The Root Book

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The Root Book facilite l'écriture collaborative

Tu veux écrire de la fiction à quatre mains, à six mains, ou même plus, facilement et sans avoir de co-auteurice ?

The Root Book est un site d'écriture collaborative unique, où n'importe qui peut participer à n'importe quelle histoire et à n'importe quel moment de l'histoire.

Quel que soit ton genre préféré - fantastique, romance, science-fiction - ta voix a sa place ici. Seule l'imagination est la limite !

La ramification des histoires

The Root Book fonctionne sur le principe d'une arborescence des chapitres : un seul prologue donne naissance à de nombreux chapitres 1, qui sont les débuts d'histoires Chaque chapitre peut avoir autant de suites que possible, et chacune de ces suites peut à son tour se diviser en de nombreuses histoires.


Image illustrant la ramification des chapitres
Image illustrant la ramification des chapitres

Il te suffit d'un pseudo et d'un email pour te mettre à écrire

Si tu as besoin d'améliorer ton écriture, tu peux relever les défis d'écriture et ainsi travailler, tout en voyant ce que les autres écrivains proposent.
Et si tu as une idée, tu peux créer ton propre défi à la suite du prologue, juste en cliquant sur la case "défi".

Beaucoup d'histoires par de nombreux auteurs

The Root Book est un site très dense, avec sa multitude d'histoires qui possèdent tous leur propre multivers. Pour t'aider à naviguer dans cet arbre géant, plusieurs outils sont à ta disposition.

L'arbre des histoires te permet de visualiser la structure de chaque histoire et de comprendre comment les différents chapitres s'articulent entre eux. C'est un excellent moyen de voir l'ensemble de l'histoire et de choisir où tu souhaites contribuer.

Notre système de tags te permet de trouver des histoires qui correspondent à tes centres d'intérêt. La page des tags. Sur chacun de tes chapitres, tu peux ajouter les tags que tu veux, même ceux que personne n'a encore utilisé !

Le Concept Unique de The Root Book

The Root Book, c'est une expérience littéraire unique que je t'invite à découvrir. Ici, la magie de l'écriture collaborative prend vie. Chaque histoire se transforme en un véritable cadavre exquis où chaque auteur apporte sa touche personnelle, pour une aventure littéraire sans pareil.

Chaque histoire possède son propre multivers !

The Root Book est porté par une association à but non lucratif, qui a pour mission de fournir un outil 100% gratuit et en ligne pour tous, afin que chacun puisse exprimer sa créativité.

Si tu es enseignant·e ou professeur et que tu souhaites utiliser notre plateforme pour ta classe, n'hésite pas à m'envoyer un message pour me poser toutes les questions. D'autres ont déjà passé le pas.

La Monnaie de l'Imagination : Les Points TRB (🌳)

Sur The Root Book, chaque action compte. Les points TRB, symbolisés par le petit arbre 🌳, sont une manière de récompenser ta participation active à la plateforme. Tu les gagnes en écrivant (que ce soit des chapitres ou des commentaires), en donnant et recevant des coups de pouce, en relevant des défis et même en faisant un don à l'association T.R.B.

Ces points ont de la valeur ! Ils peuvent te permettre d'afficher des liens vers tes réseaux sociaux, augmentant ainsi ta visibilité au-delà du site. Tu peux également proposer de nouvelles façons de les dépenser directement sur ton compte.

Nos Chiffres-Clés et des Tags

The Root Book, c'est une communauté dynamique et des histoires incroyables à découvrir.

510 auteur·rice·s inscrit·e·s
691 chapitres coécrits
844559 lectures

Voici les tags préférés sur la plateforme :
Collaboratif (203) Écriture (178) Début (147) Concours (127) Prologue (126)
(Si ton genre de prédilection ne s'y trouve pas, peut-être que tu devrais envisager de créer un compte pour remédier à ce problème !)

Si jamais tu es perdu, surtout n'hésite pas

Si tu as plus de questions, il existe une FAQ.

Si tu as des suggestions ou si tu rencontres des problèmes sur le site, n'hésite pas à me contacter. Je suis là pour t'aider et répondre aux demandes dans les plus brefs délais. Tu peux me contacter via le formulaire de contact.

Un site avec de fortes valeurs collaboratives

En tant qu'association, The Root Book est ouvert à de nombreuses possibilités de partenariat. Que tu sois une association, une entreprise, un blogueur ou un influenceur, nous sommes toujours ravis d'explorer de nouvelles collaborations.

Nous disposons d'un système de visibilité efficace qui peut aider à promouvoir ton travail ou ton organisation à travers notre plateforme et notre communauté d'auteurs passionnés.

Si tu es intéressé par un partenariat avec The Root Book, n'hésite pas à prendre contact via le formulaire de contact ou à l'adresse email suivante : information.the.root.book@gmail.com.


