ES… Une trace de surprise accompagne la brutalité du message. Je lève la tête et vois une masse sombre, gigantesque. Et les pieds d’Herta qui en dépasse, sur le côté, à au moins 1,5 mètre du sol. Puis la forme sombre disparaît dans un hurlement bestial, accompagné du cri suraigu d’Herta.   La scène a seulement due durer quelques secondes. J’ai l’impression de tomber dans un abîme sans fond. Je dois d’ailleurs littéralement tomber, puisque le petit bout de ciel étoilé que laisse apparaître la petite trouée dans la forêt que forme la petite clairière me saute au visage. Les mouvements de la végétation se calment doucement. Une sensation difficilement descriptible m’envahit. Le silence revient petit à petit. Un vertige immense. Je suis seule.     Ce qui me terrifiait est arrivée. Je veux bouger mais je n'y arrive pas. J’ai l’impression que jamais je n’arriverai à sortir de cet état cataleptique. La vérité m’effraie. Je suis seule. Non, tu n’es pas seule. -Bien sûre que si, je suis seule ! arrive-je tout de même à hurler. -Pourquoi dis-tu cela ? Je suis avec toi. La voix provoque un spasme qui parcourt l’ensemble de mon corps. J’ai l’impression de retrouver une consistance physique. Après quelque seconde, je relève doucement la tête. Les images bougent légèrement. Mais je vois le corps ouvert de Michon et le chaperon rouge derrière. La scène est floue. -Impressionnant, n’est-ce pas ? J'essaye de focaliser mon regard sur mon image. -Que s'est... Je veux me relever, mais une sensation de vertige me fait retomber à terre. -Reste au sol pour recouvrer tous tes esprits et ton corps, tu as subi un violent choc traumatique. Dans la trouée de ciel noir, les étoiles se déplacent doucement en spirale. -Que s'est-il passé ? Le visage du chaperon vient remplacer les étoiles. Les bords de sa capuche ondulent légèrement. -Je crois que quelque chose a enlevé Herta. -Je suis seule, alors. Ma voix tremblote, mes yeux deviennent humides. -Pourquoi dis-tu cela ? Je suis là. Ainsi que le corps de ton ami. Tu vois ? Je te l'avais bien dit que tu n'étais pas seule ! Mais... Je ne comprends pas. Ce qui me regarde en face, en ce moment... ce n'est pas toi ? Non !?! Pourquoi veux-tu que ce soit moi ? A voir son visage, elle n'a pas l'air de m'entendre. Mais alors... qui est-ce ? Demande-lui, si tu veux vraiment savoir ! Un sourire apparaît sur le visage assombri par la capuche du chaperon rouge : -Tu as l'air bien perplexe, ma belle. J'ai l'impression que ma vue s'est enfin fixée. -Mais qui es-tu ? Voilà ce qu'il fallait demander depuis le début ! Oh, toi, tais-toi ! -Qui crois-tu que je sois ? -Moi ? -Ça me va ! Son sourire s'élargit. -Je crois que je suis devenue folle. -Je le crois bien aussi ! Le chaperon rouge me regarde en penchant la tête sur le côté : -Je ne peux que me ranger du côté des plus nombreux. Si vous êtes deux à dire que vous êtes folle, alors je suis d'accord avec vous. -Tout cela n'a ni queue ni tête... Et ne me dit pas ce qui est arrivé à Herta. Je réussis à me relever. Le chaperon rouge trépigne sur place : -Voilà enfin quelque chose qui a du sens. J'ai l'impression qu'une grosse bête a enlevé Herta. Pour la dévorer ? -Oui, mais pourquoi elle ? J'ai l'impression que la bête a tourné autour de moi en cherchant quelque chose, qu'elle a trouvé chez Herta... -La rose ! Le chaperon rouge se frotte les mains : - Vous êtes malines, les filles ! -Tu savais ce qu'il allait se passer ? Tu m'as demandé d'arracher un pétale de la rose et tu m’as dis de la redonner à Herta ! -Tu savais ! -Holà, les filles, du calme. D'ailleurs, à votre place, je me préparerais. -De quoi ? nous exclamons-nous. -A votre place, je m'attacherais à Michon. -Mais pourquoi ? -Vous avez confiance en moi ? -Oui!-Non ! Je ne cherche pas à comprendre, et m’accroupis pour lacer ma chaussure droite à la gauche du cadavre de Michon. A peine ai-je terminé qu'une voix tonitruante se fait entendre : -AINSI, C'ETAIT DONC TOI ! La bête était de retour. Je veux me relever, mais me retrouve projetée dans les airs. Le cadavre de Michon fait contrepoids. -RAH ! Un bruit de coupure, un poids en moins sur ma jambe droite, et je vole. J’atterris le pubis sur quelque chose de dur, pliée en deux, la tête et les jambes retombant dans le vide. Mon visage tape contre une masse dure. Tournant la tête je vois la tête de Michon s'affaler à quelques dizaines de centimètre de mon visage. Une poigne énorme s'abat sur mes fesses, et le monde alentour se met à bouger vite. Trop vite. Je lève la tête. Déjà, la clairière et le chaperon rouge disparaîssent. Tout devient noir, sombre et mouvant. Je n'arrive pas à fixer la végétation. Quelques grognements rauques se font entendre quand mon ravisseur fracasse une branche sur sa route. Tout danse. Des flashs lumineux rouges clignotent. Plus rien ne semble solide. Sauf quand ça lacère mon pantalon. Soudain, une voix mélancolique s'imprime dans mon esprit, faible, intense, faible : -Fais attention à toi... Fais attention à la bête... Je t'aime... Faits attention aux fantômes... Nous nous reverrons... Le mur sombre mouvant tout autour de moi s'éclaircit. Et subitement, comme un rideau qui tombe, une lueur rouge sang. Me tortillant sur l'épaule de mon ravisseur, je vois que la forêt s'éloigne déjà. Et en biais, je vois défiler à toute vitesse le château à l'abandon, son pont-levis délabré, sa grande cour remplie de ronces, la tour principale, le grand escalier en colimaçon, la grande salle éclairée par des bougies, le lit à baldaquin sur lequel je vais m'écraser douloureusement dans une culbute, mon dos venant percuter le rebord du sommier. Et tandis que je m'affaisse, j'entends une porte claquer. Et vois le visage d'Herta apeuré se précipiter sur moi.     -Ça va ? -J’ai mal partout. -Bouge pas, j’te r’mets droite. Malgré ses tremblotements, Herta me déplace délicatement et m’allonge sur le matelas moelleux du lit. La douleur du choc lance dans tout mon dos. Mais le lit qui épouse ma forme est agréable. Et j’ai retrouvé Herta. -Il y est pas allé d’main morte avec toi, me glisse ma compagne. Moi, y m’a déposé douc’ment sur l’lit. Je me redresse difficilement et m’effondre dans les bras d’Herta : -J’ai eu si peur ! Ma voix sanglote. Herta renifle. Elle ressert l’étreinte. -Moi aussi. J’ai cru qu’il allait m’bouffer ! De grosses gouttes s’écrasent sur mon épaule. Herta renifle. Mes yeux sont secs. Tu vois, tu es plus forte qu’Herta ! Oh, ne commence pas, toi ! -Que s’est-il passé ? -C’est la Bête. Elle m’a enl’vé et m’a am’né ici. Ça allait trop vite, j’ai rien compris. J’ai juste senti qu’elle m’r’niflait les fesses d’temps en temps pendant l’trajet. Herta renifle un grand coup. -Et après ? -Elle m’a d’mandé pourquoi qu’j’avais fait ça. J’ai dit qu’j’en savais rien, qu’j’savais pas d’quoi y causait… Quelques secondes de silence. Je relance tout doucement dans : -Que tu avais fait quoi ? -Qu’j’avais… Une porte s’ouvre dans un grand fracas. Nous frissonnons toutes les deux. Herta me chuchote : -Tu l’a vu ? -Non ! Je me tourne rapidement. Une masse bouge derrière la porte. Et la Bête rentre en se courbant pour passer. Elle est si grande ! Elle est énorme ! Un humanoïde de plus de deux mètres de haut, d’une largeur de buste inimaginable, portant une grande veste bleue brillante aux bords dorés, non attachée et tombant aux genoux, et un pantalon noir moulant. Une toison épaisse marron ressort de sa veste ouverte. Ces bras sont épais comme des troncs d’arbres et sont terminés de sorte de pattes de chat comprenant cinq doigts préhensiles, comme des mains d'homme. Ces longues jambes sont plutôt fines comparées au reste, mais arquées comme les pattes arrières d'un quadrupède, découvrant en bas du pantalon des sabots nus. Une longue queue lisse, avec une boule de poils au bout, gigote de part et d'autre. Mais ce qui choque le plus est sa tête. Deux cornes de bouc qui poussent dans une épaisse crinière fauve aérienne qui retombe dans le dos. Des oreilles de biches qui semblent partir de la base des cornes. Un museau de vache noir en guise de nez. Une large bouche cachée dans les poils, d’où ressort tout de même deux grandes canines vers le haut. D'épais sourcils entourant le faciès se rejoignent au menton en formant un bouc. Et deux yeux félins, en amande jaune, avec une pupille verticale noire presque invisible dans cette pièce lumineuse. Elle se précipite sur moi. -TOI, LA DEMI-PORTION ! Une patte énorme m'attrape par la gorge et me soulève comme si je ne pesais rien. Mes jambes gigotent dans le vide. -POURQUOI AS-TU FAIS CA ? Deux griffes sortent des coussinets du pouce et de l'index, m'entaillant le cou. Des gargouillis sortent de ma bouche entrouverte. -Arrêtez ! S'il vous plaît, lâchez-là ! La voix d'Herta est suppliante et chevrotante. La Bête tourne la tête dans sa direction, puis m’envoie valdinguer sur le lit à ses côtés. Elle sort la rose d'une poche invisible, et la tend devant elle. -OU AVEZ-VOUS TOUVE CA ! Nous bredouillons toutes les deux des choses incompréhensibles. -SAVEZ-VOUS CE QUE C'EST ? Herta, baissant la tête, lâche : -La malédiction. Le beau prince transformé, la sorcière nous l'a dit. La Bête s'approche d'Herta, se penche sur elle, lui relève le menton de l'index, ayant préalablement rétracter sa griffe pour le regarder en face. -HUM, MA MIGNONNE, JE VOIS QUE TU EN SAIS, DES CHOSES. SACHE QUE CE BEAU PRINCE, IL EST DEVANT TOI. OU PLUTOT CE QU'IL EN EST DEVENU ! ET QUE VOUS A-T-ELLE DIT D'AUTRE, LA SORCIERE ? Herta déglutit, avant d’enchainer : -Il faut qu'il aime, et soit aimé en retour, avant que le dernier pétale de la rose ne tombe. -JE VOIS QUE TU SAIS TOUT, BEAUTE. ET DONC ? rugit le monstre. Herta est pétrifiée par le regard de la Bête. J'attaque, peu assurée : -Laissez-la tranquille ! La Bête se tourne vers moi. Je descends du lit à reculons, et recule devant l'avancée de la masse énorme. Jusqu'à ce qu'un mur ne vienne percuter mon dos. -AUTANT J'AIME BIEN TA COMPAGNE, AUTANT JE NE T'AIME PAS, DEMI-PORTION. SURTOUT SI TU REDUIS MON ESPERANCE DE VIE EN FAISANT TOMBER SCIEMMENT LES PETALES ! POURQUOI AS-TU FAIS CA ? Ma pomme d'Adam joue l’ascenseur dans ma gorge : -On... On m'a dit de le faire. -QUI CA ! Mon bras se lève en tremblant. Et indique le petit chaperon rouge qui vient d'apparaître derrière Herta. Qui me fait de grands yeux et se met à pâlir. La Bête se tourne dans la direction indiquée : -TOI ? AINSI, TU M'AURAIS MENTI ! Elle commence à se déplacer vers Herta. Comprenant ma bévue, je tente de la suivre, en vain : -Non... Attendez ! Ce n'est pas ça ! Mais la Bête n'entend pas. Ou ne veut pas entendre. -TU MERITES UNE PUNITION ! Le petit chaperon rouge vient vers moi en sautillant, contournant Herta et esquivant la Bête : -A mon avis, on ne devrait pas trop rester là. Et je la suis précipitamment à travers la porte d'où est rentrée la Bête, alors que Herta se met à hurler.     -RAH, TU VAS ME RESPECTER ! -Non ! S'il vous plaît !   La pièce est éclairée par la lumière de la chambre traversant la porte, et par le fond ouvert, comme un balcon, qui laisse pénétrer la lueur rougeâtre de la lune. On dirait une pièce en forme de T très large, se prolongeant en couloirs à droite et à gauche, côté balcon. La pièce est remplie d'objets qui deviennent des choses informes dans les recoins sombres. -Non ! Pas ça ! S'il vous plaît ! On dirait que quelque chose de terrifiant est en train d'arriver à Herta. N'y penses pas, suis le chaperon rouge. Essaye de faire abstraction. -SI TU CROIS QUE JE PEUX M'AMUSER SOUVENT ! PLUS PERSONNE NE VIENT ICI. SI TU SAVAIS DEPUIS COMBIEN DE TEMPS JE N'AVAIS PAS.... RAH ! Le cri d'Herta qui s'ensuit est indescriptible. Le chaperon rouge se tourne vers moi : -On dirait que ça glisse, par terre. Comme s'il y avait une traînée. -Je crois que ça vient du corps de Michon. La Bête a dû le déposer là et le traîner.   -RAH........C'EST BON !......PREND CA !............RAAAH !.......................ENCORE ! -..........Non !...................Noon !.................Arrêtez !..............Non ! S'il vous..................plaît ! Les gémissements plaintifs d'Herta semblent contenir une douleur immense.   -Tu as vu ? On dirait qu'il y a plein d'objets ici ! Le chaperon rouge est penché sur une grande paire de bottes. Elle se tourne vers moi. -Elles sont grandes ! -J'ai l'impression que je les ai déjà vu. -La Bête. Elle les avait aux pieds quand elle m'a enlevé. -Bien vu ! me glisse le chaperon rouge. Et là, regarde ! Je me déplace dans la direction indiquée. Et vois une nouvelle image de moi apparaître dans un rectangle entouré d'or. Je me tourne vers le chaperon rouge, l'image se tourne dans le même sens que moi. -C'est toi ? Mais je vois bien que non, le chaperon rouge se trouvant sur ma droite. Je reviens sur ma seconde image. Ça fait beaucoup, tu ne trouves pas ? Je suis perdue. Je ne sais plus où j'en suis ! En arrière plan, les hurlements rauques de la Bête se font toujours entendre en cadence, entrecoupés de plaintes d'Herta. Le chaperon rouge me regarde en souriant : -Non, ce n'est pas moi, puisque je suis là ! Je me déplace vers elle, mon image disparaît du rectangle. Quelque pas en arrière, et l'image réapparaît. J'ai l'impression qu'elle fait les même mouvements que moi dans l'autre sens. Je lève la main droite, elle la gauche. -Mais, il y a une autre image de moi ici ! J'indique la surface rectangulaire. Mon doigt touche quelque chose de dur et froid, et le doigt de l'image devant moi qui a également tendu le bras inverse.   -Pas par là ! Non ! -SI ! -Ah ! Non ! Ça fait mal ! Arrêt... La voix d'Herta disparaît, tandis que les râles de la Bête continuent.   J'ai l'impression que l'image devant moi me ressemble plus que l'autre chaperon rouge, comme mon image trouble quand je me regarde dans l'eau. Mais quelle est cette magie ? -Qui es-tu ? L'image devant moi bouge les lèvres en même temps que moi, mais aucun son ne vient. Après quelques secondes sans retour, en dehors des râles sauvages et saccadés de la Bête, j'en déduis que ce chaperon rouge n'est pas de la même facture que l'autre. Il doit simplement s'agir de mon reflet d'une netteté jamais vue, à travers un objet inconnu, lisse, froid. Tu es mignonne. Merci. Toi aussi, en fait. -Elle doit vraiment avoir mal ! L'autre chaperon rouge a l'art de me sortir de mes rêveries. Elle se trouve au droit de la porte. Je la rejoins, pour tomber sur une scène sidérante. Herta est a quatre pattes sur le lit, le visage rouge ruisselant de pleurs et de sueur, la bouche cachée par une patte velue de la Bête qui la chevauche par derrière, sa tête massive penchée en l'air, les yeux fermés, une sensation d'extase au visage. Son bassin fait de brusques aller-retour, qui se répercutent dans tout le corps d'Herta. Cette scène me donne la nausée. Une chaleur envahit mon entrejambe. Je rebrousse chemin dans la pièce sombre et respire de nouveau calmement. -Je n'aimerais pas être à sa place, me glisse le chaperon rouge en me passant devant et en continuant son inspection de la pièce.   J'entends de nouveau la voix d'Herta. La patte qui la bâillonnait a due tomber. Ces gémissements sont moins violents, et semblent changer de registre. Le chaperon rouge me fait des signes. Je m'approche. Les « non » d'Herta ne semblent plus être criés sous l'effet de la terreur. J'aperçois un fuseau de fileuse qui trône sur une petite table, un rayon de lune rouge tombant pile dessus. J'entends Herta ahaner à la Bête « de la toucher ». Celle-ci lui répond qu'elle ne peut pas, avec ses griffes. Le fuseau a l'air magnifique, avec sa pointe métallique acérée servant de support au fil. Je tends la main. Les « non » d'Herta se sont transformés en « ouai ». Le chaperon rouge me dit : -Attention, tu pourrais te faire mal ! Fais tester à Herta avant, plutôt. Au même moment, deux hurlements de jouissance intense surviennent simultanément de la pièce voisine.     