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The Root Book facilite l'écriture collaborative

Tu veux écrire de la fiction à quatre mains, à six mains, ou même plus, facilement et sans avoir de co-auteurice ?

The Root Book est un site d'écriture collaborative unique, où n'importe qui peut participer à n'importe quelle histoire et à n'importe quel moment de l'histoire.

Quel que soit ton genre préféré - fantastique, romance, science-fiction - ta voix a sa place ici. Seule l'imagination est la limite !

La ramification des histoires

The Root Book fonctionne sur le principe d'une arborescence des chapitres : un seul prologue donne naissance à de nombreux chapitres 1, qui sont les débuts d'histoires Chaque chapitre peut avoir autant de suites que possible, et chacune de ces suites peut à son tour se diviser en de nombreuses histoires.


Image illustrant la ramification des chapitres
Image illustrant la ramification des chapitres

Il te suffit d'un pseudo et d'un email pour te mettre à écrire

Si tu as besoin d'améliorer ton écriture, tu peux relever les défis d'écriture et ainsi travailler, tout en voyant ce que les autres écrivains proposent.
Et si tu as une idée, tu peux créer ton propre défi à la suite du prologue, juste en cliquant sur la case "défi".

Beaucoup d'histoires par de nombreux auteurs

The Root Book est un site très dense, avec sa multitude d'histoires qui possèdent tous leur propre multivers. Pour t'aider à naviguer dans cet arbre géant, plusieurs outils sont à ta disposition.

L'arbre des histoires te permet de visualiser la structure de chaque histoire et de comprendre comment les différents chapitres s'articulent entre eux. C'est un excellent moyen de voir l'ensemble de l'histoire et de choisir où tu souhaites contribuer.

Notre système de tags te permet de trouver des histoires qui correspondent à tes centres d'intérêt. La page des tags. Sur chacun de tes chapitres, tu peux ajouter les tags que tu veux, même ceux que personne n'a encore utilisé !

Le Concept Unique de The Root Book

The Root Book, c'est une expérience littéraire unique que je t'invite à découvrir. Ici, la magie de l'écriture collaborative prend vie. Chaque histoire se transforme en un véritable cadavre exquis où chaque auteur apporte sa touche personnelle, pour une aventure littéraire sans pareil.

Chaque histoire possède son propre multivers !

The Root Book est porté par une association à but non lucratif, qui a pour mission de fournir un outil 100% gratuit et en ligne pour tous, afin que chacun puisse exprimer sa créativité.

Si tu es enseignant·e ou professeur et que tu souhaites utiliser notre plateforme pour ta classe, n'hésite pas à m'envoyer un message pour me poser toutes les questions. D'autres ont déjà passé le pas.

La Monnaie de l'Imagination : Les Points TRB (🌳)

Sur The Root Book, chaque action compte. Les points TRB, symbolisés par le petit arbre 🌳, sont une manière de récompenser ta participation active à la plateforme. Tu les gagnes en écrivant (que ce soit des chapitres ou des commentaires), en donnant et recevant des coups de pouce, en relevant des défis et même en faisant un don à l'association T.R.B.

Ces points ont de la valeur ! Ils peuvent te permettre d'afficher des liens vers tes réseaux sociaux, augmentant ainsi ta visibilité au-delà du site. Tu peux également proposer de nouvelles façons de les dépenser directement sur ton compte.

Nos Chiffres-Clés et des Tags

The Root Book, c'est une communauté dynamique et des histoires incroyables à découvrir.

510 auteur·rice·s inscrit·e·s
691 chapitres coécrits
868152 lectures

Voici les tags préférés sur la plateforme :
Collaboratif (203) Écriture (178) Début (147) Concours (127) Prologue (126)
(Si ton genre de prédilection ne s'y trouve pas, peut-être que tu devrais envisager de créer un compte pour remédier à ce problème !)

Si jamais tu es perdu, surtout n'hésite pas

Si tu as plus de questions, il existe une FAQ.

Si tu as des suggestions ou si tu rencontres des problèmes sur le site, n'hésite pas à me contacter. Je suis là pour t'aider et répondre aux demandes dans les plus brefs délais. Tu peux me contacter via le formulaire de contact.

Un site avec de fortes valeurs collaboratives

En tant qu'association, The Root Book est ouvert à de nombreuses possibilités de partenariat. Que tu sois une association, une entreprise, un blogueur ou un influenceur, nous sommes toujours ravis d'explorer de nouvelles collaborations.