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Quelques Chapitres à ne pas oublier

— Bonjour chère demoiselle, Je suis Rose-Alice du D.E.M.O.N, Département d’Enquêtes en Monstres, Occultisme et Nécromancie, section occultisme ici présent, pour vous servir, pouvons-nous entrer ? Notre cliente acquiesce en balbutiant et nous franchissons l’entrée. Comme convenu, nous joignons « l’utile à l’agréable », selon la définition de Rose-Alice. Aussi notre hôte nous mène à une pièce au parquet lustré reflétant le soleil de cette après-midi d’avril qui filtre à travers une large baie vitrée. — Oh, ne faites pas attention à elle, esquisse Rose-Alice en me désignant, tout en s’extrayant de sa crinoline et autres couches de jupons sous sa robe rose bonbon. Agnieszka est ma garde du corps. J’esquisse un petit hochement de tête à la fois pour présenter mes respects envers notre cliente, mademoiselle Olive Doherty, et ma gratitude envers ma partenaire ; moins j’ai à parler, mieux je me porte. Fin prête, celle-ci troque son attirail contre la pomme et le tapis que je sors de ma mallette. — J’en déduis que vous aviez un thème en tête, osa mademoiselle Doherty. — Oh, oui ! Tout sourire, Rose-Alice s’assoit sur ses talons, au cœur du petit tapis rond, la joue posée sur sa pomme rouge. — Beaucoup de femmes se plaisent à s’identifier à Lilith, figure de l’égalité entre le Masculin et le Féminin et de l’indépendance sur l’autorité du premier homme. Personnellement, je m’identifie davantage à Ève qui ne paye pas de mine, née d’une côte de son amant, mais c’est elle, mue par un mélange de crédulité et d’ambition qui reste encore à définir, qui a fait de l’Homme ce qu’il est aujourd’hui. — Ah, oui… La réaction de la jeune peintre, qui cherche à garder contenance en installant son matériel, me rappelle mes premiers jours avec Rose-Alice. Aussi la façade distante et impersonnelle que je battis habituellement contre le monde entier s’effrite le temps d’un un petit rire sorti malgré moi. Toutefois je me reprends aussitôt ; c’est ma première affaire avec elle - qui plus est sa première affaire tout court - et je me dois de la protéger, d’autant plus qu’elle s’expose particulièrement, et je ne parle pas que de sa nudité apparente, dans l’affaire qui nous concerne. Rose-Alice pose tandis que j’arpente la pièce. Après cinq minutes elle semble avoir estimé qu’il est temps que notre cliente se mette à table : — Et donc, comment avez-vous su que vos portraits condamnaient ceux qui ont le malheur de figurer sur vos toiles ? — Sur les réseaux… de plus en plus de gens ont fait le rapprochement entre les portraits que je poste et des disparition récentes. — Je suis effectivement tombée sur des vidéos relatant ces faits divers… les victimes ont toutes entre dix-huit et trente-deux ans, quatre femmes, trois hommes. Trois sont portés disparu, trois noyés, et un pendu à son propre domicile… c’est fou comme c’est facile d’exploiter la curiosité morbide des gens. Et ça vous a fait un sacré coup de pub au passage, je veux dire, sept c’est aussi le nombre d’œuvres que vous avez postées sur Internet. — Peut-être mais… on pouvait parler de coïncidence avec deux ou trois personnes… mais sept… J’ai peur d’avoir des problèmes. — D’où votre demande au Département. Ça se comprend. — Et vous… ? Vous n’avez pas peur ? Je veux dire, si vous vouliez m’interroger… — On aurait pu le faire autour d’un thé et de petits gâteaux, j’adore les gâteaux. Mais ça, ça n’intéresse que moi, notre ennemi demande de la chaire fraîche et je consens volontiers à exploiter ce sublime corps qu’est le mien en guise d’appât. Il ne m’arrivera rien, Agnieszka est là.   ⁂   — J’en reviens pas que ce soit si long. En deux heures, Olive Doherty n’a même pas posé une goutte de peinture sur sa toile ; des lignes, des formes, puis enfin l’esquisse d’un corps. — L’art prend du temps, chantonne Rose-Alice. Savais-tu que Léonard de Vinci a mis quatre ans pour exécuter le portrait Lisa Gherardini ? Et encore, on dit que s’il a débuté le tableau en 1503, il aurait continué à le peaufiner jusqu’en 1517. Chacune des cellules me constituant étant des œuvres d’art en elles-mêmes, ça me paraît logique que ça prenne un peu de temps aussi. C’est le moment où je devrais l’approuver mais ce serait outrancièrement narcissique de ma part. En revanche, je ne peux nier que l’amour qu’elle porte à son corps lui est rendu. Je me contente d’hausser les épaules en regardant ailleurs. — Mine de rien, tes bêtises nous coûtent un bras et je me ferai taper sur les doigts si notre enquête ne donne aucun résultat. — Oh, appelle-ça un retour sur investissement, parce que je t’autorise, toi et toi seule, à te caresser devant ce chef d’œuvre quand je ne serai plus de ce monde. Je préfère penser qu’elle veut juste pouvoir se contempler, elle qui est si coquette et dont l’image ne peut être restituée ni par une caméra ou un appareil photo, ou même un miroir. — Parce que tu veux me faire acheter le tableau original en plus ? Je doute que le Département approuvera, donc, ça, ce sera à mes frais… — Mademoiselle Doherty n’en fera rien à part le prendre en photo pour les réseaux. Son mobilier est majoritairement crème et chocolat, classe, chaleureux et moderne. Le portrait d’une jolie blonde à la peau d’albâtre en tenue d’Ève y aurait autant sa place qu’une rose au milieu d'un champ de patates. D’ailleurs elle n’encadre que ses œuvres faites au fusain. Faut dire qu’elle semble mieux maîtriser la technique. — Et t’as rien d’utile pour notre enquête sinon ? — Patience ‘Nika, patience… Notre peintre maudite doit d’abord apprendre à nous faire confiance, être mûre… avant qu’on puisse vraiment la cuisiner. C’est une petite artiste, aussi il y a des chances que ce soit le bouche à oreille qui ait attiré ses sept premiers modèles… ils ne doivent donc pas être si éloignés les uns des autres.   ⁂   — Allez réveille-toi, j’ai réservé une table pour 20 heures, si tu veux que je puisse refaire ton maquillage, il va pas falloir tarder. Depuis que nous sommes rentrées à l’hôtel, Rose-Alice s’est effondrée sur le lit, probablement exténuée après avoir tenu la pose pendant deux heures. — La princesse n’a même pas droit au baiser du prince charmant pour son réveil ? Je me contente de retourner sur mon siège, mon ordinateur sur les genoux. Par intermittence, je lève le regard de mon écran pour la voir s’extraire du lit avec paresse. La vie semble revenir en elle lorsqu’elle découvre que j’ai déposé un exemplaire de l’Ancien Testament sur sa table de chevet. Rose-Alice est en mesure de dévorer toujours plus de livres jusqu’à en avoir la nausée, quand bien même je la soupçonne d’en connaître le contenu en amont. Je conçois parfaitement que ce raisonnement soit totalement infondé ; bien que la perte de mémoire soit un signe de dégénérescence chez les démons, 30% d’entre eux n’ont jamais eu de souvenir de leur vie humaine, ce qui est le cas de ma partenaire. Il n’en reste pas moins que je l’ai toujours connue avec cette étonnante érudition qui rivalise largement avec celle d’une intelligence artificielle de haute pointe. — Qu’est-ce que tu trouves tant à écrire dans ton rapport ? demande-t-elle dans un long bâillement. Ce n’est que le premier jour… Maintenant qu’elle est derrière moi, je devine qu’elle analyse les lignes que j’ai couchées sans trop de conviction :   … Rose-Alice est un démon de type métamorphe, de la famille des doppelgängers. Ces démons sont connus pour prendre l’apparence de leurs contractants…   — Mais tout ça, tu l’as déjà écrit dans le rapport de premier contact, non ? J’y avais même évoqué son étonnante capacité à courir avec la grâce d’une gazelle même hissée sur des talons aiguilles de quinze centimètres. Si tant est qu’on ne puisse pas considérer que ce soit une aptitude utile au combat, ça n’en reste pas moins une prouesse notable. — Tu sais, quand les membres du Département fouillent les archives ce n’est pas que pour chercher des infos sur les démons en eux-mêmes. Un jour, peut-être que quelqu’un d’autre tombera sur une sinistre affaire de peintre maudit et aura besoin de nos chroniques pour avoir un angle d’approche. Ces gens-là n’auront pas forcément lu le rapport de premier contact et auront besoin de contexte. — En partant du principe que ce soit bien un démon derrière tout ça. N’oublions pas que la racine des démons reste humaine… Je ne peux le nier, bien que j’aie tendance à l’oublier. Il faut dire que mon précédent démon était loin d’être porté sur la culture, les gâteaux et les jolis vêtements de poupée ; nous avions chasse gardée sur les missions mouvementées où l’action primait sur la reflexion, parce qu’il n’y avait aucune ambiguïté sur la nature de la cible. — Enfin ! s’exclama Rose-Alice. Sur ces sages réflexions, je ne vais pas te mentir… j’ai faim. Ses doigts courent sur mes épaules alors qu’elle se penche sur moi. — Et je ne parle pas du restaurant…. Ils longent mon cou, ses boucles blondes effleurent ma joue. — … Ni même de ma prochaine lecture… Elle dénoue ma cravate, son odeur sucrée et capiteuse s’immisce dans mes narines. — … Et certainement pas du démon… Elle déboutonne un premier bouton de ma chemise.