J'ai l'impression de voir quelque chose bouger dans mon champ de vision. -Là, il y a quelque chose qui bouge ! Le chaperon rouge m'indique un coin de la pièce fortement encombré. -Tu es sûre ? -On a qu'à aller voir, me répond-elle. -C'est peut-être dangereux ! -Moi, j'y vais ! Tu as en confiance en moi ? -Je... Je ne sais... oui ? -Alors viens !   -CA FAISAIT TELLEMENT LONGTEMPS ! -Ce... C'était... Trop bon J'avais jamais r'ssentie ça. Je... J'ai l'impression d'mettre jamais sentie aussi faible, aussi démunie, mais aussi femme !   Je m'avance prudemment dans le recoin sombre où se trouve le chaperon rouge. Un bruit d'objet qui se renverse dans mon dos me fait sursauter. -Oups, éternue une voix nasillarde. -Fais gaffe, grommelle une autre voix. Je me retourne, mais ne vois rien. Je demande au chaperon rouge : -Tu as entendu ? -Oui. Ça venait de derrière toi. Mais j'ai l'impression qu'ici aussi, quelque chose bouge. Je ne vois pas bien.   -Et quel membre ! Faut y aller douc'ment au début, j'avais l'impression d'm'faire déchirer d'partout. Mais qu'est c'qu'c'était bon ! -TON CORPS, TON ODEUR, TES FORMES, LE DESIR EST MONTE TROP VITE. ET CA FAISAIT TROP LONGTEMPS QUE JE N'AVAIS PAS PRATIQUE ! -Ihihih, ça coule sur le lit.   Là ! Dans un fatras d'objets entassés, un bout de tissu pointu semble dandiner. Je cours dessus. -Faites gaffe ! lance une voie doctorale dans mon dos. Des bruits feutrés. Je contourne une boite, plus rien. Si là, de l'autre côté. Toujours ce petit bout de tissu qui danse. Je reviens sur mes pas, contourne la boite dans l'autre sens et plonge. Mes mains agrippe un long bonnet en tissu. Ce qu'il y avait en dessous s'échappe en éternuant, sans que je ne puisse voir ce que c'est. -Elle m'a pris mon bonnet ! se lamente une voix tout prêt.   -MON HUMBLE DEMEURE DELABREE ET ENVAHIE DE VEGETATION ME SEMBLE BIEN TROP VIDE. SURTOUT D'UNE PRESENCE FEMININE. -J'rest'rais bien volontiers, mais, belle bête, j'vais bientôt mourir. Herta renifle un grand coup. -ET POURQUOI DONC ?   -Là, j'en ai vu un ! Je me relève et me tourne vers le chaperon rouge qui se trouve toujours de l'autre coté de la pièce. Elle tend le bras derrière une penderie remplie de vestes et pantalon. Je m'approche d'elle. Des bruits de pas feutrés résonnent de partout dans la pièce. -Qu'as-tu vu ? -Je ne sais pas trop, il fait bien sombre, mais on aurait dit un petit être humain avec un long bonnet en laine. -Comme celui-là ? Je lui montre ma prise. -Oui. Une voix timide et bredouillante résonne : -At...attention, le... le maître arrive ! Des bruits de pas précipités dans tous les sens. -Viens, cachons-nous là ! me glisse le chaperon rouge. Je la suis derrière la penderie. La lumière provenant de la porte disparaît, cachée par la masse sombre de la Bête qui se dessine. Elle gronde : -LA JEUNE DEMOISELLE DANS MON LIT, A LAQUELLE JE TIENS TOUT PARTICULIEREMENT, A MAL AU VENTRE. ALLEZ ME CHERCHER MA FIOLE D'EAU DE LA VIE ! -Tout de suite, maître ! baille une voix pas trop loin de moi. Des bruits de pas précipités se font entendre, et j'entraperçois une ombre dans le couloir partant à droite. La Bête s'avance dans la pièce sombre. -ET LA DEMI-PORSION ? SAVEZ-VOUS OU ELLE EST ? -Elle est dans la pièce, on l'a à l’œil, maître, répond la voix doctorale. -BIEN ! CONTINUEZ AINSI. JE VEUX TOUJOURS SAVOIR OU ELLE SE TROUVE. -Oui, maître. Des bruits de pas reviennent du couloir et traversent la pièce. -Tenez, maître ! baille la voix. J'ai beau scruter à travers les vêtements, la masse de la Bête me cache du porteur. La Bête relève la tête dans ma direction. Je relâche les vêtements et me blottis. J'entends la Bête repartir. Je ne sais que faire. On a qu'à attendre ici que quelque chose se passe ? Oui, je crois que tu as raison, j'ai trop peur de sortir de la cachette avec les... choses qui nous espionnent. Je regarde le chaperon rouge à côté de moi. Pour une fois, elle n'a pas l'air très sûre d'elle.   -Regardez, la jeune demoiselle a l'air d'aller mieux, bredouille une voix. Bruissements alentours. -Oui. Et le maître est content. Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas vu comme ça, grommelle une autre voix. -Moi non plus, répond la voix ensommeillée. -Eh ! Re... regardez ! Elle l'embrasse ! Une nouvelle voix, joyeuse celle-ci. -Quoi ? Maismaismais... Encore une nouvelle voix. Simplette. Mais combien sont-ils ?   La voix puissante mais paniquée d'Herta me sort de mon décompte : -Eden ! Eden ! Au s'cours ! Eden ! Des bruits de pas s'éparpillent dans la pièce sombre. Je traverse le mur de vêtements et entre dans la chambre, pour voir Herta ébahie, assise sur le lit. Devant elle, la Bête, se tenant la tête des deux pattes, est en train de se transformer...