Nous disposons d'un système de visibilité efficace qui peut aider à promouvoir ton travail ou ton organisation à travers notre plateforme et notre communauté d'auteurs passionnés.

Si tu es intéressé par un partenariat avec The Root Book, n'hésite pas à prendre contact via le formulaire de contact ou à l'adresse email suivante : information.the.root.book@gmail.com.


Les derniers Défis et Chapitres

Chapitre 2 : A l'origine

de l'histoire Sève Ignée
par SandyGeorges
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- Papa, j’ai faim ! - Oui on va s’arrêter dans quelques minutes au point de vue de l’aigle noir. Tu vas voir c’est très beau.Mon père était de ceux que la nature émerveillait dans tous ses détails. Il était habité par cette idée que chaque élément qui la composait avait sa place y compris nous.Le point de vue était effectivement à couper le souffle. Mais, moi, j’avais fai…



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Chapitre 1 : Sève Ignée

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Le monde finit de s’écrouler.J’en suis l’instigateur. Involontaire, bien que d’autres soutiennent le contraire.Ils ont sans doute raison.Je me voile la face. Encore et encore. Depuis l’arrivée de la crise, je cherche une échappatoire. Moi, l’être le plus haï de la planète, le scientifique devenu paria. Celui qui se cache dans son bunker d’après-guerre. De toute mon âme, j…



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Chapitre 1 : Je t'aime

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Défi : Les points sur les i

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Beaucoup d'histoires ici commencées restent malheureusement sans lendemain, ce qui chagrine un tantinet mon faible esprit qui abhorre les conclusions trop ouvertes.Et si, même si cela nécessite de sauter quelques chapitres, qui seront complétés par la suite, nous imaginions des fins pour ces histoires ? Une, deux, pourquoi pas trois afin que les autres puissent choisir la…



948 lectures
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Défi : Un poème par jour

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Je vous propose un petit défis, auquel je vais moi-même me soumettre ce mois-ci.L'idée, c'est d'écrire un poème par jour pendant un mois.La poésie est au final presque inexistante ici, alors que ça peut être très sympa à lire, et un exercice intéressant je trouve.Concernant les poèmes, il n'y a aucune règle. Que vous soyez un.e habitué.e de la poésie, ou que vous n'en aye…



1429 lectures
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Défi : Vers le Silence

par R.Th
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Si un ou deux personnes sont intéressées, je cherche quelqu'un pour jouer au jeu “Vers le Silence” de Craig Duffy, éditions DidasKalie (Association). Dans la mesure où je ne décris pas tout,  je ne pense pas que ça posera des problèmes de droit, mais si vous pensez que oui, merci de supprimer la page et je trouverai un autre moyen de jouer. C'est un jeu de rôle épistolair…