Chapitre 1 :
Portraits maudits

de l'histoire
Portraits maudits
par Lyn
Démon Enquête Horreur

Gendarmerie à 11 ans tous victimes, tous coupables de viols sur mineursAymeric, Maxence et Kader, également mis en cause, sont convoqués à la même heure. C’est le début d’audition de Sandro : mis en cause pour des viols, à 11 ans. Maman et son fils prennent connaissance des motifs de la convocation…Le gendarme explique à sa mère, Myriam, atterrée, que certains éducateurs savaient ce qu’il se passait et qu’ils n’ont rien fait pour empêcher la récidive. Le gendarme demande si Myriam veut déposer plainte et lui demande s’ils ne se sont pas déjà vus quelque part. Il pianote sur son ordinateur. « Détention de stups ? » demande-t-il. Myriam acquiesce. Au bout de sa vie, elle refuse de porter plainte et les laisse mener leur enquête. Elle semble d’une part très gênée que le gendarme l’ait reconnue, mais aussi effondrée de ce qu’elle vient d’apprendre de son fils. Son regard devient vide, son visage se dénue d’expression. Elle écoute sans écouter. Le gendarme poursuit. Il dit que les éducateurs seront auditionnés prochainement pour cette non-dénonciation dont ils sont soupçonnés. Audition en cours… écoutez les gamins, c'est à eux de parlerC’est donc Sandro qui organisait ce qui sera qualifié plus tard de « jeux sexuels en réunion ». Le gendarme recommande une expertise psychiatrique à l’égard de l’adolescent. Myriam soupire "C'est pas vrai, il te croit taré maintenant ! En même temps, regarde le comportement de psychopathe que t'as !!!". Le gendarme arrête Myriam et précise qu’il vérifie l’« absence de pathologies ». En attendant cette expertise, le gendarme lui conseille de séparer strictement Sandro de sa petite sœur de 5 ans. Il fera une note au juge dans ce sens. Et l'avocat qui n'fait rien… blasé !Myriam regarde durement l'avocat, au fond de la pièce. Il pianote sur son portable, qui vibre sans cesses. Il croise le regard de Myriam, qui vient de "tssiter" avec la langue en le fixant d’un air dur. Le professionnel s'excuse "Je suis de permanence". Il décroche le regard de son portable et observe le gendarme un instant : "C'est un crime impossible ce que vous décrivez. L'affaire sera classée sans suites...". Rencontre avec Serge… j'rime pour Maxence… RDV dans les ressources, sur PanodysseySerge, le père de Maxence, doit être, lui aussi, auditionné à ce sujet. Il n’a pas souhaité accompagner son fils et se présente donc seul. C’est un personnage antipathique. Il a vers les 50 ans, le gros ventre caractéristiques de l’alcoolique. Ses ongles sont longs, sales. Il a l’air pervers. Pervers, pas un regard pour son filsIl croise Myriam. Elle reste distante, polie et lui sourit. Dans sa tête, elle grince « Dégueulasse » à son fils et poursuit sa route. Puis, il aperçoit Maxence et son éducateur, qui sortent d’audition. Maxence cherche son regard, mais Serge continue sa route sans le considérer. On voit la détresse dans les yeux du gamin, qui espérait juste un peu de soutien.  Séparation : chaque fois un nouveau placement, un déchirementMyriam et Sandro se disent au revoir. Il pleut, le temps est gris. Sandro demande des nouvelles du chien qu’ils accueillent. Myriam répond qu’une famille a envie de l’adopter et qu’après ça, elle fait une pause dans ces accueils, au profit d'un autre travail : ces chiens lui demandent beaucoup d’investissement, et elle a beaucoup de rendez-vous. Sandro proteste. Myriam répond qu'elle signe un contrat professionnel prochainement. « La conversation est close ». #anecdotesdecassociaux #cassociaux #lavoixdesenfantsbrises

