The Root Book

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Une plateforme d'écriture unique ?


  • pour écrire à plusieurs 👥
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  • ... et pourquoi pas en participant à l'écriture d'un livre ? 📖
  • The Root Book 🌳

The Root Book facilite l'écriture collaborative

Tu veux écrire de la fiction à quatre mains, à six mains, ou même plus, facilement et sans avoir de co-auteurice ?

The Root Book est un site d'écriture collaborative unique, où n'importe qui peut participer à n'importe quelle histoire et à n'importe quel moment de l'histoire.

Quel que soit ton genre préféré - fantastique, romance, science-fiction - ta voix a sa place ici. Seule l'imagination est la limite !

La ramification des histoires

The Root Book fonctionne sur le principe d'une arborescence des chapitres : un seul prologue donne naissance à de nombreux chapitres 1, qui sont les débuts d'histoires Chaque chapitre peut avoir autant de suites que possible, et chacune de ces suites peut à son tour se diviser en de nombreuses histoires.


Image illustrant la ramification des chapitres
Image illustrant la ramification des chapitres

Il te suffit d'un pseudo et d'un email pour te mettre à écrire

Si tu as besoin d'améliorer ton écriture, tu peux relever les défis d'écriture et ainsi travailler, tout en voyant ce que les autres écrivains proposent.
Et si tu as une idée, tu peux créer ton propre défi à la suite du prologue, juste en cliquant sur la case "défi".

Beaucoup d'histoires par de nombreux auteurs

The Root Book est un site très dense, avec sa multitude d'histoires qui possèdent tous leur propre multivers. Pour t'aider à naviguer dans cet arbre géant, plusieurs outils sont à ta disposition.

L'arbre des histoires te permet de visualiser la structure de chaque histoire et de comprendre comment les différents chapitres s'articulent entre eux. C'est un excellent moyen de voir l'ensemble de l'histoire et de choisir où tu souhaites contribuer.

Notre système de tags te permet de trouver des histoires qui correspondent à tes centres d'intérêt. La page des tags. Sur chacun de tes chapitres, tu peux ajouter les tags que tu veux, même ceux que personne n'a encore utilisé !

Le Concept Unique de The Root Book

The Root Book, c'est une expérience littéraire unique que je t'invite à découvrir. Ici, la magie de l'écriture collaborative prend vie. Chaque histoire se transforme en un véritable cadavre exquis où chaque auteur apporte sa touche personnelle, pour une aventure littéraire sans pareil.

Chaque histoire possède son propre multivers !

The Root Book est porté par une association à but non lucratif, qui a pour mission de fournir un outil 100% gratuit et en ligne pour tous, afin que chacun puisse exprimer sa créativité.

Si tu es enseignant·e ou professeur et que tu souhaites utiliser notre plateforme pour ta classe, n'hésite pas à m'envoyer un message pour me poser toutes les questions. D'autres ont déjà passé le pas.

La Monnaie de l'Imagination : Les Points TRB (🌳)

Sur The Root Book, chaque action compte. Les points TRB, symbolisés par le petit arbre 🌳, sont une manière de récompenser ta participation active à la plateforme. Tu les gagnes en écrivant (que ce soit des chapitres ou des commentaires), en donnant et recevant des coups de pouce, en relevant des défis et même en faisant un don à l'association T.R.B.

Ces points ont de la valeur ! Ils peuvent te permettre d'afficher des liens vers tes réseaux sociaux, augmentant ainsi ta visibilité au-delà du site. Tu peux également proposer de nouvelles façons de les dépenser directement sur ton compte.

Nos Chiffres-Clés et des Tags

The Root Book, c'est une communauté dynamique et des histoires incroyables à découvrir.

510 auteur·rice·s inscrit·e·s
691 chapitres coécrits
844064 lectures

Voici les tags préférés sur la plateforme :
Collaboratif (203) Écriture (178) Début (147) Concours (127) Prologue (126)
(Si ton genre de prédilection ne s'y trouve pas, peut-être que tu devrais envisager de créer un compte pour remédier à ce problème !)

Si jamais tu es perdu, surtout n'hésite pas

Si tu as plus de questions, il existe une FAQ.

Si tu as des suggestions ou si tu rencontres des problèmes sur le site, n'hésite pas à me contacter. Je suis là pour t'aider et répondre aux demandes dans les plus brefs délais. Tu peux me contacter via le formulaire de contact.