1516 lectures
1 suite
4 ramifications




Quelques Chapitres à ne pas oublier

Entre les rayons infinis, silencieusement, se déplaçait une grande silhouette aux allures sombres.Elle était drapée d’étoffes blanches, légères, et lâches.Ses mains étaient découvertes, de même que ses pieds, et sa tête. Ses bras, cachés si baissés, se découvraient quand elle les levaient.De long cheveux blanc lui tombaient au milieu du dos et en cascade sur ses épaules, se confondant presque dans sa barbe tressée, dont lesdites tresses étaient cerclées en leurs pointes par des bijoux cylindriques de métal aux motifs inexplicables.Ses yeux fatigués possédaient des pupilles d’un blanc laiteux, contrastant avec un iris bleu glacé.Ses mains étaient, bien que de grande taille, menues. Les doigts étaient fins, dépourvus de cicatrices, et longs. Chacun d’eux portait une bague de métal, et chacune de ces bagues montrait un symbole, similaire à ceux de la barbe, mais unique à chaque bijou.Ses pieds eux étaient plus bruts. Leurs plante étaient cornée, les talons et chevilles épaisses, comme si la silhouette avait marché pieds-nus toute sa vie.Toute sa peau était ridée, marquée par les âges. Mais surtout, elle était tatouée du même genre de symboles dont ses bijoux étaient marqués. Cependant, ceux sur sa peau, à savoir ses mains, ses bras, ses chevilles, étaient reliés les uns aux autres par des chaînes tatouées, et comportaient plus de similitudes entre eux que ceux marqués dans le métal. La bibliothèque, elle, était immense. En réalité, il était impossible d’en voir la fin, ni même s’il y avait une fin. Les étagères étaient de bois, un bois sombre, légèrement teinté de bordeaux. Elles étaient vielles, de petites fentes se faisaient voir ici et là, et les planches supportant les épais grimoires présentaient un léger arc.Toutes les étagères étaient strictement les mêmes, alignées les unes aux autres, ne laissant comme seule inhabitude des espaces de vide permettant de passer d’une aile à l’autre.Indiscernablement, toutes ces allées finissaient pas se rejoindre au cœur même de la bâtisse. Ici, une gigantesque sphère de pierre de cinq mètres de diamètre trônait, flottant deux mètres au dessus du sol. Sous la sphère, un muret circulaire d’un mètre de haut et soixante-dix centimètres de large, fait de pierres brutes et de chaux, formait un bassin d’eau de deux mètres de diamètre.L’eau y était claire, laissant apparaître le fond, fait des mêmes pierres que le muret, là où le reste du sol de la bibliothèque était fait de pavés, usés par les âges à subir les pas lents de la silhouette.Autour de cette structure centrale, à deux mètres de distance du bassin, six bancs de pierre d’un mètre chacun formaient un hexagone. Les dalles étaient simples, il n’y avait pas de dos, ni d’accoudoirs.À trois mètres des bancs, douze tables massives en bois prenaient place, rectangulaires, de cinq mètres sur deux, serties de deux blanc, formant cette fois un dodécagone. Étrangement, ce qui permettait de connaître cette précision des distances étaient trois repères gravés dans le muret, d’un mètre, placés en triangle équilatéral. Les infinies allées de livres, elles, commençaient quatre mètres au-delà des tables.Respectant le même paterne géométrique, il y avait vingt-quatre départs d’allées.Ensuite, quand l’espace entre deux allées se faisait trop grand, une nouvelle commençait, de façon à ce que jamais plus de deux mètres ne les sépare. La silhouette, l’homme, qui errait en ces lieux, faisait deux mètres de haut, et était proportionné comme un humain normal. Les grimoires étaient d’épais livres aux reliures de cuir. Chacun d’eux était nommé par la tranche et le devant en lettres d’or. Cependant, ces lettres n’étaient d’aucun langage terrestre, pas plus que la langue associée.L’homme se saisit de l’un de ces ouvrages. Un petit nuage de poussière s’envola.L’homme leva alors les yeux, semblant regarder ce simple nuage de poussière disparaître dans les ténèbres qui surplombaient cette bibliothèque, absorbant jusqu’au dernier grain de lumière, qui éclairaient pourtant la bibliothèque sans qu’aucune source de lumière n’existe. S’approchant de l’étrange sphère de pierre, dont l’apparence n’était pas parfaitement lisse, comme si la chose s’était naturellement formée, l’homme posa son livre sur une stèle de pierre.La stèle reposait sur une petite colonne, et était inclinée, de façon à rendre l’utilisation du livre simple.C’était là le seul élément isolé, hors de la géométrie du lieu.La stèle était gravée des mêmes symboles dont la peau de l’homme était marquée. Quand l’homme ouvrit l’ancien livre, un univers apparut en lieu et place de la sphère de pierre.Il faisait par ailleurs l’exacte même taille, et flottait lui aussi au dessus du sol.Le bassin d’eau, jusque là calme et imperturbé, était désormais parcourut de vaguelettes partant du centre vers ses bords, comme si l’univers au dessus le frappait de vents faibles, et reflétait les milles et unes couleurs de l’univers au dessus de lui. L’homme, lentement, tournait les pages de ce livre, rempli des mêmes lettres et de la même langue que sur la tranche et le devant, bien que noires cette fois ci.Après plusieurs pages, il s’arrêta, parcourut du doigt la page de droite, s’arrêta encore, et finalement referma le livre.À ce moment, l’univers disparut, la sphère de pierre reprit sa place, et le bassin retrouva son calme. Les gestes de l’homme étaient lents, et il n’avait eu l’air nullement impressionné par le spectacle qui s’était déroulé.Était-ce de la fatigue, après avoir parcouru ces lieux et répété les mêmes gestes durant des âges, ou du à un désintéressement vis-à-vis de tout cela ? L’homme regarda le livre durant quelques petites secondes, alla ensuite reposer le livre, et repartit dans l’infini des rayons de la bibliothèque.

