The Root Book

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The Root Book facilite l'écriture collaborative

Tu veux écrire de la fiction à quatre mains, à six mains, ou même plus, facilement et sans avoir de co-auteurice ?

The Root Book est un site d'écriture collaborative unique, où n'importe qui peut participer à n'importe quelle histoire et à n'importe quel moment de l'histoire.

Quel que soit ton genre préféré - fantastique, romance, science-fiction - ta voix a sa place ici. Seule l'imagination est la limite !

La ramification des histoires

The Root Book fonctionne sur le principe d'une arborescence des chapitres : un seul prologue donne naissance à de nombreux chapitres 1, qui sont les débuts d'histoires Chaque chapitre peut avoir autant de suites que possible, et chacune de ces suites peut à son tour se diviser en de nombreuses histoires.


Image illustrant la ramification des chapitres
Image illustrant la ramification des chapitres

Il te suffit d'un pseudo et d'un email pour te mettre à écrire

Si tu as besoin d'améliorer ton écriture, tu peux relever les défis d'écriture et ainsi travailler, tout en voyant ce que les autres écrivains proposent.
Et si tu as une idée, tu peux créer ton propre défi à la suite du prologue, juste en cliquant sur la case "défi".

Beaucoup d'histoires par de nombreux auteurs

The Root Book est un site très dense, avec sa multitude d'histoires qui possèdent tous leur propre multivers. Pour t'aider à naviguer dans cet arbre géant, plusieurs outils sont à ta disposition.

L'arbre des histoires te permet de visualiser la structure de chaque histoire et de comprendre comment les différents chapitres s'articulent entre eux. C'est un excellent moyen de voir l'ensemble de l'histoire et de choisir où tu souhaites contribuer.

Notre système de tags te permet de trouver des histoires qui correspondent à tes centres d'intérêt. La page des tags. Sur chacun de tes chapitres, tu peux ajouter les tags que tu veux, même ceux que personne n'a encore utilisé !

Le Concept Unique de The Root Book

The Root Book, c'est une expérience littéraire unique que je t'invite à découvrir. Ici, la magie de l'écriture collaborative prend vie. Chaque histoire se transforme en un véritable cadavre exquis où chaque auteur apporte sa touche personnelle, pour une aventure littéraire sans pareil.

Chaque histoire possède son propre multivers !

The Root Book est porté par une association à but non lucratif, qui a pour mission de fournir un outil 100% gratuit et en ligne pour tous, afin que chacun puisse exprimer sa créativité.

Si tu es enseignant·e ou professeur et que tu souhaites utiliser notre plateforme pour ta classe, n'hésite pas à m'envoyer un message pour me poser toutes les questions. D'autres ont déjà passé le pas.

La Monnaie de l'Imagination : Les Points TRB (🌳)

Sur The Root Book, chaque action compte. Les points TRB, symbolisés par le petit arbre 🌳, sont une manière de récompenser ta participation active à la plateforme. Tu les gagnes en écrivant (que ce soit des chapitres ou des commentaires), en donnant et recevant des coups de pouce, en relevant des défis et même en faisant un don à l'association T.R.B.

Ces points ont de la valeur ! Ils peuvent te permettre d'afficher des liens vers tes réseaux sociaux, augmentant ainsi ta visibilité au-delà du site. Tu peux également proposer de nouvelles façons de les dépenser directement sur ton compte.

Nos Chiffres-Clés et des Tags

The Root Book, c'est une communauté dynamique et des histoires incroyables à découvrir.

510 auteur·rice·s inscrit·e·s
691 chapitres coécrits
892263 lectures

Voici les tags préférés sur la plateforme :
Collaboratif (203) Écriture (178) Début (147) Concours (127) Prologue (126)
(Si ton genre de prédilection ne s'y trouve pas, peut-être que tu devrais envisager de créer un compte pour remédier à ce problème !)

Si jamais tu es perdu, surtout n'hésite pas

Si tu as plus de questions, il existe une FAQ.

Si tu as des suggestions ou si tu rencontres des problèmes sur le site, n'hésite pas à me contacter. Je suis là pour t'aider et répondre aux demandes dans les plus brefs délais. Tu peux me contacter via le formulaire de contact.

Un site avec de fortes valeurs collaboratives

En tant qu'association, The Root Book est ouvert à de nombreuses possibilités de partenariat. Que tu sois une association, une entreprise, un blogueur ou un influenceur, nous sommes toujours ravis d'explorer de nouvelles collaborations.

Nous disposons d'un système de visibilité efficace qui peut aider à promouvoir ton travail ou ton organisation à travers notre plateforme et notre communauté d'auteurs passionnés.

Si tu es intéressé par un partenariat avec The Root Book, n'hésite pas à prendre contact via le formulaire de contact ou à l'adresse email suivante : information.the.root.book@gmail.com.