Chapitre 1 :
Anecdotes de Cas sociaux

de l'histoire
Au poste de police à 11 ans
par Céline
Début Écriture Collaboratif

« … Rosalie a dix ans. Elle est décrite par ses parents comme une enfant hyperactive […]. Le 10 novembre dernier, elle s’est tue du jour au lendemain […]. Le corps enseignant aurait paru surpris lorsque sa mère avait demandé un rendez-vous. […]. Par la suite, ses parents ont relevé d’autres changements dans le comportement de la fillette. […] Habituellement rétive à faire ses devoirs, elle s’est soudainement mise à amasser une quantité de livres, en version papier et numérique, dénichés dans la maison et sur Internet (Le journal d’Anne Franck ; Le petit prince d'Antoine de Saint-Exupéry ; Lolita de Vladimir Nabokov ; Sa Majesté des mouches de William Golding ; L’enfant et la rivière d'Henri Bosco ; Candide de Voltaire ; Orgueil et préjugé de Jane Austen ; La Vague de Todd Strasser et plusieurs dictionnaires) […]. Vol de produits de beauté de sa mère […]. Attitude ambiguë envers sa mère, qualifiée par celle-ci de « tentative d’attouchement » […]. Prend la fuite à l’arrivée du père […]. Nous avions d’abord envisagé que l’enfant soit possédée pour une entité démoniaque de type parasite ou esprit […]. Toutefois nous en sommes arrivés à la conclusion que le mal qui affecte cette famille n’est pas du ressort de notre section. »   — Alors t’en penses quoi ? demanda Harry. — Que je ne comprends pas pourquoi on nous envoie, nous, et pas quelqu’un de la section monstre. — Parce qu’il faut d’abord vérifier que le corps de la petite soit bien démoniaque. — Mais elle n’est pas possédée. — Alice… La possession impliquait qu’une entité vole le corps d’une personne, vivante ou morte, sans lui laisser la possibilité de manifester sa conscience. Les nécromanciens insufflent une partie de leur âme, ou celle d’un démon avec lequel ils avaient pactisé pour permettre à un corps d’éveiller des résidus archaïques de sa conscience propre. — J’ai peut-être séché des cours, mais je sais qu’un mort-vivant ne peut pas tenir plusieurs jours. Ou faire des actions aussi complexes que lire un dictionnaire. — Ce serait du jamais-vu, admit Harry. — Tu veux savoir ce que je pense ? Qu’en réalité le département sait très bien que la petite est un démon. Mais comme elle n’a pas l’air ouvertement hostile, ou juste un peu désinhibée, elle plairait à Ches’. Une goutte de sueur coula le long de ma colonne vertébrale au souvenir de sa confession, « Je préfère les âmes non perdues, celles avec un goût d’espoir. ». — Tout ça, c’est un coup du vieux. — Avant de chercher le mal partout, reste concentrée sur la procédure. On ne peut pas prendre le risque d’engager un combat si le corps est humain, même si c’est un cadavre… — Je sais, je sais. Surtout si c’était un enfant.   ⁂   — Bonjour madame, je suis le docteur Harry Dawson, section nécromancie du D.E.M.O.N. Et voici ma collègue, Alice. Notre cliente savait exactement pourquoi nous étions ici. Harry allait vérifier que la petite soit, ou non, un cadavre ambulant et moi que ça ne dégénère pas, puisque, contrairement au mien qui n’était que soif de sang et de violence, son démon n’avait aucun pouvoir offensif propre. Le sort de Rosalie, ou ce qui se faisait passer Rosalie, serait déterminé en moins d’une heure. Tout ça, je le lisais dans les yeux cernés et les traits tirés de la mère en deuil qui nous faisait face. Supprimer ou neutraliser le démon n’avait maintenant plus d’importance, j’espérais au moins pouvoir lui apporter une réponse quant à la disparition de sa fille. — Elle… elle est à l’étage, dans sa chambre.   ⁂   — Rose… Rosalie ? Ma puce, il y a un monsieur qui voudrait te voir. Lorsque la femme poussa la porte, elle fut repoussée aussi sec. — C’était à prévoir, soupira Harry dans un sourire contrit. Ça va être à toi de jouer, Alice. — Pardon ? — Elle sera moins impressionnée si c’est toi. Elle devrait se sentir plus proche. Je le toisai avec consternation. J’avais une tête à avoir fait du baby-sitting ? — D’une, j’ai vingt-quatre ans, pas dix. De deux, on ne sait même pas si Ches’ va… Je ne peux pas me résoudre à le dire devant sa mère. — Euh, Rosalie ? essayai-je. Je m’appelle Alice. On aimerait discuter avec toi. Promis, on ne te fera pas de mal. Au moment où je prononce ces mots, des griffes acérées que moi seule peux sentir empoignent mes épaules, s’insinuent sous mes clavicules, dans ma poitrine, mon cœur, mon âme et mon être profond. Arrête Ches’. — Je vous propose de descendre, chuchota Harry à l’oreille de la maîtresse de maison. Rosalie ? Je m’en vais plus loin, mais Alice reste là. On attendra que tu sois prête, mais sache que nous ne partirons pas sans au moins t’avoir vue.   ⁂   J’étais restée une quinzaine de minutes adossée au mur avant de voir un petit morceau de papier, un bout de feuille à carreaux, glisser sous la porte. Je dus me tordre le cou pour lire le « Vous pouvez entrer » dans une calligraphie pleine de boucles, très raffinée, bien trop pour une enfant. À vue de nez, Rosalie était une fillette tout ce qu’il y avait de plus ordinaire. Je la trouvais même assez chou avec sa paire de chouchous rose et sa barrette en forme de papillon dans les cheveux. Mais ce regard. Son regard. — Toi, t’as pas dix ans. Elle secoua la tête de gauche à droite : « non ». Puis elle souleva les pans de sa robe salopette dans une petite révérence. — Tu as quel âge ? Elle se figea. Un souvenir de mes cours sur l’apprivoisement des démons me revint, ça remontait aux cours du tronc commun, mais il me semblait qu’il valait mieux poser des questions fermées à un démon non communiquant. J’avais presque oublié qu’on pouvait négocier avec eux. — Tu connais ton âge ? « Non ». Ses prunelles tombèrent sur ma jambe gauche, l’attèle qui dépassait de ma basket, puis sur la canne que je tenais de la main droite. — Ça, c’est à cause d’un démon. Un mauvais démon. Inutile de préciser que c’était le mien, d’ailleurs je ne voyais pas vraiment pourquoi je me donnais la peine de lui en parler. — Le genre de démon que tu pourrais devenir si… si tu restes là. Elle recula d’un pas. — Tu… tu es morte. Je ne sais pas quand, ni comment, et peut-être que toi non plus. Mais tout pourra s’arrêter, sans qu’il y ait trop de mal, si tu écoutes et… Je ne voulais pas lui dire « obéir ». Je n’avais aucun doute, ce démon était parfaitement lucide, perdu, et en pleine crise identitaire, mais pas dangereux. Pour la première fois, j’eus l’espoir que je pouvais boucler une affaire qui se finirait autrement que par un bain de sang, autrement qu’en offrant une part de moi à Cheshire. — Tu as déjà tué des gens ? demandai-je. Elle resserra ses bras sur elle. Je levais les miens en signe de paix, lâchant ma canne qui tomba presque en silence sur le tapis molletonné. — Promis je ne ferai rien. Donc, tu as déjà tué des gens ? Elle hésita. Ses yeux firent des va et vient entre les miens et mes pieds, puis, presque imperceptiblement, elle secoua la tête de haut en bas : « oui ». — Moins de dix ? « Oui ». — Moins de huit ? « Oui ». — Moins de cinq ? « Oui ». — Quatre ? « Non ». — Trois ? « Non ». — Deux ? « Non ». — Un ? « Oui ». — Ok… euh… est-ce que tu sais où est Rosalie ? La petite fille qui vivait là ? Les yeux de la fillette s’embuèrent avant de disparaître, le temps qu’elle tourne les talons pour ensuite se rapprocher de moi avec un smartphone. Intérieurement je me disais qu’on ne devrait pas donner ce genre d’engin à des gamins si jeunes, mais je retins mon commentaire ; j’étais qui, moi qui m’étais enchaînée à une machine à tuer à l’âge où on entre normalement au lycée, pour juger de ça ? La petite me tendit l’écran en se hissant sur la pointe des pieds, comprenant que ma jambe était trop raide pour que je puisse m’abaisser.   « Rosalie s’est encore fait remarquer. »   « Trop bizarre cette fille. »   « En même temps, elle n’arrête pas, aussi. »   « Trop chelou. »   « Elle sait pas se calmer. »   « Rosalie a encore pris un mot. »   « Elle est trop nulle cette fille. »   « Elle est débile. »   « J’ai pas envie d’être avec elle. »   « Elle craint. »   « Le malaise. »   « Elle est vraiment trop nulle. »   « Et moche en plus. »   « Vous avez vu ? Elle est tout le temps toute seule. »   « Genre, elle serait pas là, ça changerait rien. »   « Grave, personne la regretterait. »   « On s’en fout d’elle. »   « T’es nulle. »   « Sans-ami. »   « Cassos’ »   « T’es moche. »   « Tu pues. »   « Tu sers à rien. »   Je me rendis compte que j’avais retenu ma respiration lorsqu’elle me tendit une nouvelle feuille de papier.   « Elle m’a demandé de le faire »   ⁂   — T’inquiète pas choupette. Ils ne vont pas te faire mal. Tu vas juste dormir et… une personne qui prendra soin de toi te réveillera. J’avais l’impression d’être une mère qui gavait sa fille de bobard sur le père Noël. Et encore, au moins, ça restait une jolie histoire. En réalité, j’ignorais tout de ce que ressentait un démon une fois scellé ou de ce qui poussait un démon à choisir tel contractant au moment du pacte. Je ne m’étais jamais posée la question, ne m’en étais jamais souciée. La fillette fit un pas vers moi, bras tendus, quand deux agents de la section monstre l’attrapèrent par le col avant de l’immobiliser.   « Rosalie avait été remplacée par un démon Doppelgänger […] catégorie bêta. […] Les circonstances de la mort de la victime sont encore inconnues […]. Bien que psychologiquement instable, nous pensons pouvoir accompagner ce démon au Département dans sa repentance […]. Le démon ne semble n’avoir aucun souvenir de sa vie passée […]. Elle a seulement exprimé le souhait de choisir son prénom […] Rose-Alice ».