Un site avec de fortes valeurs collaboratives

En tant qu'association, The Root Book est ouvert à de nombreuses possibilités de partenariat. Que tu sois une association, une entreprise, un blogueur ou un influenceur, nous sommes toujours ravis d'explorer de nouvelles collaborations.

Nous disposons d'un système de visibilité efficace qui peut aider à promouvoir ton travail ou ton organisation à travers notre plateforme et notre communauté d'auteurs passionnés.

Si tu es intéressé par un partenariat avec The Root Book, n'hésite pas à prendre contact via le formulaire de contact ou à l'adresse email suivante : information.the.root.book@gmail.com.


Les derniers Défis et Chapitres

Chapitre 2 : A l'origine

de l'histoire Sève Ignée
par SandyGeorges
Début Écriture Collaboratif

- Papa, j’ai faim ! - Oui on va s’arrêter dans quelques minutes au point de vue de l’aigle noir. Tu vas voir c’est très beau.Mon père était de ceux que la nature émerveillait dans tous ses détails. Il était habité par cette idée que chaque élément qui la composait avait sa place y compris nous.Le point de vue était effectivement à couper le souffle. Mais, moi, j’avais fai…



269 lectures
0 suites

Chapitre 1 : Sève Ignée

de l'histoire Sève Ignée
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Début Écriture Collaboratif

Le monde finit de s’écrouler.J’en suis l’instigateur. Involontaire, bien que d’autres soutiennent le contraire.Ils ont sans doute raison.Je me voile la face. Encore et encore. Depuis l’arrivée de la crise, je cherche une échappatoire. Moi, l’être le plus haï de la planète, le scientifique devenu paria. Celui qui se cache dans son bunker d’après-guerre. De toute mon âme, j…



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     Tu étais là, face à moi, ton regard verrouiller dans le mien.Nous étions dehors, de nuit. La pluie battait nos visages, noyant nos larmes dans son flot incessant. Les lampadaires éclairaient pâlement la rue.Nous savions qu’il était impossible de revenir en arrière. Les dés étaient jetés.Ton bras se crispa, resserrant ta prise, et mon corps réagit d’ins…



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Défi : Les points sur les i

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Beaucoup d'histoires ici commencées restent malheureusement sans lendemain, ce qui chagrine un tantinet mon faible esprit qui abhorre les conclusions trop ouvertes.Et si, même si cela nécessite de sauter quelques chapitres, qui seront complétés par la suite, nous imaginions des fins pour ces histoires ? Une, deux, pourquoi pas trois afin que les autres puissent choisir la…



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Je vous propose un petit défis, auquel je vais moi-même me soumettre ce mois-ci.L'idée, c'est d'écrire un poème par jour pendant un mois.La poésie est au final presque inexistante ici, alors que ça peut être très sympa à lire, et un exercice intéressant je trouve.Concernant les poèmes, il n'y a aucune règle. Que vous soyez un.e habitué.e de la poésie, ou que vous n'en aye…



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Défi : Vers le Silence

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Si un ou deux personnes sont intéressées, je cherche quelqu'un pour jouer au jeu “Vers le Silence” de Craig Duffy, éditions DidasKalie (Association). Dans la mesure où je ne décris pas tout,  je ne pense pas que ça posera des problèmes de droit, mais si vous pensez que oui, merci de supprimer la page et je trouverai un autre moyen de jouer. C'est un jeu de rôle épistolair…



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1 suite
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Quelques Chapitres à ne pas oublier

A ce miroir qui ne lira jamais ces mots,Que vis-tu aujourd'hui, je t'espère au plus haut ?Éloignés par le temps et des projets divergents,Les aléas de la vie, tout simplement,Heureux pour toi que tu n’aies plus de temps à accorder,A ces mondes qu’autre fois nous avons rêvés.Je suis curieux des plaines que tu parcours aujourd'hui,Des montagnes qui se dressent devant tes défis.Te seconder dans ces ascensions dont tu finiras vainqueur,Aurait été le plus grand des honneurs,Te soutenir lors des épreuves plus difficiles et noires,Aurait nourri les anecdotes pour nos soirs.Plus le temps passe, plus le nombre de fantômes à ressusciter augmente,l'Himalaya qui se dresse est devenue trop imposante,Buvons à la santé du passé, il faut cette page refermer,On choisit ses amis, et non sa famille, un choix parfois béni, parfois damné.L'ombre d’une personne est proportionnelle au vide laissé,Je choisis de la vêtir à chaque pas jusqu'au crépuscule.À toi qui ne liras jamais ces mots, ce soir je quitte le déni,À ton rythme, sois heureux, grandit, aime, vieillis et vis.Quand ralentira le train qu’il faudra descendre en laissant tes bagages,Tu trouveras une photos sépia à nos deux sourires si elle survit à l’élagage.Elle reflétera ce passé idéalisé,Echo éthéré d’une fraternité oubliée.Quand viendra le temps des regrets,N’en laisse aucun à ton chevet.L’eau et le temps viennent au bout des plus hautes montagnes,Que la paix et la joie tous les jours t’accompagnent.