Les derniers Défis et Chapitres

Chapitre 2 : A l'origine

de l'histoire Sève Ignée
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- Papa, j’ai faim ! - Oui on va s’arrêter dans quelques minutes au point de vue de l’aigle noir. Tu vas voir c’est très beau.Mon père était de ceux que la nature émerveillait dans tous ses détails. Il était habité par cette idée que chaque élément qui la composait avait sa place y compris nous.Le point de vue était effectivement à couper le souffle. Mais, moi, j’avais fai…



406 lectures
0 suites

Chapitre 1 : Sève Ignée

de l'histoire Sève Ignée
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Début Écriture Collaboratif

Le monde finit de s’écrouler.J’en suis l’instigateur. Involontaire, bien que d’autres soutiennent le contraire.Ils ont sans doute raison.Je me voile la face. Encore et encore. Depuis l’arrivée de la crise, je cherche une échappatoire. Moi, l’être le plus haï de la planète, le scientifique devenu paria. Celui qui se cache dans son bunker d’après-guerre. De toute mon âme, j…



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Défi : Vers le Silence

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Si un ou deux personnes sont intéressées, je cherche quelqu'un pour jouer au jeu “Vers le Silence” de Craig Duffy, éditions DidasKalie (Association). Dans la mesure où je ne décris pas tout,  je ne pense pas que ça posera des problèmes de droit, mais si vous pensez que oui, merci de supprimer la page et je trouverai un autre moyen de jouer. C'est un jeu de rôle épistolair…



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1 suite
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Quelques Chapitres à ne pas oublier

L'obscurité m'enveloppe, omniprésente, oppressante. Chaque jour se fond dans la nuit, sans distinction. Le besoin impérieux de comprendre cette obscurité permanente me pousse à agir. Les souvenirs des jours où la lumière du jour baignait le monde me hantent, souvenirs d'un temps révolu, d'un monde vivant. Aujourd'hui, je décide de sortir explorer la ville, à la recherche de réponses. Je me prépare méthodiquement pour cette exploration. Vêtements chauds pour lutter contre le froid mordant, une lampe torche pour percer les ténèbres, quelques provisions pour tenir la journée, et un carnet pour prendre des notes. Tandis que je rassemble mes affaires, mes pensées vagabondent vers la sécurité et la solitude. Est-ce vraiment prudent de sortir seule ? La question reste en suspens, mais la décision est prise. Les portes grincent en s'ouvrant, révélant l'extérieur sombre et hostile. L'air froid et humide m'enveloppe immédiatement. Chaque pas résonne dans le silence, comme si le monde entier était figé dans le temps. La sensation est étrange, presque surnaturelle, comme si marcher dans cette obscurité me transportait dans une autre dimension. Les rues de la ville sont désertes, envahies par les ténèbres. Les lampadaires sont cassés, les bâtiments en ruine, et la végétation envahissante reprend ses droits sur l'urbanité déchue. Le silence est pesant, brisé seulement par mes pas et les bruits occasionnels de quelques animaux nocturnes. La solitude me saisit de manière aiguë, chaque instant me rappelant que je suis seule dans cette quête. Je croise des voitures abandonnées, des maisons éventrées, et des objets personnels laissés en plein milieu des rues. Tout semble figé dans un cauchemar sans fin, une ville autrefois vivante désormais transformée en relique silencieuse de l'apocalypse. Au détour d'une rue, je trouve des journaux, des affiches déchirées et des notes manuscrites qui parlent des premiers jours de la nuit éternelle. Les récits sont fragmentaires, mais ils dépeignent un tableau de confusion et de panique. Des symboles mystérieux, graffitis et signes étranges, ornent les murs. Certains semblent récents, ce qui me pousse à réfléchir sur leur origine et leur signification. Peut-être contiennent-ils des indices sur cette obscurité sans fin ? Au loin, j'aperçois un observatoire astronomique perché sur une colline. Il se détache faiblement contre l'horizon obscur. Mon esprit s'emballe : pourrait-il contenir des réponses sur cette nuit éternelle ? Questions et hypothèses se bousculent dans ma tête tandis que je me fixe cet objectif. Je décide de m'y rendre, espérant y trouver des indices cruciaux pour comprendre ce qui est arrivé au monde.