Chapitre 1 :
Choupette

de l'histoire
Choupette
par Lyn
Démon Enquête

Vous restez bouche bée, devant cette disparition de cadavre. Comme s'il était revenu à la vie et, sanguinolant, était parti hanter la contrée voisine et apporter mort, destruction et pizza à l'ananas. C'est à peine si vous entendez les sons de frocs qui se remettent en place dans votre dos. Une voix sévère s'élève : "Ben, v'l'avez mis où, not' collègue?" Vous vous retournez pour faire face à la bande encapuchonnée partie pisser, chacun en train de réajuster son pantalon au niveau de son pubis. A votre regard ébahi, le chef se doute tout de suite qu'il y a un problème : "T'endez, mec, vous vous engagez à nous garder not' pote le temps qu'on aille se soulager, et z'êtes même pas capable de surveiller un gus rond comme un cochon!" Vous allez lui rétorquer qu'ils en ont mis du temps, pour aller pisser, et que d'ailleurs, il semblait quand même un peu mort, et qu'il s'est relevé tout seul comme un grand pour apporter apocalypse, mort-au-rats et maladie sexuellement transmissible au reste du monde, enfin vous le supposez parce que vous ne l'avez pas vu, vu que vous étiez parti chercher des outils pour l'enterrer, parce que vous pensiez qu'il était mort... qu'il vous coupe la parole : "Les gars, j'sais pas c'qui m'retient d'lui faire sa fête, à ce mariolle!" La menace a à peine le temps d'arriver à votre cerveau qu'une fine lame brillante apparait soudainement, accompagnée d'un "tchac" caractéristique, dans la main du chef de la bande. 