Chapitre 1 :
La bibliothèque

de l'histoire
La bibliothèque
par Laurent
Début Écriture Collaboratif

          Cette nuit-là, la lune était ronde et brillante dans le ciel nocturne dénué de nuages, mais son éclat était éclipsé par le rayonnement de l'arbre. Plus grand que les immeubles que son large tronc turquoise avait bousculé en se développant et que ses longues branches couvraient de leur ombre, les feuilles azurées au bout de celles-ci scintillaient constamment, illuminant la ville comme en plein jour. Ce n'est pas sans raison si la ville bourdonnait d'activité autant de jour que de nuit ces derniers temps. Il n'y a encore pas si longtemps, Séléna pouvait dormir paisiblement la nuit sans cet éclairage, certes magnifique, mais qui filtrait même à travers ses volets et rideaux, donnant à sa chambre un air mystérieux et irréaliste.           Appuyée au rebord de sa fenêtre, l'adolescente observait le titan feuillu qui fut soudain halé d'une jolie teinte mauve, le signe que quelqu'un avait jeté sa pièce et fait son vœu. La Fontaine, appelait-on dans cette région le bassin au pied de l'arbre. Ailleurs, il était parfois surnommé Puit ou Etang. Peu importe le nom, tous avaient cette étrange capacités à réaliser les vœux. Pas n'importe lesquels, bien sûr, mais assez pour que plus personne ne puisse en douter. Elle ne se détourna de cette vision qu'en entendant de faibles coups à sa porte. - Entre.           Son jumeau glissa la tête par la porte, ses lèvres s'étirant en un sourire presque bête tant il brillait de joie en la voyant, puis entra en refermant derrière lui. De son pas si léger qu'il ne faisait pas le moindre bruit malgré le parquet grinçant, il la rejoignit et s'arrêta près d'elle, ses yeux gris levés vers le feuillage de l'arbre. C'était bien le seul aspect physique qu'ils avaient en commun, leurs yeux. C'était toutefois suffisant pour comprendre qu'ils partageaient le même sang, bien que les gens se montrent toujours surpris en apprenant qu'ils étaient jumeaux. Ils pointaient toujours du doigt leur chevelure, celle de la sœur étant d'un noir d'encre tandis que le visage du frère était encadré de boucles dorées comme le soleil. D'où son prénom, Hélios, que leurs parents avaient trouvé aussi original qu'adapté.           Oui, ils aimaient la mythologie. - Tu vas me tuer, dit-il sans pour autant paraître coupable.           Il jeta un regard à sa sœur dont les yeux s'étaient dangereusement plissés. Était-il judicieux de continuer ? Se demanda-t-il. Il était trop tard de toute façon, elle ne le lâcherait pas tant qu'il ne se sera pas expliqué ou l'apprendrait de la bouche de quelqu'un d'autre. Décidant que tourner autour du pot le desservirait, il lâcha franchement : - Je suis allé faire un vœu.           Aucune réaction. Des sueurs froides lui coulèrent le long du dos. Il risqua un nouveau coup d'œil à sa jumelle et la trouva raide comme une statue, son visage s'empourprant à une telle vitesse qu'il commença à craindre pour sa santé. Il n'eut toutefois pas le temps de lui conseiller de se calmer et grimaça lorsqu'elle se mit à siffler de colère : - On s'était mis d'accord pour ne pas en faire ! Qu'est-ce qu'il t'a pris ? - Les garçons ont de bons arguments, se défendit-il avec un rire nerveux. Je me suis laissé tenter, désolé. Mais ce n'est pas comme si ça faisait du mal... - Dans quel monde tu peux faire un vœu et le voir exaucé gratuitement ?           Elle avait raison, et il le savait parfaitement. Depuis l'apparition des Fontaines, la population était divisée entre ceux qui n'hésitaient pas à profiter de ce miracle, et ceux qui s'en méfiaient, le pensant trop beau pour être vrai. Mais des mois avaient passé et personne n'était tombé raide mort ou n'avait perdu son âme. Aucune calamité n'avait frappé le monde et ceux dont le vœu a été exaucé n'ont pas perdu ce qu'ils avaient gagné. Tout cela prouvait, selon lui, qu'il n'y avait aucun danger. Il allait lui dire tout cela lorsque la Fontaine brilla d'un éclat nouveau, si intense qu'il attira leur regard à tous les deux.           Devenu éblouissant, le feuillage dansait et bruissait sous la caresse d'une brise inexistante. De bas en haut, le tronc se para de veines argentées pulsant de plus en plus rapidement, tel les battements de son cœur. Les fenêtres encore noires s'allumèrent les unes après les autres, les visages sortaient les uns après les autres afin de mieux observer l'étrange phénomène. Puis, un tremblement les fit tous vaciller.           Une drôle d'impatience s'empara d'Hélios qui se pencha également par la fenêtre alors que la joie faisait gonfler son cœur. Il ne savait pas pourquoi, ignorait ce qui allait se produire, mais au fond de lui, il était certain que cela ne pouvait qu'être incroyable. Glorieux. Au contraire, Selena prit deux pas de recul, les yeux écarquillés. Le sang battait contre ses tempes, brûlant et bruyant. Une telle réaction ne pouvait être bon signe mais demeurait moins inquiétante que celle de son frère. En voyant celui-ci presque plié sur le rebord de la fenêtre, elle commença à tendre la main pour l'attraper et le tirer en arrière. Avant de pouvoir l'atteindre, toutefois, la terre trembla si fort qu'elle tomba à genoux.           