Chapitre 11 :
La Belle, la Bonne et la Bête

de l'histoire
Lune sanglante
par Wargen
Fantasy Chaperon Rouge Conte

Je m’appelle Clémentine. J’ai 28 ans depuis bientôt trois ans, mais je le vis bien. Je suis célibataire, sans attaches, sans contraintes, mis à part un poisson rouge qui répond, quand ça lui chante, au nom de Bubulle. Oui, je sais, ce n’est pas très original. Bubulle est sympa. Il n’est pas très ennuyeux et est capable de rester tranquillement à faire des ronds dans son bassin chaque fois que je pars en week-end. Je crois que ça doit être le troisième, ou peut-être même le quatrième Bubulle depuis que j’ai emménagé dans cet appartement, rue Mercière, le dernier 29 février, soit il y a trois ans, presque quatre. Le premier est mort parce que j’ai bêtement vaporisé du produit anti-fourmis au-dessus de son bocal. Dix minutes plus tard, il faisait du surplace de profil… Le deuxième est décédé dans des circonstances indéterminées, mais je soupçonne ma mère d’avoir remis de l’eau chaude après avoir nettoyé l’aquarium. Mais sans preuve, je ne peux rien dire de plus… Je les ai enterrés l’un après l’autre, dans une petite boîte d’allumettes, dans le massif d’hortensias de Mme Violette, la concierge. Je suis réceptionniste dans une concession automobile. J’accueille les clients avec un immense sourire, leur demande pourquoi ils sont là, leur propose d’aller se servir un café (Nespresso, what else ?) et de s’installer dans le salon visiteurs, pendant que je préviens leur interlocuteur. Grande marque oblige, je dois me conformer aux attentes de mon patron. J’enfile systématiquement un chemisier blanc, une veste de tailleur bleu marine et un foulard. Je me maquille légèrement et mes cheveux sont tirés en arrière. Ah et bien sûr une manucure absolument parfaite, baby boomer rose pâle, rien de très voyant. Je ne porte quasiment pas de bijoux, si ce n’est la bague de ma grand-mère et un sautoir de perles. Ça, c’est la partie visible de l’iceberg. Dessous, généralement, j’opte au mieux pour un jean, les jours où je sais que je vais devoir bouger, sinon, c’est survêtement confortable et baskets défraîchies, mais pratiques quand je suis dans la concession. Physiquement, je suis plutôt grande, enfin je crois. J’ai quelques formes, pas forcément où ça devrait (comprendre, je ressemble un peu à une bouteille d’Orangina). Je suis brune, avec des yeux clairs. Je suis plutôt quelconque, même si, comme dirait mon meilleur ami « tu es une fausse moche, Clem, quand t’es maquillée, t’es quand même pas mal ». Ça fait toujours plaisir… Bon, et je vous dois un aveu. Non, je n’ai pas mauvais caractère. Je ne suis pas non plus hystérique ou hyper anxieuse et j’ai le sourire facile. Ce qu’il faut que vous sachiez à mon sujet, c’est que je suis plutôt maladroite. Mais genre, vraiment. Miss Catastrophe, c’est moi. Dès qu’il y a une planche qui dépasse d’une fenêtre, je me cogne. Si un pot de peinture doit tomber du troisième étage, vous pouvez être sûr que ce sera sur ma voiture, même si je suis à dix mètres, sur la chaussée. Et aujourd’hui, c’est une journée comme ça… De celle où rien ne va. De celle qui nécessite de passer une demi-heure enfermée dans les toilettes à faire un ravalement de façade pour masquer le nième bleu… Celle où Alban vient au garage. Alban, c’est tout mon contraire. Déjà parce qu’il est client de la concession. Le genre overbooké. Celui qui n’a de temps pour rien et surtout pas pour attendre. Mais qui vous le dit gentiment, avec une petite excuse dans l’intonation, celle qui suit le « vous pensez que ça va être long ? ». Celui qui s’installe sur un des fauteuils en cuir, sort son PC pour commencer à travailler, répondre à quelques mails, lire un dossier ou deux, pas plus de deux cents pages, n’exagérons rien… Il passe des coups de fil en anglais, en espagnol et en chinois (enfin je crois). Je pense que c’est un homme d’affaires. Dans quel domaine ? Je n’en ai aucune idée. Il est beau gosse, me fait toujours un petit clin d’œil quand il me sourit. Sa fossette me fait fondre sur ma chaise. Ses yeux bruns sont hypnotiques. Et son parfum, à se damner. Je me sens toute chose, quand je vois qu’il est inscrit au planning des rendez-vous. Et avec sept voitures de notre marque, il vient assez régulièrement. — Bonjour Clémentine, vous allez bien ? me demande-t-il avoir une voix profonde qui met le feu à ma petite culotte. — Bonjour Monsieur Adelson. Toujours, quand vous venez, vous savez bien, minaudé-je bien malgré moi. Il sourit. — Je vous laisse prendre un café, je préviens Grégory de votre arrivée, gloussé-je. C’est là qu’il me lance son fameux petit clin d’œil, celui qui finit de me liquéfier. Si je ne portais pas ces fichues baskets, je serais partie en courant dans les toilettes m’asperger d’eau froide. Et c’est encore pire quand il s’approche du comptoir après avoir glissé la main dans la poche intérieure de son costume hors de prix, et qu’il dépose sur le verre devant moi un petit morceau de papier épais. — Je ne fais jamais ça d’habitude, mais… murmure-t-il en griffonnant quelque chose avant de me tendre le carton. Tenez, voici ma ligne directe. Appelez-moi… Je crois que mon cœur vient de louper un battement. Il me donne son numéro ? Sérieux ? Nan mais waou ! Je pourrais crier à travers la concession si je n’étais pas certaine qu’on me prendrait pour une folle et qu’on me ferait interner séance tenant. Il continue comme si de rien : — Quand ma voiture sera prête. WHAT ??? Douche froide. J’ai l’impression d’être sur des montagnes russes qui viennent de m’emmener six pieds sous terre. Non mais regarde-toi, pauvre cruche ! Tu crois vraiment que tu as ce qu’il faut pour attirer l’attention d’un mec comme lui ? me crie ma conscience. Quelle garce !

Chapitre 1 :
Clémentine ou le pépin

de l'histoire
Clémentine ou le pépin
par Nomeris
Début Comédie Romantique

Au bord de la planche, vous savez que votre vie se jouera sur vos prochaines paroles. Vous prenez une inspiration, puis vous retournez en direction du navire. Trouvant le regard sadique de Finley, vous tentez votre chance, balbutiant. - J'ai une proposition, Finley, je... Vous n'avez pas le temps de poursuivre. Alors qu'un craquement retentit, vous vous sentez basculer, mais agiter les bras ne vous aide en rien à vous rattraper au morceau de planche encore intact. En pleine panique, vous chutez inexorablement jusqu'à la surface aqueuse, la percutant de plein fouet en un plat majestueux. Puis, vous commencez à vous enfoncer sous l'eau, priant pour que les requins rodant autour de la planche ne soit qu'une légende. Vous vous débattez pour regagner la surface avec difficulté, vous maudissant d'avoir pris la mer sans savoir nager. Vous parvenez finalement à reprendre votre souffle, sans trop savoir comment vous vous y êtes pris. Le soleil éclatant vous fait froncer les sourcils, et vous parvenez enfin à distinguer l'arrière du navire à votre niveau. Vous avez dû mettre du temps à émerger car la planche est déjà loin de vous. Alors que vous désespérez de pouvoir regagner le plancher du Perroquet Rouillé avant d'être semé, un "psst" vous fait lever la tête. Une silhouette aux cheveux longs se démarque au dessus de vous, et le bout d'une corde vient vous éclabousser en atterrissant à côté de vous. Vous le saisissez et entreprenez de vous hisser, reconnaissant du passager qui vient de vous sauver la vie.