Chapitre 31 :
10 Juillet

de l'histoire
10 Juin
par R.Th
Poème Écriture

Je me levais comme tous les matins à 7h, mangeais comme tous les matins deux tartines de pains avec de la pâte à tartiner, m’habillais comme tous les matins, c’est quand je pris mes clés (pour une fois rangées dans la boîte à clés) que je le sentis, un mauvais pressentiment. Je savais que quelque chose de grave, de mauvais allait arriver sans pouvoir mettre le doigt dessus. Je descendis les escaliers et rejoigna Armande sur le palier. Elle était au téléphone, le teint livide elle posa ses yeux en amande sur moi. Elle raccrocha et ses lèvres bougèrent. Le son arriva à mes oreilles avec un décalage. “Ils sont tous morts” avait-elle dit. Qui étaient morts ? Je ne demandais pas. Nous fîmes le trajet jusqu’au chantier en silence. Jusqu’au chantier et non jusqu’aux bureaux. La scène qui s'étendait devant moi était surréaliste. Six corps en tout. Aucune trace de sang. Ils étaient disposés sur la chape de béton encore fraîche, face contre terre, ce qui était invraisemblable c’était justement leurs disposition : ils formaient une pyramide, trois corps pour socle, puis deux, puis un formant la pointe. J'entendis les sirènes de polices et des pompiers, ce qui me sortit de ma torpeur.  Que s'était-t-il passé? Qui était responsable? Je n’aurais des informations que bien des semaines plus tard.  “Un suicide collectif en guise de protestation” avaient annoncé les journeaux. Je m’étais faite à l’idée que le monde ne tournait pas rond. J’aurai aimé me contenter de cette version des faits. J’aurais aimé pouvoir l’ignorer. Malheureusement, je ne pouvais me résoudre à m’en séparer, pas quand chaque jour, chaque heure, chaque seconde je sentais sa puissance se déverser dans mes veines. J’en étais ivre. J’observais Viola en pleine admiration du micro-onde. Elle portait une robe de l’époque victorienne, je m'étais renseignée sur le sujet. Ses cheveux châtains étaient relevés en une queue de cheval qui embellissait ses boucles naturelles. Elle avait de grands yeux bleus sombres semblables à deux abysses océaniques. Elle m'etait apparue la première fois au retour de la découverte des corps du chantier. J’avais rapidement compris que j’étais la seule à la voir. J’ai d’abord pensé que j’étais devenue complètement chocos-pépitos mais c'était à ce moment que ça avait commencé. La première manifestation de mes “aptitudes” (comme les avaient nommées Viola) fut par la maîtrise du feu. Et par “maîtrise” j’entendais “passer sa mais sur la gazinière allumée, ne pas s’en rendre compte, puis voir sa main en feu (paniquer complètement), la passer sous l’eau et contempler l’absence de blessure”. Viola avait commencé à me porter de l'intérêt depuis lors. Une maîtresse du feu étant plutôt rare dans les rangs des “sorcières”. J’aimais cependant pas trop ce terme, il était moyenâgeux et n’avait pas de sens pour moi aujourd’hui. A l’époque de Viola, on appelait “sorcière” toute femme ayant un tant soit peu de connaissance (peu importe le domaine). Il se trouve que le domaine de Viola était l'alchimie; et ce que Viola appelait “alchimie” nous l’appelions aujourd’hui “ physique quantique”. Viola, et donc moi par extension, pouvait manipuler les probabilités au niveau quantique. Chaque chose, chaque évènement avait une probabilité non nulle de se réaliser.  Si on lançait une balle sur un mur, il existait une chance sur une infinité que les atomes s’organisent correctement afin de laisser passer la balle à travers le mur. Ce que nous pouvions faire, c’est modéliser cette probabilité, l’inciter à se produire. Comment etait-ce possible, ça je n’en n’avais aucune putain d’idée. Je savais juste que j’étais devenue “l’hôte” de Viola en touchant la perle de mon nouveau porte-clé. J’avais donc l’immense honneur de me coltiner une pseudo-sorcière aigrie qui n'avait qu’un seul hobby : critiquer toutes les personnes qu’elle croisait. Manque de bolle, je la croisais tous les jours vu qu’elle vivait en moi. J’ajouterais un point à ma liste d'inconvénients à être l’hôte de la perle, rien n'était gratuit dans ce monde. Le prix à payer en contrepartie de ce pouvoir s'alourdissait de jours en jours, d’heure en heure, de seconde en seconde; quand j'insitais de l'ordre dans des évènements, le cahos se créait à son coté : l'entropie ne pouvant qu'augmenter.