Hélios siffla de douleur en sentant le bois rentrer dans son abdomen mais refusa de détourner le regard, comme hypnotisé tandis qu'un murmure qu'il savait instinctivement réel venait caresser ses oreilles, susurrant des mots incompréhensibles mais d'une douceur semblable à du velours sur un ton aussi sucré que le miel. Un frisson parcourut son corps tout entier. - Hélios, écarte-toi de cette fenêtre !           A nouveau sur ses pieds, Selena s'agrippa au bras de son frère pour tenter de le tirer vers elle mais il était aussi inébranlable qu'une statue. Elle avait beau s'échiner et s'agiter, il ne bougeait pas d'un centimètre. - Tu ne l'entends pas ? Murmura-t-il d'une voix tremblante. - Entendre quoi ?           La lumière bleutée se rassemblait en un seul point, là où le tronc se fendait en deux avant de développer toutes ses branches. Concentrée en une seule sphère, elle en devenait aveuglante au point de forcer les jumeaux à fermer les yeux, comme si le soleil lui-même était descendu sur Terre. Puis, elle s'amenuisa peu à peu, dévoilant en son centre une silhouette encore indistincte. Collée à son frère subjugué, l'adolescente déglutit, figée d'angoisse.           Un corps apparu. Aussi grand qu'une maison et humanoïde. Sa peau était de la même nuance que les feuilles de l'arbre. Le couvrant telle une couverture, sa longue chevelure mauve brillait de mille étoiles. Et, lorsque la lumière eut totalement disparu, l'être inhumain ouvrit enfin ses trois yeux aux longs cils. Malgré la distance, il était facile de voir la sombre et profonde couleur violette des iris. Ils partirent tous les trois dans une direction différente. Balayant frénétiquement la ville, fouillant, cherchant, repérant. Et un large sourire dévoilant des dents parfaitement blanches étira lentement les lèvres de la créature.           Hélios laissa échapper un soupir d'admiration. La beauté de cette créature ne saurait être égalée et son sourire éclatant et chaleureux ne faisait que rehausser l'aspect divin qui découlait d'elle.           Selena se recroquevilla. Ses membres tremblaient de façon incontrôlable. Car ce rictus annonciateur de sombres promesses ne pouvait être que celui d'un démon. - Hélios...           La créature commença à se redresser, plus grande encore qu'elle ne semblait l'être au premier abord. Ses bras s'écartèrent de ses flancs, ses mains au longs doigts ouvertes comme pour accueillir quelqu'un. Sa bouche s'ouvrit  et sa poitrine se souleva. Un sifflement perça l'air et la créature fut jetée à terre. Le choc fit trembler la ville dans un horrible grondement et leva un nuage de poussière qui se répandit rapidement dans les rues, montant jusqu'aux derniers étages des immeubles, masquant toute la scène aux yeux des spectateurs. Cette fois, les jumeaux furent tous deux jetés au sol dans un cri de douleur. - Non...           Le blond fut le premier debout pour se jeter à la fenêtre. Il eut beau plisser les yeux, il était impossible de voir autre chose que des éclats de lumière et le feuillage. Selena le rejoignit en sifflant de douleur et en se tenant le bras droit sur lequel elle était mal tombée. Alors que la poussière retombait, elle entendait les cris, les klaxons et les alarmes retentir partout en ville. Au centre de tout ce chaos, sur les racines de l'arbre, la créature bleue gisait inerte, le regard vide sous le pied victorieux de son assassin. - Non !           Semblant à peine plus vieux qu'un garçon mais arborant le sourire d'un fou, il transperça la poitrine du corps d'une main, la tourna d'un quart de tour et la retira, tenant entre ses doigts une boule de lumière palpitante. Ouvrant largement la bouche, montrant des crocs dignes de la plus sanguinaire des bêtes, il y glissa son prix qu'il entoura de sa longue langue serpentine avant de l'avaler tout rond. Dans un sursaut accompagné d'un éclat de rire étranglé, il grandit subitement, brièvement halé d'une lueur bleutée tandis que l'arbre au-dessus de lui perdait son éclat, dépérissant à vue d'œil. Ses feuilles ternes tombaient, ses branches se brisaient et son tronc se fendait. Et pendant ce temps, le garçon riait une mélopée grinçante.  Trois fois, il frappa dans ses mains. Leur claquement sec retentit loin, bien au-delà de la ville sur laquelle le silence s'était abattu. - Selena !           Aux pieds d'Hélios avaient surgi des chaînes d'argent qui s'enroulèrent autour de ses jambes et de ses bras comme le feraient des serpents déterminés à le dévorer. Chacun de ses mouvements les faisaient tinter et se resserrer jusqu'à l'empêcher de se mouvoir d'un seul millimètre. Selena aurait aimé l'aider si ses pieds n'étaient pas englués dans une espèce de flaque sombre dans laquelle elle s'enfonçait seconde après seconde. Elle tendit un bras vers son frère, cherchant désespérément à l'atteindre, en vain. - Hélios !           Ses épaules, puis sa tête et enfin son bras disparurent sous son regard.