Chapitre 8 :
Vous faites une proposition

de l'histoire
Poulpito
par BanjiBanjo
Pirate Poulpito Héros

Après mon père et ma mère, et ma demi-sœur avant qu'elle ne parte en exil caché, Grande-tante était la personne de la famille pour qui j'avais la plus grande estime et affection.   Petite sœur de mon grand-père paternel, Baron de Soulogne, elle avait jouit d'un mariage prestigieux auprès du cadet de la Maison d'Orélsan, ce qui l'avait conduit à quitter la Soulogne assez jeune pour se retrouver à Orélsan ou à la capitale. Son premier mari mort d'un infection pulmonaire, elle avait de nouveau trouvé les ressources pour accéder à un nouveau mariage au dessus de sa condition. Son second mari, Monsieur Le Teiller, avait en effet été conseiller d’État avant de devenir secrétaire d’État de la Guerre de l'ancien Roi, un des proches de l'homme de l'ombre de l'ancien Roi, marquis de Barbézieux, et un fervent soutien du nouveau Roi lors de la fronde. Ce qui lui avait valu une gorge tranchée. Et un second veuvage pour Grande-tante.   Malgré son statut, elle se plaisait à revenir nous voir régulièrement en Soulogne, qu'elle ne rejetait pas comme un obscur petit bout de terres maintenant qu'elle œuvrait dans les plus hautes sphères du royaume. Elle ne put avoir d'enfants, et elle se prit d'affection pour ma demi-sœur et moi-même en tant que seuls petits-enfants restant de la famille de Pont-Sainte-Croix. Les manières dont elle faisait montre n'étaient que superficielles, pour s'inscrire dans le milieux dans lequel elle évoluait maintenant. Mais dans le fond, on ne trouvait pas en elle la morgue et l'orgueil de la haute noblesse sur le reste de la population du royaume.   Pour une campagnarde, elle s'était très facilement adaptée à la vie citadine de la capitale, et aux manières très codées, aux mondanités exubérantes et aux commérages de salon de la haute société.   -Alors mon enfaaaaant, as-tu développé un mal de la viiiiille ? me demanda-t-elle en souriant alors que nous nous étions assise dans son boudoir, après avoir quitté la cour et emporté une lettre cachetée que ma demi-sœur lui avait adressée.   -Je suis déjà allé accompagner Père à Orélsan et à Bois, mais... Ce ne semblent n'être que de petites bourgades comparées à la capitale ! Il y avait certes la chaleur et la fatigue du voyage, mais cette foule ! Jamais je n'avais vu autant de monde à la fois, et dans un si petit espace...   -Crois-moi, ma petite Anne... Elle se pencha vers moi et chuchota : « Anne, la vrai, même si je trouve désobligeant de dire cela, m'a averti avant que tu n'arrives, de ton changement d'identité. Même si je me rappelle bien plus de toi en tant qu'Anne qu'Anne elle-même ! Quoiqu'il en soit, je te donnerais du Anne pour toute cette année que tu passeras ici. »   Elle se redressa et repris une voix normale : « ...il ne doit y avoir beaucoup de viiilles sur Terre qui ne soit aussi dense et peuplééé qu'ici. Mais tu t'habitueras viiite, je le sais. Et tu ne devraiiis, je l'espère, jamaiiis trop traîner dans les quartiers sud, très peuplééés, grouillants et dangereux par lesquelles vous êtes rentrééés pour venir ici.   -Et cette odeur... Comment faites-vous pour supporter cela ?   -Ihihih, mais mon enfaaant, ce sera comme pour les gens. Et l’exiguïtééé. Et la promiscuitééé. Et le bruiiit. Et l'absence d'arbres. Avec le temps, tu t'habiiitueras. Et tu feras connaissance de tout le reste, que tu ne peux trouver qu'iiici. Tout ce qui donne le piquant de la viiie !   -Je l'espère, Grande-tante. Je l'espère...   -Mais siii, je le sais. Une fois que tu auras pris le goût et le pouls de la ville, je sens que nous allons bieeen nous amuseeer toutes les deux ! Et d'ailleurs, nous allons commencer pas plus tard que ce soiiir : nous sommes invitées pour une modeste soirée chez une de mes graaandes amies, Madame la marquise Blanche de Drouot. Va donc te reposer un peu dans ta chaaambre pour te remettre de ton voyage, et tu te prépareras par la suite. Je t'ai déjààà fait sortir une robe, dont j'espèèère un bon retour des invités. Tu pourras demander à tes gens de t'aider pour t'habiller. Nous partirons sous les coups de dix heures. Et maintenant, je te prie de m'excuser, mais j'ai à revoiiir une bonne vieille amiiie !   Je me levai et quittai la pièce pour laisser rentrer une Marthe souriante.     Une modeste soirée. Peut-être était-ce « ce que je ne pouvais trouver qu'ici, le piquant de la vie ». Le grand salon de l'hôtel particulier de Madame la marquise était grand. Et il était bondé. Je ne sus dire combien de personnes pouvaient se trouver ici, en même temps, dans ce même lieux.   La robe mise à disposition par Grande-tante aurait déjà pu me mettre la puce à l'oreille : une robe rouge en soie, une matière si douce au touché mais si fragile qu'elle interdisait l'usage du corset. La robe mettait donc en valeur ma fine silhouette et proposait alentour, grâce à deux fines bretelles qui lui permettaient de tenir et un décolleté, une vue sur mes épaules nues et une plongée impudique sur mes seins. Pas de froufrous ou de bijoux incrustés. Pas besoin, m'avait glissé Grande-tante, avant de me demander de prendre une petite coiffe et un chaud veston pour le voyage en calèche.   Je n'avais jamais vu un tel vêtement exister, ni même pensé que cela pût exister. Et encore moins pensé que l'on pu le porter, étant donné le style vestimentaire à la mode et toute les robes qui s'offraient à ma vue. De la même manière que je n'aurais jamais cru possible assister un jour à une soirée en compagnie d'une telle quantité d'hommes et de femmes de haute naissance ou issus de la haute bourgeoisie. Une modeste soirée.   Tandis que je restais bouche bée, à l'entrée de la pièce, devant ce qui s'offrait à mes yeux, et que certains regards se tournaient dans ma direction, ma grande-tante me prit par le bras et m’entraîna vers un groupe de quatre personnes.   -Aaaaaah, madaaaame et monsieur le Comte de Clairmont, madame et monsieur Serbiiien, laissez moi vous présenter ma petite-nièce, Aaanne de Pont-Sainte-Croix, baronne de Soulogne !   