Chapitre 2 :
Sous les Étoiles Éteintes

de l'histoire
Obscurité
par Bat.Jacl
Obscurité Poétique Étoile

J'assistai Harry dans la tâche. Ce n’était pas une mince à faire. Le corps s’était éteint depuis deux jours, la séance allait être intense pour chacun d’entre nous, même si je ne suis là qu’en soutien. Harry s’occupera du réveil dans sa globalité mettant Eva à contribution. Le démon de Harry était une tentatrice, elle pouvait influencer les gens avec sa voix. Elle était littéralement le démon sur l'épaule des gens.    “En gros c’est une sirène”  avais-je avancé à Harry quand il me l’avait présenté. Spoiler Alerte, ça n’avait pas du tout plu à Evangéline qui m’avait giflée. Je ne voyais pas pourquoi elle s’était mise en colère, mais après réflexion, c’était peut-être parce que j'avais mentionné le fait que les sirènes étaient mi-humaines, mi-thon. Ma blague n’avait fait rire que mon démon. Depuis nous ne pouvions pas dire que nous étions les meilleures amies du monde mais on se tolérait quand on n'avait pas le choix.   Et aujourd’hui, c'était justement un de ces jours où nous devions collaborer pour les bienfaits de l'enquête. La femme brune, aux jambes fines et mesurant des kilomtètres se tenait à la droite de Harry. Ils discutaient à voix basse sans que je puisse capter leur conversation. Certains inspecteurs des autres départements propageaient des rumeurs sur Harry et Eva (  le département occultisme principalement, ces sorcières étaient de vraies langues de vipères). Je ne savais pas quoi penser quand je les voyais si proches l’un de l’autre. Harry n’était pas du tout mon style, il était surtout bien trop vieux pour moi, mais je ressentai une pointe d'agacement quand elle lui caressait le bras pour le rassurer.    Il va en avoir besoin, car ce qu’on s'apprêtait à faire était d’une complexité sans nom. Nous allions d’une part réveiller le corps de sylvain mais surtout récupérer un bout de son âme pour trouver des infos sur notre tueur. Autrement-dit, nous allions réaliser un des réveils le plus complexe de la nécromancie.   Harry et Eva prirent place devant la table d'autopsie. Il me fit signe d’approcher. Je m'exécutai et Ches’ grimpa d’un bond sur la table. Il s’assit la queue replier sur lui en amont de la tête de Sylvain. Harry prit la main d’Eva et elle lui sourit tendrement. J’eu tout à coup envie de lui mettre mon point dans la figure. Harry s’adressa à moi :    “ Prête ? j’hochai la tête. Petit rappel, dit-il avec un clin d'œil. Ce réveil sera plus ardu que tout ce dont tu as pu être témoin jusqu'à présent. Je vais essayer de rattraper un bout de sa conscience en plongeant au fin fond de son esprit, enfin ce qu'il en reste. Ce sera douloureux donc Eva me servira d'ancrage. Elle se rédit à l’évocation de son nom. Puis, une fois que j’aurais attrapé un minimum de Sylvain, nous le réveillerons. Je te fais suffisamment confiance pour ne pas te rappeler la procédure de réveil.” Je le coupai dans son élan.   “J’ai révisé toute la nuit, je suis prête !” Harry paru dubitatif, Eva, elle, grimaça franchement.    “Bien, nous n’aurons pas besoin de céder une partie de notre âme si nous ne faisons pas d’erreur, et quand je dis nous, je veux dire…” reprit-il.   “Moi ! Je sais, je suis capable d’y arriver cette fois.” C’était à moi de grimacer maintenant en me rappelant ma dernière séance un peu corsée de nécromancie.   Harry hocha la tête puis se tourna vers mon démon.    “ Cheshire, acceptes-tu de nous assister, moi et Alice dans ce réveil?”   Harry et son grand sens du devoir, sans oublier son égocentrisme a tout épreuve, il oublie cependant que Ches n'a rien d’un démon ordinaire.   “Il fait ce que je lui dit de faire” dis-je, ce à quoi mon démon acquiesça avec un sourire.   “Je préfère m’assurer de la bonne coopération de tous les individus actifs dans le processus. Sur ce, commençons, Evangéline, je te confie mon âme.”   Elle se redressa et ferma les yeux. Harry avança et retira le drap qui recouvrait le visage de l’ancien inspecteur. Il traça les runes de réveil dans la chaire du torse de la victime avec un scalpel, puis il les traça sur ses paumes. Je fis de même sur mes poignets (mes paumes servant principalement à rappeler Ches’, je ne voudrais pas que les symboles interfèrent comme la dernière fois). Puis Harry commença les appelles et s’introduit dans l'esprit de Sylvain.   Le réveil s’éternisait depuis trois longues heures et nous n’avions pas pris une seconde de répit depuis. J’ouvris les yeux en cherchant Harry du regard pour savoir ce qui prenait tant de temps et si nous avions fait une erreur quelque part. C’étaient les yeux de Ches’ que je croisai cependant,  le sourire de mon démon s’étira et les yeux de Sylvain s’ouvrirent.  ******* Je passai la porte de la salle de repos du département de Nécromancie. Les muscles de mon dos subissaient encore les retombées de l’épisode : “réveillons Sylvain tous ensemble”. Le démon que je cherchai était assis sur le canapé de cuir positionné à droite du petit coin cuisine, faisant face aux portes-fenêtres du patio.   À cette époque de l’année, il faisait trop froid pour s’installer dehors. À l'exception du démon du vieux, il n’y avait pas âme qui vive dans la pièce austère (si on considérait toujours un démon comme une âme). Je m'installai à sa droite en posant mes pieds sur la table basse. Il émit un grognement de désapprobation. Qu’il pouvait être vieux-jeu parfois !   Je me surpris à me demander ce qu’était sa vie avant. Avant qu’il ne devienne… une âme en perdition. J’oubliais qu’il était un démon. Si je mettais de côté sa vitesse, son ouïe et son odorat, il semblait si… humain. C’est sûr que si on le comparait à Cheshire, il ne pouvait que paraître plus ... humain.   En parlant du loup, le chat se lova sur le pouf en plume disposé à proximité des portes-fenêtres. Je remerciai intérieurement Harry pour avoir défendu ma cause auprès du directoire du D.É.M.O.N.    Quelques jours auparavant, un énième conseil s'était tenu pour discuter du problème que posait mon démon. Chaque fois, une terreur primaire me glaçait les os, faisant écho au tout premier conseil. Celui datant de 5 ans, quand je m’étais liée à Cheshire. Le directoire voulait ma mort, ni plus, ni moins. J’étais, d’après eux, une bombe à retardement. Le vieux y siégeait et avait refusé. Il avait démontré mon utilité ainsi que l’atout que serait un démon sigma dans nos rangs. Suite à cette histoire, il prit la décision de quitter le conseil pour reprendre son poste d’inspecteur à plein temps. De mon point de vue, il était là pour garder un œil sur moi.    Un compromis avait été trouvé à l’époque, je devais garder Ches’ en moi la plupart du temps pour rassurer les employés du D.É.M.O.N., au détriment de ma santé, ce que je constaterai des années plus tard.   Après plus de 5 ans à me battre pour leur prouver que Ches’ n'était une menace pour personne tant qu'il était attaché à moi (pour personne à part moi), Harry, qui siégeait au conseil d'administration depuis cette année, avait enfin réussi à convaincre les vieux croûtons du directoire de m’accorder une audience. Je ne savais pas si c’était mon éloquence qui les avait convaincus ou bien, peut-être que c’était mon improvisation après leurs débuts de refus.   Je m’étais exprimée ainsi  : « soit vous me permettez de le laisser sortir 90 % du temps, soit je m’amuse à réveiller les cadavres de la morgue un par un et je les assigne à nettoyer vos bureaux tous les jours. »   Étonnant mais vrai, une clause dans le contrat des nécromanciens stipulait qu'au besoin, les nécromanciens étaient autorisés à utiliser les réveillés pour la maintenance de l’établissement du D.E.M.O.N. Dans la pratique, personne n'en usait à cause de l’odeur de la chair pourrissante des réveillés. Merci Harry pour l’info !   J’avais regardé les c******* décrépits qui composaient le directoire du D.E.M.O.N. Ils avaient lu dans mes yeux que je m’appliquerai à mettre ma menace à exécution s’ils ne me donnaient pas satisfaction.   Ma santé mentale s’était depuis stabilisée. Ma relation avec Ches’ s’était également apaisée (maintenant qu'il ne lacérait plus mon âme à longueur de journée pour se faire les griffes).   "T’as avancé sur nos affaires ?" demandai-je en posant ma tête en arrière sur le dossier du canapé de cuir.   "Non," répondit-il d’une voix grave.   "Pfff, tu fais quoi ici tout seul alors?"   "J'attends."   "Tu comptes toujours me répondre par monosyllabe?"   "Il y a deux syllabes dans 'j’attends'."   "Tu es presque aussi relou que le vieux, tu le sais ça?" dis-je en levant les yeux au ciel.   "Presque?" un demi-sourire étira le côté droit de ses lèvres.    La porte s’ouvrit sur l’inspecteur vêtu de son long manteau beige et coiffé de son chapeau.   "Ah ! Vous êtes là ! Debout j’ai du nouveau."   Enfin un peu d’action. Je sautai sur mes pieds et tendis la main vers le garçon à ma gauche.   "Tu viens?" demandai-je.   Pour seule réponse, il prit ma main pour se lever, la lâcha, et se dirigea vers la sortie. Je sentis Ches’ grimper sur mon épaule, enfonçant ses griffes dans ma peau, c'était toujours préférable à mon âme pensai-je.   "Allons jouer un peu Alice," grésilla Ches’.   "Que crois-tu que nous faisons là?," murmurai-je en me mettant en marche.   Le sourire de mon démon s’étira en sautant à terre pour suivre l’inspecteur et son démon-humain. 