Chapitre 1 :
La Fontaine du chaos

de l'histoire
La Fontaine du chaos
par Athelard
Début Écriture Collaboratif

Je pousse d’une main mollasse les barreaux de la grille d’entrée et traverse la cour en faisant racler mes chaussures de sécu sur le ciment brut. Devant, la face de l’entrepôt à l’air de se foutre de moi avec ses yeux en lampions et les dents d’un sourire en portes. Fait pas jour encore. Cinq heures, l’heure grise, juste avant que l’aube se pointe ; quand tout a l’air encore sali de fatigue, bien immobile comme pour rester un peu plus longtemps dans les draps nocturnes. J’y mets un terme en relevant l’interrupteur. Les néons s’allument un à un, douchant l’espace du magasin de cette lumière trop blanche qu’on retrouve dans tous les hangars, les hôpitaux et les lavomatiques. J’essaye d’imaginer un lien entre les trois. Puis j’abandonne rapidement, me préparant un café dans le bureau. Je m’affale dans le fauteuil en posant mes pieds sur la paperasse comme si j’étais le chef ; c’est pas si tôt qu’on le verrait débarquer de toute façon. J’ai les yeux qui collent et l’odeur du tabac froid au coin des lèvres, sale journée qui commence. Derrière la vitre en plexiglas, je scrute les échafaudages d’acier. Les tuyaux interminables en PVC, les tasseaux traités et ceux non traités, les sacs de plâtres, de gravillons, de gravier, de sable, de ciment… Je regarde les sachets de vis de tous diamètres à côté des visseuses-perceuses, des raboteuses et des taille-haies. Je regarde tout ce bordel bien calé dans le fauteuil, attendant sans me presser que les collègues arrivent. Je me redresse brusquement en laissant échapper un juron. En haut, la tôle ondulée du toit laisse passer la couleur trop vive d’un soleil bien levé. Je me suis assoupi. Je me redresse pour voir la grosse horloge fixée au mur. Déjà neuf heures ! Je vais pour me lever presto quand je remarque le silence aussi parfait qu’à mon arrivée. Personne. Non seulement on me fait venir pendant les vacances, et en plus je suis le seul con à accepter… J’attrape mon café froid, le vide d’une traite, et en relance un avant de faire un tour pour vérifier qu’ils sont pas planqués quelque part pour me faire la blague. Après quelques menus travaux de manutentions, je me retrouve les bras ballants, à arpenter les rayonnages. Je parle tout haut. Parce qu’un grand espace comme ça, ça fait mieux de le combler, pour pas être trop mal à l’aise. Je repense aux lavomatiques et aux hôpitaux mais c’est pas très gai ce qu’on peut en dire. Alors j’éteins les lumières et je vais manger mon casse-croûte un peu en avance : ça leur apprendra à me faire venir pour rien, je me dis. Je retrouve la fraîcheur du hangar avec satisfaction. Dehors, la chaleur vous écrase contre le sol bitumé. Dans le demi-jour de l’entrepôt aux murs aveugles, je continue mes va-et-vient, imitant différentes démarches pour passer le temps. La lumière tombe verticalement sur les amas d’objets qui prennent des teintes assourdies, limant leurs détails dans une ambiance de cathédrale du bricolage. Le tic-tac entêtant de l’horloge semble ralentir pour prolonger mon