Chapitre 2 :
Entropie

de l'histoire
La plume de paon 
par chlo_M_Molina
Début Écriture Collaboratif

Dès l’instant où je prononce ma phrase, je me sens stupide. Est-ce qu’il peut ? — Est-ce que vous pouvez ? Il sourit, ce qui est assez difficile à interpréter chez lui. — Oui, même ça, je peux. Et je suis content de ton choix. Votre espèce est devenue si matérialiste. Mais je digresse, reprenons ! Le rocking-chair se penche en avant, et au moment où elle commence son balancier pour s’apprêter à partir en arrière, Monsieur Sourire se redresse d’un mouvement fluide et trop rapide. L’irréalité de son déplacement me fait sursauter dans mon lit, depuis l’autre bout de la pièce. — Tu sais, les histoires de génie et de leurs trois souhaits sont légèrement inspirées de la vérité. Il y a quelques milliers d’années, une personne chanceuse comme toi a dû faire un souhait, et a rapporté son expérience, qui a été racontée, détournée, modifiée, de nombreuse fois jusqu’à laisser des traces dans vos mythes. Trop préoccupé par ma demande, je me rends compte que je n’ai pas débarrassé mes affaires de la journée. Elles sont entreposées en tas sur le siège, bizarrement immobile. Ces détails ne semblent pas avoir dérangé mon invité, mais ça ne m’empêche pas d’avoir honte. Il s’avance d’un gigantesque pas, et traverse la moitié de la pièce. — Il ne s’agit pas de trois souhaits, mais de trois offrandes pour recevoir un souhait. Il me dévore du regard à l’annonce de cette phrase. — Je ne suis pas sûr d’avoir envie de contracter une dette… bredouillai-je. — Oh, ce n’est en rien une dette ! J’exige le paiement par avance. Mais ne t’inquiètes pas comme ça, tu verras que ce n’est trois fois rien. Si je peux me permettre l’expression. Ses dents se dévoilent, et un grésillement en sort. Bien que cette expression soit plus proche du sourire, je me demande s’il s’agit de son rire. — Qu’est-ce que vous attendez de moi ? — Dans un premier temps, je pense que tu l’auras déjà deviné. Je réfléchis, mais rien ne parait logique, contrairement à ce que Monsieur Sourire semble dire. Avec une nonchalance feinte, il fait un deuxième pas et se retrouve sur le bord de mon lit, face à moi. Il me surplombe, à la fois majestueux et dérangeant. — Un indice : tu es déjà passé de l’ombre à la lumière, par trois fois. Sa phrase sonne complètement dénuée de sens à mon esprit. Lui s’en amuse, ou semble s’en amuser. — Ton sommeil ! — Quoi ? — Ton sommeil, c’est évident. Cela fait d’ailleurs déjà trois nuits que tu me l’offres. Je questionne alors pour la première fois mes derniers rêves exubérants. — En deuxième offrande, qui n’en ait pas vraiment une, pour ressusciter ton père, j’aurai besoin d’un morceau de chacun de ses enfants. Je pense à ma petite sœur endormie paisiblement dans la chambre voisine, et je déglutis d’appréhension. Un frisson ronge mon échine. Je suis persuadé au fond de moi que ma rencontre avec monsieur Sourire ne va m’apporter que du bien, et pourtant, mon cerveau primaire ne veut pas qu’il s’approche d’elle. Comme si je cherchais à la protéger. Mes émotions sont si contradictoires, j’ai du mal à démêler le vrai du faux. — Il est hors de question que je fasse quoi que ce soit à ma sœur !! Sa tête se secoue de droite à gauche, et me rappelle à quel point son sourire est interminable. — Ne soit pas stupide ! Un fragment, c’est tout ou n’importe quoi : un cheveu ou un ongle fera très bien l’affaire ! Sans que je la contrôle, ma crainte s’échappa de ma bouche : — Je ne veux pas que vous approchiez de ma sœur ! Et pour la première fois, son expression me semble menaçante, comme si le charme qu’il opérait en moi venait de se fissurer. Dans ses yeux, c’est clairement la colère qui transparait. Mais il en prend rapidement conscience. Se téléportant de sa marche irréelle à l’autre bout de la pièce, il se rassoit pour se calmer. Les secondes défilent. C’est la première fois que j’ai l’impression de vraiment l’avoir affecté, et aussi, je n’arrive pas à ignorer la peur sous-jacente que je ressens. Monsieur sourire se laisse le temps nécessaire, avant de reprendre calmement : — Parce que tu n’as pas envie que je lui offre de réaliser son plus grand souhait ? Je sais que ma réflexion ressemble à un non-sens, mais je ne parviens pas à mettre un mot sur mes émotions. Ceux sont mes instincts qui me dictent. Avec de larges mouvements de main, l’homme en costume couleur olive poursuit ses explications : — Quel égoïsme dont tu fais preuve ! Je ne lui propose rien, mais que tu souhaites déjà l’en priver… Je t’avoue être déçu de toi. Je conserve le silence, pour mieux entendre mon cœur qui résonne à mes oreilles. — Je pensais que ça serait facile pour toi, de réaliser tout ça, mais maintenant j’en doute. Parce que la troisième chose que je demande sert à prouver la valeur de tes émotions. Piqué de curiosité, le charme se reconstruit un peu : — C’est-à-dire ? — J’ai besoin de l’odeur qui fait battre ton cœur. Si tu es capable d’éprouver de l’empathie envers quelqu’un d’autre que ta personne, bien entendu. Sur cette dernière phrase, le silence s’abattit. Monsieur sourire me regardait, sans sourire, mais les lèvres toujours étirées ; les dents toujours acérées. Et moi, je me blottis dans mes draps, jusqu’à attendre que le sommeil m’emporte. L’implorant de venir me chercher au plus vite, qu’il me porte à mes songes. Cette nuit-là, mes rêves aux richesses pharaoniques prirent la teinte de rose du parfum de Sophie.