Les deux couples se tournèrent dans notre direction en souriant, inclinant légèrement la tête. L'homme le plus joufflu, crâne légèrement dégarni et avec une couronne de cheveux blancs, répondit :   -Ah ma chère, nous nous demandions à quelle moment vous feriez votre apparition lors de cette soirée. Vous ne vous êtes que trop faite attendre !   Le deuxième homme, plus jeune, arborant une fine moustache et de longs cheveux bruns tombant dru de part et d'autre de son visage, compléta, avec un accent prononcé que je ne sus définir :   -Cependant, je pense pouvoir dire, enlevant les mots de la bouche de mon ami Jacques ici présent, que votre retard est excusé par la présence de votre sublime petite nièce !   Les deux hommes gloussèrent, tandis que leurs femme les regardaient d'un œil sombre. La femme de Jacques, l'homme joufflu, se tourna vers moi, persiflant :   -Baronne si jeune... et ainsi vêtue ? Moi qui pensais que les baronnies n'étaient là que pour apporter la plus grande part du sang noble dans nos vaillantes armées. Je crois que vous ne seriez que d'une piètre aide sur le champ de bataille, dans cette tenue !   -Que nenni, chère Mathilde, rétorqua ironiquement l'homme à l'accent prononcé. « Notre chère Anne éblouirait la soldatesque ennemie, les faisant tourner casaque à sa seule vue ! »   -Tout comme vous seriez prêt à me tourner casaque de votre côté, mon cher époux ? rétorqua froidement sa femme, une jolie et grande femme blonde aux yeux bleus sans fard ni maquillage, ce qui tranchait avec la trop pomponnée Mathilde.   -Diantre non, chère Ingrid, fleur de mon cœur, éclat de mes rêves, que ne sais-je tout ce que je vous dois !   -Ne serais-ce votre tiiitre, mon cher Enguerraaand ? glissa malicieusement Grande-tante.   Les cinq autres gloussèrent. Ingrid se tourna vers moi : « Je m'excuse pour le manque d'éducation de mon époux, que j'ai du mal a encore tenir en laisse. Néanmoins, je crois comprendre que nous nous trouvons toutes les deux, ou tout du moins tous les trois avec mon époux, dans un cas similaire : j'imagine aisément que vous vous retrouvez dépositaire d'un titre gagné fortuitement et précocement suite aux événements tragiques d'il y a deux ans.   -Effectivement, madame la comtesse. Feu mon père était baron de Soulogne, et en l'absence d'un frère ou d'un époux, j'ai récupéré la lourde tâche de représenter et administrer notre domaine.   -Si jeune, si désirable, et toujours sans époux ? Je pense que vous pourrez aisément, si vous le souhaitez, faire une croix sur la tranquillité de votre célibat à l'issue de l'année à venir. Et, très chère Anne, savez-vous que même la présence d'un époux à vos côtés ne vous ôte pas toutes responsabilité quant aux décisions à prendre pour vos terres. Bien au contraire ! Je me targue de ne pas laissé intervenir mon cher époux dans les charges décisionnelles qui incombent à notre titre. Quelle folie cela serait, de laisser un tel sieur sans manières commander !   -Caçari lo loups qui intra dins l'ostal, lui répondit Enguerrand en souriant.   Ingrid lui donna une petite pousse dans l'épaule.   -Vous savez très bien, mon cher, que je ne goûte vous entendre parler dans ce dialecte du fin fond de nos terres civilisées.   -Je ne le sais que trop bien, ma chère Ingrid. Tout comme je sais comment vous dirigez votre domaine, et moi-même, d'une main de fer. Et, si vous ne goûtez mon dialecte et ne me reconnaissez que peu de mérites, au moins y a-t-il un endroit dans lequel vous goûtez de ma personne.   Grande-tante glissa, malicieusement : « Ne serait-ce dans la chambre conjugaaale ? »   Le groupe gloussa.   Mathilde se tourna vers ma grande-tante : -En vous attendant, nous étions en train de converser à propos de... Un coup d’œil dans ma direction. -... savez-vous... Grande-tante me prit par le bras : -Ma petiiite Anne, veux-tu bien nous laisser discuter tranquillement ? Tu trouveraaas bien assez de divertissements à cette soirééé !   Saluant le groupe, je pris congés. Un valet, portant un plateau rempli de verres fins et allongés, se porta à mon encontre : -Une flûte de vin de Compagne, gente dame ? -Je vous remercie, mon brave, répondis-je en prenant un verre. Le liquide était jaune translucide, et semblait mousser sous l'effet d'une myriade de fines bulles remontant vers la surface. Le goût légèrement sucré était néanmoins caché par l'acidité piquante des bulles qui explosaient sur ma langue. Et je sentis après coup l'effet de l'alcool, qui accentua l'explosion de couleurs, dû à l’assemblage de robes et jaquettes multicolores des convives, qui dandinaient devant mes yeux.   Un murmure suffisamment fort émergea du brouhaha ambiant, sur ma droite. Tournant la tête, je vis une masse de convives entourant ce qui semblait être une table. Je m'approchais prudemment, mon verre à la main, esquivant des groupes de personnes qui jetaient de temps en temps de rapides coup d’œil dans ma direction. Tentant de trouver une brèche dans le mur de convive qui se tenait devant moi, je finis par trouver un petit espace en me glissant entre les froufrous d'une robe blanche et une jaquette mauve. La jaquette mauve se tourna vers moi et me laissa un peu de place, tandis qu'un nouveau murmure montait de la table : -Venez-vous voir cette partie endiablée, belle enfant ?   