désœuvrement. Il résonne de plus en plus fort jusqu’à empiéter sur mes monologues. Et puis j’ai épuisé toutes les façons de mettre un pied devant l’autre. Alors je commence vraiment à déconner. Je me mets à courir un peu. Je fais des feintes aux palettes lestées de machines à laver et aux tracteurs tondeuses rangés en épi. Me plaque contre les faux murs carrelés d’échantillons de faïences pour semer un poursuivant invisible. Plus je fais le con, à me dire qu’il y a quelqu’un avec moi, plus le silence devient pesant quand je m’arrête. Je commence à voir des ombres bougées au travers des rayonnages. Le bruit des aiguilles de l’horloge ressemble parfois à des pas au loin. Je suis tellement en train de me monter la tête que je décide de rallumer les lumières. Quand la clarté clinique des néons revient, je souffle un peu et me marre tout seul. Un vrai gosse. Pour m’occuper et dissiper les restes de parano, je reprends le chariot élévateur et entreprends de bouger des tas d’électroménagers sous cellophane, et ainsi compléter une belle journée de travail inutile. Je me suis à peine engagé dans l’allée centrale que j’aperçois dans le rétroviseur un homme debout me fixant. Mon sang fait un tour et, dans la panique, mon volant deux. Je n’ai pas le temps de freiner que j’empale le véhicule dans le rayon peinture. La structure plie et une avalanche de pots explosent au sol. Une flaque chamarrée se propage entre les pieds en fers et les îlots de produits. Je la regarde s’étendre, hébété, jusqu’au pied d’une pancarte publicitaire découpant la silhouette d’homme hilare, pinceau en main.

Chapitre 1 :
Hagard au hangar

de l'histoire
Hagard au hangar
par Néant-Blanc
Défi Écriture Travail

✍️ Participation à la vie du site :
🌿 Quand les jours rallongent en 2025 🌞

R.Th est en tête de la course avec un impressionnant total de 2782 🌳 !



Laurent est à ses trousses avec 2111 🌳 !



Shadowlight fait une belle performance avec 488 🌳. Continue comme ça !



Plume et ses 194 🌳 se battent pour une place sur le podium.



Yljm33 atteint un score honorable de 173 🌳.


La légende raconte que les "🌳" sont des points TRB, précieux comme des carats pour un diamant sur The Root Book. Curieux de savoir comment en gagner ?
Découvrez les secrets dans les règles du jeu situées en bas de cette page.
Ton total de points TRB est visible sur ton profil, où tu peux également les utiliser pour débloquer des avantages exclusifs tels que des liens vers ton site web, tes livres ou tes réseaux sociaux.

Si tu veux découvrir les anciens classements.





Les auteur·ice·s en vogue

Ceux et celles à la limite du flood



Bat.Jacl

a publié 99 chapitres.


R.Th

a publié 64 chapitres.


Wargen

a publié 63 chapitres.

Les commentateur·euse·s



Bat.Jacl

a écrit un total de 554 commentaires.


Lyn

a écrit un total de 222 commentaires.


Laurent

a écrit un total de 170 commentaires.

Les semeur·euse·s de graines



Les chapitres de

Bat.Jacl

ont engendré 78 suites.


Les chapitres de

Wargen

ont engendré 63 suites.


Les chapitres de

R.Th

ont engendré 49 suites.

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