Chapitre 3 :
Une vie contre trois fois rien

de l'histoire
Le troisième soir
par Bat.Jacl
Fantastique Nuit Voeux

La nuit semble interminable. Sûrement à cause de cette foutue lumière rouge qui donne à chaque arbre, à chaque motte de terre, à chaque rocher, une allure de film d’horreur. Et sous mon capuchon de pourpre, je dois certainement ressembler à une terrifiante criminelle sur le point de brûler le prochain village qu’elle croisera. En dépit de l’odeur sucrée dont nos doigts sont badigeonnés, la forêt a des relents de mousse, si ce n’est de pourriture. C’en est écœurant. - Ben mazette… C’en fait des choses pour seule ‘tite nuit ! lâche Herta au bout d’une bonne demi-heure de marche. Même si son intervention tombe sans réponse, entendre autre chose que le vent dans les branches a quelque chose de rassurant. Michon ne dit plus rien depuis que nous sommes partis, lui qui n’est pourtant pas avare de paroles d’ordinaire. Personnellement, je préfère compter mes doigts de pied dans ma tête, -ils ont toujours le même nombre, ce qui est bien agréable- plutôt que de réfléchir à quoique ce soit d’autre. Une petite brume nocturne s’infiltre entre nos jambes et poursuit sa course dans tout le bois ; elle s’épaissit au fur et à mesure de notre avancée, jusqu’à engloutir totalement la faible lueur de nos gâteaux. - Ça m’dit rien qui vaille, c’te purée d’pois soudaine. - Comme dans tout conte qui se respecte, il faut un élément perturbateur qui sépare les protagonistes, répond Michon. Un grand classique ! Son éloquence soudaine me file aussitôt la migraine tandis que Herta hausse les épaules, désinvolte. Toutefois, elle avait raison : ce brouillard n’annonce rien de bon, et plus nous nous enfonçons dans la forêt, plus il nous recouvre de ses vapeurs grisâtres. S'entrevoir devient une tâche toujours plus ardue, et je constate que les deux autres sont dans le même état que moi. D’une petite voix, j’appelle mes amis, les ayant perdus de vue la minute suivante. J’obtiens pour seule réponse un écho qui se répercute sur les derniers troncs distinguables. D’instinct, je décide de m’arrêter au milieu du sentier pour porter mes mains auprès de ma bouche. - MICHON ! HERTA ! Le parfum du gâteau me fait hausser le cœur, et le silence me brise les oreilles. - HERTA ! MICHON ! A ma gauche, on me répond enfin ; ce n’est ni la voix du grand dadet, ni celle de la bourrue qui me servent de compagnons d’infortune. Il s’agit plutôt d’une étrange petite mélodie, un air connu au village, de ceux qu’on chante lors des repas de fête. La chansonnette s’approche doucement de moi, et au vu de ce qui m’arrive depuis le début de cette aventure, je reste sur mes gardes, en position de défense, bien ancrée dans le sol. Mes poings se serrent, à l’image de ma mâchoire, et ma capeline dessine dans mon dos une superbe arabesque dans le vent. La voix est maintenant à moins de trois mètres… Deux mètres… Un. Au hasard, j’envoie ma main rencontrer la fine silhouette encore cachée par la brume. L’individu, pas bien grand, pousse un cri à la fois de surprise et de douleur. - Nan mais ça va pas de péter le nez des gens comme ça ! Ce ton un peu rocailleux ne m’est pas inconnu. Je baisse ma garde, les yeux pleins de repentir : - Poucet ? C’est bien toi ? Mais… Tu es porté disparu depuis au moins trois ans ! - Eden ! Je me suis juste égaré un moment… J’avais laissé des petits cailloux sur mon passage, pour m’y retrouver, mais ça n’a pas été très efficace… - Tu m’en diras tant… Espérer retrouver son chemin dans une si dense forêt s’avère mission impossible ; même Poucet, un gamin intelligent et malin, s’est fait prendre au piège. Je l’examine d’un peu plus près et constate avec inquiétude sa maigre silhouette, la crasse sur ses joues et la boue dans ses cheveux. Trois ans, c’est long, en particulier pour un petit garçon comme lui. - J’ai perdu mes amis en chemin… Tu