Une douzaine de personnes était assises autour d'une table, chacune avec un tas de jeton devant elle. Les tas étaient de tailles disparates, signe de fortunes, personnelles ou au jeu, diverses. Un grand et bel homme, vêtu d'une veste militaire brodée de quelques médailles, tira une carte de la pile devant lui. Un As de trèfle, qu'il plaça devant le joueur à sa gauche. Tout le monde, public comme joueurs, regarda les cartes face visibles sur la table, puis le joueur venant de recevoir sa carte mit un tas de jetons dessus. Je remarquais alors qu'en dehors du militaire, chacun avait une carte face visible avec un tas de jeton dessus, en dehors d'un joueur ayant trois cartes semi empilées, quatre de pique, de cœur et de trèfle, avec un tas de jeton trois fois plus gros dessus. Il ne restait plus que le miliaire sans carte. Jaquette mauve se pencha vers moi : -Pensez-vous que le banquier va quadrupler, belle enfant ? Le militaire posa la main sur le tas de carte, suspendant son geste. Il regarda les autres joueurs dans les yeux. La tension semblait palpable. Puis il jeta un coup d’œil au public. Et accrocha les miens. Son sourire s'élargit, et il me fit un clin d’œil. Jaquette mauve, qui semblait tressaillir d'impatience : -Je parierai bien dessus. Ce gentilhomme a une chance du démon depuis le début de la partie. Ne me quittant pas des yeux, le militaire tira la carte qu'il posa devant lui. Un « oh » général monta de l'assemblé autour de la table. Un des joueurs pesta. Quatre de carreaux. Celui que jaquette mauve venait d’appeler le banquier ramassa le tas de trois quartres qu'il empila sous son quatre. Il récupéra tous les tas de jeton présents sur les cartes présentes devant chaque autre joueur, et vint augmenter son propre tas de jetons déjà plus imposant que les autres. Puis il repris alors l'ensemble des cartes sur la table et se mit à mélanger. Un des autres joueurs en bout de table, le visage posé dans ses mains, avec un maigre tas de jeton devant lui, souffla que cela serait la dernière pour lui. Je me tournai vers jaquette mauve : -Mais, monsieur, qu'est-ce que tout ceci ? Jaquette mauve, un homme sec, avec une grande perruque blanche et la face toute poudrée, me regarda surpris et souriant. -Mais, belle enfant, serait-ce la première-fois que vous voyez le jeu du Lansquenet ? -Je... je suis nouvelle en ville, et vient d'un domaine où ce genre de soirée... comment dire... -N'existe pas. Je vois bien que vous ne semblez pas totalement vous fondre dans le paysage. Bien trop voyante, à ce que je peux maintenant voir, me fit-il avec un clin d’œil après m'avoir détaillé des pieds à la tête. « Ne vous en faite pas, gente dame, je pense savoir pourquoi vous vous trouvez à la capitale, et je pense que vous vous fondrez, avec le temps, dans la masse. En attendant, laissez-moi vous expliquer les règles du Lansque... On m'attrapa et me tira brusquement par l'épaule, m'éloignant de jaquette mauve et de la table. Me retournant, je fis fasse à mon agresseur. Mon agresseuse. Une grande femme châtain, fortement bâtie, habillée d'une robe en chouquette bleu azur qui tranchait elle aussi dans la masse des autres robes de la soirée, se trouvait, regard acéré, attitude agressive, devant moi. D'une voie glaciale suffisamment faible pour que cela reste entre nous, elle grinça : -Que faites-vous là ! -Je... je voulais regarder ce qu'il se jouait ici. -Ne joue pas à la minorée avec moi. J'étais là la première, ceci est chasse gardée ! -Je ne comprends pas. -Ze ne comprends pas, ze ne comprends pas. Ne joue pas à la petite fille craintive et apeurée, je t'ai vu te placer devant Monsieur le Duc pour te faire voir. Je sais que tu n'es qu'une courtisane pouilleuse qui cherche une proie à cette soirée. Avec toutes les vieilles momies qui nous entourent et te reluquent, tu n'as que l'embarras du choix. Mais pas touche au Duc, il est à moi. Elle se retourna brusquement et me laissa seule, pantoise, sans que je ne puisse rien rétorquer. Quelle horrible femme. Me prendre pour une simple courtisane. Comme si je n'étais là que pour ça. Reprenant mes esprit, je revins vers la table de jeu et jaquette mauve. -Ah, vous revoilà, belle enfant. Le jeu semblait avoir repris sur la table. -Voulez-vous que je vous explique les règles. Une courtisane ! -Vous seriez bien aimable, mon bon monsieur. Même si, levant de nouveau les yeux vers le bel homme, je la comprenais. Pourquoi ne pas lier l'utile à l'agréable ? Et... un titre de Duc... ce n'était pas chose courante, en ce royaume !   Pendant que Jaquette mauve m'expliquait des règles qui me sortaient directement de la tête, je ne lâchais pas le Duc des yeux, le voyant s'extraire de temps en temps de sa partie pour regarder le public, me trouver des yeux et me sourire.   -Même s'il n'a taillé que six fois sur cette manche, le banquier a bien réussi sa soirée. Et dire qu'il a gardé son rôle toute la partie! Jaquette mauve semblait extatique sur le jeu du beau militaire. La partie venait de se terminer, le coupeur dépité qui avait déclaré son dernier tour à la manche précédente ayant été pris le premier sur celle-ci. Tandis que les joueurs se levaient, des valets venaient récupérer les jetons sur la table et remettre des lettres d'intention et bons de paiements aux joueurs sortants, d'autres joueurs venaient prendre la relève, et le reste du public alentour papillonnait.   A travers le mur de convive, je vis le Duc me faire un clin d’œil et ce qu'il me semblait être un geste de le suivre. Tournant la tête, j’entraperçus le regard glaciale, pointé sur moi, de la chouquette bleu azur. Qu'elle aille au diable, me dis-je, en rentrant dans le mur de convive à la poursuite du Duc.

Chapitre 2 :
Grande-tante

de l'histoire
Le Grand Bal du Roi
par Wargen

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R.Th est en tête de la course avec un impressionnant total de 2782 🌳 !



Laurent est à ses trousses avec 2111 🌳 !



Shadowlight fait une belle performance avec 488 🌳. Continue comme ça !



Plume et ses 194 🌳 se battent pour une place sur le podium.



Yljm33 atteint un score honorable de 173 🌳.


La légende raconte que les "🌳" sont des points TRB, précieux comme des carats pour un diamant sur The Root Book. Curieux de savoir comment en gagner ?
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Les auteur·ice·s en vogue

Ceux et celles à la limite du flood



Bat.Jacl

a publié 99 chapitres.


R.Th

a publié 64 chapitres.


Wargen

a publié 63 chapitres.

Les commentateur·euse·s



Bat.Jacl

a écrit un total de 554 commentaires.


Lyn

a écrit un total de 222 commentaires.


Laurent

a écrit un total de 170 commentaires.

Les semeur·euse·s de graines



Les chapitres de

Bat.Jacl

ont engendré 78 suites.


Les chapitres de

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ont engendré 63 suites.


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