Chapitre 6 :
Le thon, le chat et le mort

de l'histoire
Cheshire
par chlo_M_Molina
Démon Enquête Horreur

          Autrefois, je vivais dans un pays froid où il faisait plus souvent nuit que jour. Des nuits où apparaissaient des Aurores Boréales. Toutes les nuits, mes parents fermaient volets et rideaux, bouchaient le moindre petit interstice et tout le monde s’enfermait à la maison avec des consignes claires.   Ne sors pas. N’ouvre ni les fenêtres, ni les portes.. Ne parle pas. Ne chante pas. Silence et immobilité. Tu pourras sortir quand le soleil brillera. Non, tu ne peux pas voir la lune. Non, tu ne peux pas voir les Aurores. C’est trop dangereux.             Chaque fois que je demandais pourquoi, mes parents secouaient la tête en me bordant.           Je n’ai jamais vu le ciel nocturne, les étoiles ou la galaxie. Quelque chose que je souhaitais plus que tout au monde.           Je n’aurai pas dû.               Je courais plus vite que je n’ai jamais couru auparavant, armée d’une simple lampe torche qui éclairait juste assez mon chemin pour me permettre de voir où je posais les pieds. Mon cœur pompait mon sang qui pulsait contre mes tempes, mes poumons brûlaient et mes jambes souffraient. Je ne savais pas combien de temps encore il me faudrait fuir, mais je savais que je ne pourrai pas continuer longtemps.           J’entendais mes poursuivants derrière moi et la vie sauvage hostile tout autour. Si l’un ne m’attrapait pas, l’autre serait là. Et même si par miracle j’échappais aux deux, tant d’autres choses auraient raison de moi. Le froid ou la fatigue, probablement, si je ne trouvais pas mon chemin hors de cette forêt.           Je courais, courais, courais et, enfin, aperçut les arbres s’écarter. L’espoir me donnant des ailes, j’accélérais, puisant dans mes dernières ressources. Mais, à la lisière de la forêt, je m’arrêtais net. Je me plaquais contre un arbre, une main sur la bouche et tentais de contrôler ma respiration.           Dans le ciel, une immense Aurore Boréale dansait.           Mes yeux me piquaient. Mon coeur s’affolait. Elle n’était pas là avant.           Il m’était facile de deviner l’approche de mes poursuivants.           Tremblant de tous mes membres, je n’arrivais plus à réfléchir, j’étais incapable de me décider, mais il fallait que je fasse un choix et vite si je ne voulais pas que deux d’entre eux me tombent dessus. Ils se rapprochaient.           Tous les parents prévenaient très tôt leurs enfants. Si tu vois une Aurore Boréale, cache-toi. Ne l’appelle pas, ne lui parle pas, ne chante pas pour elle, ne danse pas pour elle. Cache-toi, ne fais aucun bruit et prie. Prie pour qu’elle ne te remarque pas.           Ou elle t’emmènera.           Personne ne savait où, personne ne savait ce qu’était une Aurore, ce qu’il y avait de l’autre côté, rien. C’est ce qui me permit de choisir.           Jaillissant de ma cachette, je quittais le couvert des arbres et me dévoilais à l’Aurore. Tâche noire sur fond blanc, j’étais certaine qu’elle me voyait sans difficulté, mais pour en être sûre, je lui faisais de grands gestes en l’appelant, criant à pleins poumons.           Les lumières jaunes, vertes, bleues et toutes leurs nuances se figèrent, cessant de vagueler. Je n’avais jamais pu voir d’Aurores Boréales de cette façon et, malgré la gravité de la situation, je ne pouvais pas m’empêcher de l’admirer. C’était un magnifique kaléidoscope de lumière illuminant le ciel comme un ruban que quelqu’un agiterait à l’une des extrémités.            Soudain, plusieurs rais de différentes couleurs fusèrent. Je m’arrêtais, mon sang se glaçant d’effroi, en les voyant s’entremêler, se tirer, se barrer la route, comme si elles bataillaient. La violence inouïe de leur conflit provoquait des éclats de lumière aveuglants qui m’obligèrent à protéger mes yeux de mes bras.           Je regrettais ma décision. J’étais certaine de mourir, vaporisée par l’un de ces rayons. Je ne pouvais qu’espérer que cela soit rapide et sans douleur.           Puis, je sentis une douce chaleur m’envelopper de la tête aux pieds, détendant mon corps comme jamais, me faisant soupirer de bonheur. Ouvrant le yeux, je pouvais voir une lumière bleue m’entourer et, avant de sombrer dans l’inconscience, je me dis une chose :           Si la mort est si douce, alors je l’accueille avec bonheur.  

Chapitre 1 :
Aurores Boréales

de l'histoire
Aurores Boréales
par Athelard
Début Écriture Collaboratif

L’escalier menant à la cave craquait sous mes pieds. À chaque pas, le bois semblait protester, comme s’il me suppliait de faire demi-tour. Mais je continuais, lentement, les mains tremblantes, le souffle court. Le grattement avait cessé. Plus un bruit. Juste mon cœur qui battait trop fort, et le silence, ce genre de silence épais qui donne l’impression que le monde retient sa respiration.L’ampoule suspendue au plafond diffusait une lumière pâle, jaunie, qui n’éclairait pas vraiment. La cave sentait la poussière, le carton humide et les souvenirs oubliés. Il faisait froid. Pas un froid glacial, mais ce genre de fraîcheur immobile, propre aux endroits où plus personne ne met les pieds.Je balayai la pièce du regard. Il n’y avait rien. Aucun monstre. Aucune silhouette. Aucune réponse à ma présence. Juste des cartons, empilés de travers, des objets recouverts de draps gris, un vieux vélo rouillé, et une trottinette cassée. Rien d’étrange. Rien de menaçant. Juste l’ordinaire, abandonné.Mon regard se posa sur une boîte en plastique transparente, coincée sous une chaise renversée. Elle semblait différente. Plus récente, moins poussiéreuse. Curieux, je la tirai vers moi, m’accroupis et l’ouvris. À l’intérieur, des affaires de cours : un agenda corné, des feuilles volantes, quelques stylos sans bouchon, un paquet de chewing-gums moisis. Et, posé au fond, comme oublié là par accident… un petit cahier noir à spirales.Il n’avait pas de titre. Juste un autocollant, griffonné au stylo bille : « Ne pas lire ».Évidemment, je l’ai ouvert.La première page portait une date : septembre 2015. Huit ans plus tôt. L’écriture était fine, penchée vers la droite, hésitante. Je tournai quelques pages, au hasard. Les mots sautaient aux yeux comme des éclats de pensées à vif.« J’ai l’impression d’être un fantôme. Tout le monde me parle sans me voir. »« Parfois, je me dis que mourir ne changerait rien. Peut-être que ce serait même plus simple. »Je sentais ma gorge se nouer. Ces phrases, je les avais pensées. Peut-être pas mot pour mot, mais le fond… c’était moi. Ma fatigue, mon vide, ma peur. C’était là, écrit noir sur blanc, par quelqu’un d’autre. Ou… par moi ? Un moi que j’aurais oublié ? Rêvé ? Inventé ?Je continuai à lire.« Aujourd’hui encore, j’ai fait semblant. Souri, écouté, répondu. Mais à l’intérieur, y’avait juste du bruit. Et un mur. »Chaque ligne résonnait. Une étrange sensation me gagnait : celle de lire une version ancienne, effacée de moi-même. Une version que j’aurais peut-être voulu enterrer. Je tournai la dernière page. Elle était blanche. Presque. Tout en bas, dans un coin, griffonné à la va-vite :« Si tu lis ça… c’est que t’as cherché. Pourquoi t’as cherché ? »Je restai figé, le cahier ouvert sur mes genoux. Mes doigts s’étaient crispés sur les spirales métalliques. Mon cœur battait plus vite. Je n’étais pas sûr de ce que je venais de découvrir. Un hasard ? Une coïncidence étrange ? Un message ? Un miroir ? Une boucle ?Je me levai lentement, le cahier toujours en main. J’éteignis la lumière, refermai la porte derrière moi, et remontai l’escalier. Une pensée, tenace, se forma dans ma tête. Elle ne me quittait plus.Je ne suis peut-être pas seul.