ne les aurais pas croisés, par hasard ? Si on les retrouve, on pourrait peut-être te ramener au village. - Un soir de lune rouge ? Rentrer au village ? Crois-moi Eden, nous sommes presque plus en sécurité dans ce bois que chez nous ! La Bête rôde sûrement déjà parmi les maisons. Sans m’en rendre compte, je hoche la tête, frappée par le souvenir de cette monstruosité qui nous avait poursuivis jusque chez les Grettels. L’air se fait un tantinet plus froid, le vent me mord les jambes et les bras ; je rajuste mon capuchon sur mes épaules. - Poucet, comment as-tu fait pour survivre ici, tout seul, pendant tant de temps ? Son sourire, troué par une incisive manquante, se ternit et quelque chose dans ses yeux malicieux semble s’éteindre. Il me répond, avec une monotonie dérangeante, qu’il s’est débrouillé comme il le pouvait et qu’il s’est dégottée une grotte un peu plus loin pour dormir. - Je peux t’y emmener si tu veux ! Tu dois avoir envie de te reposer après toutes ces péripéties ! La dernière personne m’ayant dit cela quelques heures plus tôt a par la suite tenté de me transformer en festin pour son prochain goûter. Mon hésitation se fait sentir, et le jeune garçon se renfrogne. Sa moue boudeuse me rappelle celle de mes sept petits frères et sœurs ; ils doivent avoir le même âge. Je m’accroupis devant lui, essuie mes mains peintes de sucre sur ma jupe, et lui remet une mèche blonde en place derrière l’oreille. - Excuse-moi… Je suis juste inquiète de savoir ce que sont devenus Herta et Michon. Et puis, j’en ai un peu ma claque de me retrouver toute seule pour finir dans des situations catastrophiques sans le vouloir. Le bonhomme comprend et hoche à son tour la tête. Poucet amusait tout le village, avant de se perdre en forêt ; il jouait des tours à tout le monde -rien de méchant- et était d’une politesse remarquable. Tous les villageois s’accordaient pour lui prédire un avenir radieux tant il brillait de virtuosité et d’espièglerie. Un cri dans le lointain coupe notre entretien. - C’est Herta ! Il doit lui arriver une nouvelle mésaventure ! Allons à sa rencontre ! Quand je me relève, aux aguets pour retrouver ma coéquipière, je constate que Poucet ne partage pas mon état d’alerte. Au contraire, le petit se triture les mains, les yeux baissés sur la pointe de ses chaussures, bredouillant quelques mots incompréhensibles. Je l’interroge du regard, sans savoir quoi gérer en priorité : la demoiselle en détresse ou le gamin perdu depuis trop longtemps. Je me penche de nouveau vers lui, souhaitant être la plus rassurante possible. - Ne t’en fais pas, je suis avec toi maintenant. Tu rentreras avec nous, en sécurité. Ses pupilles croisent les miennes en un éclair, et ce que j’y vois me fait froid dans le dos. Le blanc de ses globes oculaires a laissé sa place à un noire intense. - Oh je ne suis pas inquiet, en trois ans, on apprend à survivre… Comme figée sur place, je ne peux m’empêcher de scruter tous les détails qui m’avaient échappé jusqu’à maintenant. Les cernes violacés, les veines sombres sur ses temps, ce regard si vide, ces dents si aiguisées, et par-dessus tout… Le sang séché qui persiste à ses commissures. - En revanche, poursuit l’étrange petit garçon, toi, tu devrais t’inquiéter davantage pour ton amie. Je fais un bond en arrière et finis parmi les feuilles mortes, les fesses une nouvelle fois par terre et le front une nouvelle fois en sueur. Poucet ne m’abandonne pas à mon triste sort ; en une respiration, doté d’une vitesse hallucinante, il vient me surplomber. Ses yeux morts plongent dans les miens, je tressaute. - Elle a dû tomber dans un de mes pièges… Mon nez commence à me piquer alors que mes ongles s’enfoncent dans la première racine qui me tombe sous la main. - C’est dommage… Elle était jolie. D’un souffle, quand le mien est coupé, il fond sur moi et je ne peux retenir un hurlement à travers la nuit.