Chapitre 7 :
Vous restez bouche bée

de l'histoire
Belette Affable
par Wargen
Fantasy Héros Humour

15 décembre 2018 L'amour est un mystère. Parfois, c'est un souffle chuchoté qui peut tout consumer en un instant. Ou alors un message sur le téléphone de ton ex que j’aurais laissé soigneusement visible. Submergée par la révélation qu'elle avait déclenchée, tu as fui, sans un mot d'explication, délaissant même le déjeuner que tu avais planifié avec Sami. Pendant ce temps, Sami te noyait sous un flot incessant de messages inquiets depuis plus d'une heure. C'est un mystère pour moi que tu n'aies pas encore choisi de mettre en silence cet incessant rappel. Après deux ans tissés de chimères et de fraudes, tu as enfin compris l'impossibilité de continuer à manipuler le futur. Refusant désormais de subir en silence, tu te dresses, intrépide, face aux tempêtes à venir. C’est en cet instant que je retrouve l'éclat de la femme dont je suis épris. Peu importe si nos destins semblent écrits, si nous ne sommes que les pantins d'une trajectoire prédéfinie — une idée à laquelle j'étais jadis résigné. Ta détermination te mène à l'abri de tes réflexions, dans ce sanctuaire de calme et de sérénité qui t'a si souvent apaisée. Telle une sculpture minutieusement façonnée au fil des jours, tu prends enfin la décision qui devient inévitable — celle que, dans l'ombre, j’attendais avec une patience feutrée. L'heure propice que j'ai baptisée avec un certain recueillement : mon instant de vérité. J'ai découvert que la véritable force n'est pas seulement physique. Elle réside dans la capacité à comprendre les autres, à percevoir et décrypter leurs désirs cachés. Il faut beaucoup de patience et un contrôle de soi pour trouver cette faille chez l’autre. Cela peut être un désir, une phobie, l'objet de son amour, un secret inavouable, une culpabilité... Pour quelqu'un comme toi, cette brèche est bien plus difficile à trouver, mais tout le monde a un talon d'Achille. Connaître les secrets inavouables de quelqu'un signifie pouvoir le manipuler, le doubler ou même le saboter. Et je suis doué, vraiment très doué. Très jeune, j'ai compris que même nos amis peuvent devenir nos ennemis et qu'il vaut mieux avoir une longueur d'avance. C’est tellement mystérieux l’Amour. Un mot n'est qu'un mot, juste un mot. Un ensemble d'adjectifs défilent dans ta tête, aucun ne reflétant réellement ce que tu éprouves. Trahie à nouveau, tu te promets que cette fois-ci est la dernière. Je te vois assise sur ce banc, dos aux arbres blanchis, ta tristesse t'engloutissant à chaque battement de cœur. Tu dissimules ton chagrin arborant un masque impassible. Tu t’imagines sûrement que personne ne le remarquerait. Mais je te connais, je peux voir à travers ton jeu. Je te regarde écrire frénétiquement dans ton journal, déchirer une ébauche après l'autre de cette lettre que tu ne sais comment adresser. Promenons-nous dans les bois Pendant que le loup n’y est pas… Un frisson te parcourt le dos alors que tu perçois une comptine étrange, s'enfonçant avec insistance dans l'atmosphère autour de toi. Tu fermes brusquement ton journal, laissant s'échapper une feuille vierge qui tombe sur le sol. Je la ramasse discrètement, la gardant pour le moment où elle me sera utile. Tu sais manier les mots, ma douce. Après avoir lu la lettre, je me demande quel genre de folie, tu comptes faire. Dans les profondeurs de ton sac, tu échanges ton journal – l’un des rares cadeaux utiles qu’il t’aura faits, pour un appareil photo. Tout en soupirant bruyamment, tu te redresses, déterminée à percer mon mystère. Cette chanson douce qui, pourtant, semble être une mise en garde. Je trouvais bien plus amusant de rajouter des éclats de rire d’enfants. Si le loup y était Il nous mangerait… En toute insouciance, tu continues ton chemin, ne t’arrêtant que pour saisir quelques photos. L’une de tes nouvelles passions consiste à capturer des instants. À tes yeux, une image bien prise ne saurait mentir, au contraire. Tu as toujours aimé capturer les moments, comme s'ils révélaient des secrets autrefois bien cachés. Il t’a offert cet objet sans réaliser l’impact qu’il aurait sur vous. Je t’ai toutefois prévenu ma belle. Certaines choses doivent rester enfouies. Comme cette photo d'eux dans un moment intime qui fut la goutte qui a fait déborder le vase. Promenons-nous dans les bois... (Je guette le moindre de tes faits et gestes mon amour) Tu ne m’entends pas évidemment. En bon petit Chaperon Rouge, tu ne te rends pas compte du danger et nous continuons chacun notre chemin. Tu es triste et tourmentée. Je suis tendu et empli d’adrénaline. Le chasseur et sa proie. Je suis à l’affût du moindre changement d’air, des vols d’oiseaux ou encore, du bruissement des feuillages. Tu pourrais une fois encore changer d’avis et t’en retourner les rejoindre. Chose qui me contrariait beaucoup, car, aujourd’hui, nous sommes dans l’une des rares fois où je n’ai aucun contrôle sur la situation. J’aperçois la rivière, aussi calme et lisse que peut l’être un cours d’eau en ce début d’hiver. Et nous continuons sur le chemin. Je suis suffisamment proche pour entendre les clics du capteur de merveilles et toi, les craquements des brindilles restantes, cachées sous la neige, qui annonce une présence. Promenons-nous dans les bois Pendant que le loup n’y est pas… (Je suis là, devant toi.) Soudainement, je suis devant toi et ton regard s'élargit manifestement choquée. Tu n'as pas anticipé cette rencontre, et les révélations subséquentes bouleversent tant ta compréhension de la situation que ton sens de l'identité. Tu as une stature moyenne, des cheveux bouclés taillés en un court carré qui encadre avec éloquence ton visage, et une teinte rousse qui, à mon sens, sublime ta peau claire, tes lèvres légèrement rosées et tes yeux en amande qui portent la couleur changeante de la noisette. Cependant, ces détails sont ineptes – un embellissement frivole à notre récit. Le silence nous enveloppe un moment, seuls les battements irréguliers de ton cœur troublé brisent la quiétude de cette scène suspendue dans l'instant. Promenons-nous dans les bois Pendant que le loup n’y est pas. Si le loup y était. Il nous mangerait. (Il est trop tard.) Pardonne mon approche, Hailey, mais il est impératif que tu me suives sans tumulte. Rapidement, tu t'évanouis. Ta chute est souple, tes cheveux éparpillés sur l'épaule improvisée que je te fais, tandis que je récupère ton sac tombé avec une célérité perturbée – soucieux de chaque fragment de toi. La nuit engloutit nos silhouettes dans son opaque étreinte alors que je te transporte à travers l'enceinte du bois, où les flocons de neige commencent à danser avec lenteur, dissimulant nos traces, les transformant en mémoire floue de notre passage. Là où nous allons, personne