Chapitre 5 :
Le cahier

de l'histoire
Et si on mourrait demain?
par Bat.Jacl
Début Écriture Collaboratif

Quelques secondes s'écoulent, chacun immobiles, le temps que mes paupières retombent légèrement et que ma mâchoire reprenne sa position normale. Je bafouille : - Qui... Qui êtes-vous ? Le petit homme au centre fait deux pas en avant, rompant l'alignement. - Nous sommes des nains. Les sept nains. Moi, c'est Prof, pour vous servir. Il accompagne sa voix doctorale d'un salut d’une pirouette en avant. - Et voici Grincheux. Il indique le nain directement à sa gauche, qui s'avance à sa hauteur, exécute un petit salut accompagné d'un « b'jour » de sa voix grincheuse. Prof reprend, montrant le nain directement à sa droite : - Atchoum. Celui-ci s'avance à son tour : - Sal...saa...saaaaatcha ! Un filet de morve vient se coller à son manteau. Prof indique le nain à gauche de Grincheux : - Joyeux. Le nain s'avance, un grand sourire aux lèvres, et dit, d'une voix aiguë et joyeuse : - Bonjour, belle demoiselle ! Prof reprend, le doigt pointé sur le nain à droite d'Atchoum : - Dormeur. Celui-ci ne bouge pas. Il semble somnoler. Atchoum lui donne un coup de coude, ce qui le fait sursauter et s'avancer. Il baille un grand « Bonjour », puis ses paupières semblent retomber lentement. - Et voici Timide ! dit Prof en indiquant le nain le plus à gauche. Le nain s'avance en rougissant et tremblant. - Bon...Bon...Bon... - On va pas y passer quinze ans ! grommelle Grincheux. -...bonjour ! arrive enfin à bredouiller Timide. - Et le dernier, là-bas, c'est Simplet. Celui-ci s'avance en sautillant, se mettant un pas devant la nouvelle ligne. - C'est moi ! s’exclame-t-il d'une voix simplette.   Le temps de tout digérer, je reprends la parole : -Mais... qui... qui êtes-vous ? Prof penche la tête sur un côté, un léger sourire au coin des lèvres : -Je crois que vous vous répétez, jeune demoiselle. A moins que vous ne vouliez savoir ce que nous sommes, ou plutôt faisons, ici, présentement, dans ce château. -Oui... oui... c'est ce que je voulais dire. -Je vais vous le dire, jeune demoiselle. Mais sachez néanmoins que la bienséance voudrait que vous vous présentiez également. Je rougis instantanément, reprenant la parole d'une voix peu assurée : -Je m'appelle Eden, et je viens de Thiercelieux. Et voici... Me tournant en direction du chaperon rouge à ma droite, je me rends soudain compte qu'ils ne peuvent la voir. Je rattrape le coup en me tournant vers le corps d'Herta, dans mon dos : -...Herta, qui vient du même village que moi. Puis, indiquant le crapaud qui s'est reperché sur mon épaule sans que je ne m'en rende compte : -Et, voici... -On sait qui c'est ! me coupe un nain que je n'arrive pas à identifier. -Et donc... -Et donc, qui sommes-nous ? me coupe Prof. « Une bande de nain. Une vieille bande de nain. Et que faisons-nous ici ? Nous sommes les serviteurs... » -Les larbins ! Encore un nain que je ne peux identifier. -... du maitre... -Ex-maitre ! Encore une interruption d'origine inconnue qui fait s'agiter le crapaud sur mon épaule. Prof, qui semble s'écouter parler, n'a pas entendu et continue son monologue. -...et l'assistons dans des tâches domestiques diverses et variées. En échange, nous bénéficions d'une protection... -Et maint'nant ? Encore une voix sur laquelle je ne peux mettre de nom. -..., du droit d'aller et venir dans le château... -Des prisonniers ! -..., du logement, du couvert... -Si on s'cuisine not’ bouffe ! -...et d'utiliser dans des pièces attitrées des matériaux spécifiques que nous procure le maître... -Pourriture ! Le crapaud gesticule. -...pour nos expériences. Car, voyez-vous, jeune demoiselle, au-delà de notre état de nain, nous possédons un grand nombre de compétences. -On est exploités ! -Nous sommes géologues, chimistes, biologistes, d'autres choses, mais avant et par-dessus tout, inventeurs. -De génie ! -Et, pour la petite histoire, c'est lors d'une exploration souterraine que le Maître nous a sauvé d'une situation malencontr... Cette fois-ci, Grincheux s’avance au droit de Prof : -Chef, si vous vous lancez dans toute l'histoire, on va y passer deux plombes, et on n’pourra plus sauver Herta ! Prof se tourne vers son interlocuteur : -Tu as raison, Grinch'. Enfin quelqu'un pour l'arrêter ! Tais-toi, toi ! Puis, revenant dans ma direction, il reprend : -Voyez-vous, jeune demoiselle, une de nos belles inventions pourrait servir dans le cas présent. Nous avons bâti un sarcophage en