Chapitre 6 :
Pas d'un pouce

de l'histoire
Lune sanglante
par MadBlackHands
Fantasy Chaperon Rouge Conte

Les pas feutrés s'approchèrent rapidement, comme à pas de course. Paniquée, je tentai de me faire la plus petite possible sous le bureau, entourée des désordres de Madame Tournois. Mon cœur battait la chamade violemment. Je me demandais s'il ne cherchait pas s'échapper de mon corps et fuir de son propre chef. Et tandis que je cherchais à calmer mes tremblements, apeurée à l'idée d'effleurer malencontreusement les caisses de carton alentour et faire tomber les ustensiles posés en équilibre précaire dessus, je me fis la réflexion que le bruit des pas était trop rapproché et trop précipité. Comme s'il ne s'agissait pas d'un être humain, mais d'un...   Le bruit de pas feutrés s'arrêta soudainement, et un objet lourd atterrit sur le bureau en geignant. J'étouffai le petit cri de surprise qui osa s'échapper de ma bouche. La chose se déplaça subrepticement au dessus de moi, jusqu'au rebord de la planche en bois massif. Et apparut une petite tête blanche et noire, ornée d'un museau au long poil, de deux yeux en amande d'un jaune vert et d'oreilles effilées. Alors que j'étais proche de l'apoplexie, une petite voix hurla dans ma tête : Félix !   Le chat me regarda bizarrement, comme s'il se posait la question de savoir s'il fallait jouer avec l'être humain en dessous, ou le garder à l’œil au cas où. La main crispée sur le cœur, j'essayai de respirer calmement pour faire revenir mon corps à un état normal. Enfin, presque normal. Atteint d'une panique aiguë proche de la défaillance. Mais capable de mouvements contrôlés et d'une réflexion à peu près censée.   Félix pencha le haut de son corps sous le bureau et envoya la patte sur un nœud dans le bois, qu'il avait dû prendre pour un insecte. Il donna deux coups brusques, se rendit compte qu'il n'y avait rien, et disparut de mon champ de vision. Un bourdonnement monotone parvint à mes oreilles. Une grosse mouche passa dans l'encadrement du dessous du bureau, suivie d'une patte féline qui échoua de peu d'attraper sa cible. Félix se pencha dangereusement sous le bureau, faillit tomber, se rattrapa et se remit droit sur le bureau, sortant de mon champ de vision. La mouche se balada sur moi quelques secondes, et je la chassai d'un mouvement brusque. Elle ressortit de sous le bureau, esquiva un nouveau coup de patte, et se dirigea en direction de Madame Tournois. Du cadavre.   Mon cœur, qui s'était légèrement calmé en regardant le chat et la mouche, accéléra soudainement alors que je repensais à Madame Tournois. Que lui ait-il arrivé ? L'avait-on vraiment tuée ? Le trou dans son front ne laissait aucun doute. Quoique... avait-elle pu se faire ça toute seule ? J'essayai de me remémorer mes souvenirs, pour savoir si j'avais vu une arme dans sa main. Terrorisée, je n'osai pas bouger et sortir de ma tanière pour regarder vers le cadavre. Qui n'était qu'à trois mètre de...   -Ah, Félix, qu'est-ce que tu fais là ?   Je mordis douloureusement la main pour éviter qu'un son ne sorte de ma bouche. Des pas s'approchèrent dans la pièce.   -Tu ne devrais pas rester là, mon p'tit matou !   Lui ! Elle ? Non, même si elle semblait bizarre, ce n'était pas une voix de femme. Le son d'un objet glougloutant que l'on pose par terre. Des spasmes secouaient mon corps, je n'osais pas m'approcher des affaires et du fin espace découvert juste sous le bureau pour voir qui était là.   -Bon, ça n'a pas été facile à trouver, mais j'crois qu'j'ai tout ce qu'il me faut. Félix, tu devrais pas rester là, c'est moi qui t'le dit.   Car, qui que ce soit, il ne pouvait pas ne pas voir le cadavre de Madame Tournois dans la pièce.   Le chat répondit en miaulant lascivement.   Ce qui voulait dire qu'il devait s'agir du tueur ! La panique revint hanter mon esprit et la peur parasiter mes mouvements. Le son d'un objet qui craque. Mais je risquai un rapide coup d’œil. Pour voir une forme sombre et une tête recouverte d'une cagoule penchée en avant. Qui se leva dans ma direction. Je baissai la tête instinctivement, et me la pris dans les mains. Pourvu qu'il ne m’ait pas vu. Pourvu qu'il ne m'ait pas vu. Pourvu qu'il ne m'ait pas vu.   Félix sauta du bureau et atterrit dans un geignement.   -C'est bien, mon petit. Ne reste pas là, ce n'est pas un endroit pour toi.   Le ronronnement d'un moteur se mit en route. Des pas se rapprochèrent du bureau. Je me blottissai du plus que je pouvais et tentai de n'émettre aucun son. Aucun vibration. Aucune odeur. Aucune chaleur. Le glougloutement d'un liquide que l'on verse sur le sol. L'odeur était forte et envahit tout de suite mes narines.   -Pouah, ça schlingue !   Le liquide coula jusque moi sous le bureau. Les pas s'éloignèrent vers le centre de la pièce, s'immobilisèrent. Un nouveau craquement, puis ils revinrent vers Madame Tournois. Un liquide qui se déverse, et qui vient imbiber mes doigts. Je les mis sous mon nez. On aurait dit de l'essence. Ou de l'alcool ? Un liquide transparent qui sentait fort et était très froid au contact avec la peau. Mon cerveau s’embrouillait. Les vapeurs empêchaient mon esprit de fonctionner normalement. La peur terminait le travail. Je savais que quelque chose d'horrible se passait. Allait se passer. Mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus.   Au bout du quatrième aller-retour et déversement de liquide, l'assassin s'éloigna vers où il était apparut.   -A t'chao, Bella Tournois.   Le bruit de quelque chose qui frotte contre autre chose. Le bruit d'un objet qui tombe. Et un flash. Une odeur fumante. La chaleur d'une flamme. Quelque chose qui se déplace. Une brise ardente. Un mur de feu. Un rire rauque et sardonique.   - On s'revoit en enfer ! Ahahahahahahah !

Chapitre 3 :
Benzène Bic down

de l'histoire
L'Odeur des cendres
par Wargen

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