n'a besoin de te retrouver. La chanson se dissipe dans l'air frigorifié, l'écho d'un ancien mystère qui reste entre les mains prudentes du destin. C'est tellement mystérieux, l'amour. Le lendemain, tu te réveilles en sursaut, une sensation d'effroi parcourant ton corps. Ton dernier souvenir te ramène à cette forêt, avec les arbres blanchis encerclant ton chemin. Ta vision tourne légèrement, et un vertige désagréable t'envahit lorsque tu te lèves. La vision d'une robe légère en remplacement de tes vêtements te surprend. Tu te sens perdue et confuse, cherchant frénétiquement des indices pour nier cette étrange réalité, clignant des yeux à plusieurs reprises dans l'espoir de te réveiller chez toi ou aux côtés de Matthew. Malheureusement, aucune issue ne se présente, plongeant ton esprit dans une inquiétude grandissante. J’observe tes réactions depuis la caméra fixée au plafond. Je connais ta réticence à la nouveauté, d'où cet endroit. J'ai mis quelques années pour le peaufiner, j'espère qu'il sera à la hauteur de tes attentes. N'abîme pas trop tes cordes vocales, princesse, ce sous-sol est complètement insonorisé. Tu observes le plafond pour narguer la caméra et son faisceau rouge, signalant sa mise en marche. Tu lèves ton majeur en signe de défi, mais c'est une tentative pitoyable pour te rassurer. — C’est quoi ces conneries ? Je sais ce que tu te dis : « c’est sans doute une mauvaise blague, on va venir m’ouvrir d'ici à un moment... ». Navré ma puce. Personne ne viendra jusqu’ici. Jamais. Tu t’en apercevras bien assez tôt. Tes paroles réconfortantes sont vaines. Toujours étourdie, ta tentative de te relever se solde par une chute douce, et tu finis par t'asseoir, massant tes chevilles avec hésitation. — Qu'est-ce que c'est que cette chaîne, putain ? J’ai l’air d’un clebs ou quoi ? La rage s'empare de ta voix tremblante tandis que tu inspectes avec incrédulité la lourde chaîne cliquetant sinistrement autour de ta cheville. Tu es toujours aussi amusante, mon ange. Là où d'autres se seraient horrifiés et auraient du mal à garder leur calme, tu prends ça d'une manière bien trop légère, ce qui me surprend d'autant plus. Finalement, tu te redresses avec détermination et commences à explorer la pièce, cherchant en vain ton sac, objet auquel tu tiens beaucoup. Tu sais, on en apprend beaucoup d'une personne en examinant son contenu ? J’ai pu m’en apercevoir à plusieurs reprises. Au fond s’y trouvent les choses les plus importantes, celles qui n’en sortent jamais ou très rarement. Des objets que tu qualifies de vitaux, à tort. Ton appareil photo, ton cahier d’écrits et tes stylos favoris. Je n’ai connu personne d’autre que toi avec cette capacité. Avoir des stylos préférés, c’est saugrenu ! Mais cela te ressemble bien, princesse. Viennent ensuite les objets de la vie courante, ceux qui te définissent aux yeux du monde : ton portefeuille désespérément vide, ta carte d’identité et tes clefs. J’ai pris soin de jeter la lettre de l’abruti en plus de tes photos, ne t’en fais pas. Tu continues ton inspection, mais tu ne vois rien. Cet endroit est sombre et humide. Assez grand pour contenir une petite table avec une rame de papier et tes stylos favoris, ainsi qu'une chaise bancale. Tu m’excuseras, mais c’est ce qui se passe quand tu fixes du bois dans un sol de béton. Tu as sans doute remarqué que tu étais sur un lit des plus confortables. Le sommeil est une chose importante, c'est pour cela que j'ai choisi de t'offrir ce matelas Bultex coûteux, celui-là même que tu convoitais lors de notre dernière visite en magasin. Il n’y a aucune fenêtre, tu n’en auras pas besoin. Le peu de lumière filtre par cette énorme porte en bois, qui, tu l'apprendras bien assez tôt si tu restes sage. Elle cache un couloir muni d'une pièce contenant une petite douche, à laquelle tu n'as bien évidemment pas accès, suivie d'une vraie porte. Les murs de la pièce semblent être faits de briques. Souviens-toi, j’hésitais entre deux modèles : la plaquette de parement pierre naturelle multicolore élégance et celle en pierre naturelle beige/grise élégance. Tu trouvais la première plus amusante, originale. Je présume qu’elle te plait autant que ce jour-là, à Leroy Merlin. Qu’il te rappellera notre crise de rire interminable pour une raison des plus minables ! Amanda et ses manies. Elle ne nous gênera plus, sois-en sûre. Au fond se trouve le vieil escalier rongé par le temps que j’ai récupéré l’air de rien au Café. Ils comptaient le brûler, tu sais. Prenant appuie sur le mur de pierre, tu montes lentement les marches et, arrivée en haut, tu cherches en vain la poignée. Désolé mon Amour, cette maudite porte, comme tu le hurles, est fermée de l’extérieur. Tu n’es pas suffisamment sage. Regarde-toi. Tu manques de force et pourtant, tu te mets à gémir sans raison. Bon peut-être pas sans raison : de ton point de vue, tu es enfermée, on ne sait trop où une prisonnière probablement perdue au milieu de nulle part et loin de toute civilisation. Ce n’est pas tout à fait juste ma chérie. Et baisse d’un ton, tu me donnes mal à la tête. Je répondrai à tes questions au moment que je jugerai opportun. Où est donc passé ton détachement, l’impassibilité qui t’animait tout à l’heure ? Je m’agace lorsque tu commences à hurler de frustration et à gémir bruyamment. Arrête de gueuler comme une truie putain de bordel de merde ! Regarde ce que tu me fais faire ! Un bruit sec retentit dans la pièce lorsque ma main heurte brusquement la table. Le résultat ne se fait pas attendre : ma tasse préférée bascule et s'écrase violemment, laissant s'échapper un fracas de débris. Tu vas payer pour ça et ce ne sont pas ces horribles cris d’incompréhension colérique qui t’aideront, sache-le. Calme-toi, tu frises l’hystérie. Ce n’est que moi, ton âme sœur. Tu te recroquevilles sur toi-même, au plus loin sur le lit même si cela te blesse un peu plus le pied enchaîné. Tu n’as plus rien de différent de toutes ces autres petites putes finalement. Tu es maintenant terrorisée. La gorge nouée, tu penses certainement que tu vas suffoquer. Respire mon Amour. Voilà comme ça. Prends une grande goulée d’air et inspire profondément. Puis expire le plus calmement que tu puisses et recommence. Des larmes se mettent à couler le long de tes petites joues et des sanglots s’échappent. Mon joli petit hamster bouffi. Tu tentes de les contrôler, tu ne veux pas abandonner la partie, mais tu ne comprends pas l’inutilité de ta réflexion. Je reste indécis. Dois-je venir t’aider à contrôler les tremblements qui te prennent alors que cette vision de toi m’excite d’autant plus que je te connais ? Tu seras difficile à briser, ma bouleversante amie.

Chapitre 2 :
Le loup et le chaperon rouge

de l'histoire
Enquête
par SaraB
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