verre amélioré, que nous espérons thanatonique. Il permet de conserver la chair de toute décomposition et pourrait, si cela fonctionne, réparer les tissus organiques, les fractures et déformations osseuses et, nous l'espérons, même si nous n'avons pas encore eu l'occasion de le tester jusqu'à présent, les lésions nerveuses et les synapses. Je vois, à vos grands yeux, que vous ne comprenez goutte à mes paroles. Pour faire plus clair, nous pensons avoir créé un sarcophage permettant de faire revenir les morts à la vie. Et nous pensons qu'il est intéressant de l'inaugurer ici. Mais il faut aller vite avant que les nécroses s'installent. Cependant, nous avons besoin de votre accord préalable...     -Croâââ ! croasse le crapaud. Avec tout ce qu'elle t'a fait ! Laisse-la crever ! Tais-toi, toi. Elle peut toujours nous servir, non ? -Je ne sais qu'en penser. Le chaperon rouge me sort de mon dialogue intérieur. -Qu'auriez-vous à y perdre ? me sourit Prof. -Je... -Il va peut-être falloir se décider, ma belle. » Le chaperon rouge. -Sinon, il faudra que vous nous débarrassiez du corps... » Le sourire de Prof a un je ne sais quoi que ne me plaît guère. Je prends une grande inspiration, et expire longuement en décidant du sort d'Herta. -C'est bon, allez-y, mettez là dans votre sarcophage tatamonique. -Thanatonique. Vous avez fait le bon choix, jeune demoiselle !   Comme si ma parole était divine, elle crée le mouvement là où il n'y avait qu'immobilité : un flot de nains, de sept nains en l'occurrence, se précipite sur le corps inerte d'Herta dans un déchaînement frénétique, me frôlant et poussant sauvagement. Reprenant doucement mes esprits, le temps que le corps d'Herta disparaisse petit à petit sous un amoncellement de manteaux jaunes et bonnets en tissus bleus, je lâche : -Mais... mais que faites-vous ? Le corps d'Herta est maintenant invisible à mes yeux sous cette masse d'habits mouvants. La voix doctorale de Prof émerge du tas : -Il faut que nous soyons sûr de la fraîcheur du corps pour savoir si nous pouvons le reprendre. Notre invention semble assez exigeante, et nous sommes perfectionnistes. Nous voulons réussir notre essai. Le tas jaune et bleu devant mes yeux bouge, tremble, se meut comme s’il ne faisait maintenant plus qu’un organisme vivant unique. Cela semble trop déroutant à mes yeux : -Vous… vous êtes sûr ? La voix grinçante de Grincheux : -Ouai qu’on est sûr ! D’ailleurs, Dormeur, r’ga’de bien à l’entrejambe ! Mes yeux s’écarquillent. -A l’entrejambe ? » Le chaperon rouge me fait sursauter. « Bizarre, ça ! » Pensant la même chose qu’elle, je m’approche du tas gesticulant. Les bonnets bleus se dandinent devant mes yeux, tandis que je tente de me pencher au-dessus. Sans succès. Contournant le tas, je me dirige vers là où il me semblait que se trouvaient les jambes d’Herta. Qui dépassent en effet de part et d’autre d’un nain situé devant l’entrejambe du corps inerte. Son manteau jaune est ouvert, laissant paraître une énorme masse oblongue beige parsemée de ridules violacée au cheminement erratique, et surplombée d’une sorte de large chapeau de chair rouge sang accompagné d’une fente au sommet. Un sexe. Un sexe monstrueusement grand et difforme compte tenu de la taille de son possesseur. Un sexe qu’il abaisse pour tenter de l’enfourner dans celui ouvert du corps inerte d’Herta. Cette vision d’horreur me fait hurler tandis que je pousse le nain en arrière. Celui-ci, tombé à la renverse sur le cul, me regarde d’un air hébété, tandis que son engin perd doucement de sa superbe. J’entends des frôlements d’habit derrière moi et, me tournant, vois un nain enlevant rapidement sa main du mamelon droit d’Herta, tandis qu’un autre, en face, semblant dans son monde, continue de pétrir violemment l’autre sein. Ma main part en direction de son visage, le faisant reconnecter à la réalité, mais j’ai quand même eu le temps d’apercevoir, dans mon mouvement, un nain du côté de la tête qui referme la bouche d’Herta. Et tente de dissimuler maladroitement son sexe en érection sous son manteau jaune. Je ne peux me retenir, et hurle : -MAIS QU’EST-CE QU’IL SE PASSE ICI ?!? Un nain tenant la main gauche d’Herta posée sur son ventre, que je reconnais comme étant Prof de par sa voix doctorale, bredouille : -Nous… nous… nous devons l’ausculter, pour voir… -RIEN DU TOUT ! PAS D’AUSCULTATION, BANDE DE PERVERS ! VOUS SAVEZ AUSSI BIEN QUE MOI QU’ELLE EST COMME CA DEPUIS PEU ! AMENEZ LA A VOTRE FICHU SARCOPHAGE ! Les nains s’écartent en bougonnant du corps d’Herta en grande partie défroqué. Prof se lamente : -Il fallait nous assurer… Et en plus, cela fait longtemps que nous sommes aux services du maitre. Et nous n’avons jamais eu le droit de… Voyant qu’il s’interrompt, une voix émerge du tas de nain : -Ouai, ça fait longtemps qu’on n’a pas tiré not’ coup ! Un autre : -Y a personne qui n’vient jamais par ici ! Un troisième : -Franchement, c’est dur, même pour moi ! Prof, ayant repris ces esprits, se tourne vers moi, un petit sourire aux lèvres : -Mademoiselle, étant donné le service que nous proposons, il est bien normal de réclamer un dû. Rien n’est gratuit en ce bas monde, et l’utilisation de notre technologie doit faire l’objet d’un paiement, qu’il soit en espèces sonnantes et trébuchantes ou en nature. Herta peut bien payer de sa personne, si cela doit la sauver. De plus, dans son état, notez bien qu’elle ne devrait rien sentir. Ses yeux plissés grand ouverts me scrutent attentivement, devenant légèrement libidineux : -D’ailleurs, je trouve que le prix que nous vous accordons est très généreux. Je suis d’avis qu’il faille que vous donniez un peu du vôtre, ma jeune amie. Parce que bon, quand même, c’est plus intéressant quand ça bouge et qu’il y a du répondant.     Je le regarde, éberluée. Une voix fuse de derrière : -C’est bin vrai, ça ! Je fais un pas en arrière. Les nains, qui se sont reformés en ligne devant moi, avancent d’un pas, Prof au centre : -Franchement, jeune demoiselle, qu’auriez-vous à y perdre… Je fais deux pas en arrière, tandis que les nains en font autant en avant, les extrémités de la ligne se refermant plus vite pour former un arc de cercle. Grincheux : -Ouai, j’suis sûr qu’tu vas prendre ton pied, cocotte ! Je sens la présence rassurante du crapaud sur mon épaule. Trois pas chacun dans la même direction. Le chaperon rouge : -Eden, je ne le sens pas trop, là. Je suis d’accord avec elle. Moi aussi. D’un même bond, les nains s’élancent dans ma direction. Je pivote et me mets à courir vers la balustrade. Je renverse une caisse de vêtements par terre et entends des jurons et des bruits de chute. -Prends à droite ! me crie le Chaperon rouge. Dans la précipitation, je tourne à gauche. Le couloir continue sur quelques mètres, avant de se terminer sur de profondes et larges marches d’escalier qui s’enroulent doucement en montant autour de la tour principale du château. Le mur plein venant remplacer le balcon obscurcit l’entrée de l’escalier, mais des meurtrières laissent tout de même passer des raies rouges en provenance de la lune. J’hésite quelques secondes, mais la voix impérieuse de Prof me pousse en avant : -Dormeur, Simplet, Timide, Atchoum…. Non, pas Atchoum, Joyeux ! Vous prenez Herta et l’installez dans le sarcophage. Je prends l’escalier extérieur… J’entends une voix grinçante se lamenter que c’est pile celui que je viens de prendre. -Grincheux, ne discute pas ! Prend l’escalier intérieur, tu iras plus vite ! Atchoum, prend le passage secret ! Les autres, une fois…. Ses paroles se perdent tandis que je continue mon ascension. La tour doit être grande, l’escalier tournant très lentement autour. J’atteins l’étage du dessus, qui présente le même couloir balcon que celui que je viens de quitter. Un coup d’œil à gauche, je devine une porte donnant sur l’intérieur de la tour. Je continue tout droit et enchaine le nouvel escalier qui monte vers l’étage supérieur. Dans mon dos, j’entends le souffle ahanant de Prof qui semble avoir du mal à grimper rapidement ces marches trop profondes pour son petit corps difforme. Un nouveau palier avec un couloir balustrade, une nouvelle pièce sombre à gauche, un nouvel escalier montant en face. Je décide de m’arrêter ici et d’explorer la sombre pièce à gauche. -Fais attention, essaye de ne pas faire de bruit ! me glisse le Chaperon rouge. Je susurre un « oui ». -Croâââ ? Je sursaute et, dans le même mouvement que le Chaperon rouge, pose mon index sur ma bouche, accompagné d’un léger « Chut ! » pour intimer le silence au crapaud. En tâtonnant dans le noir, je pose la main sur une étagère avec de petits outils métalliques, une table centrale en partie couverte d’une substance poudreuse, un large rebord en pierres massives semblant former un demi-cercle. Un four. Une cuisine. J’ai l’impression, oui. Chut ! Je m’immobilise soudain, entendant des geignements essoufflés venant de l’extérieur. -Mais où est-ce… qu’elle est allé,… cette petite peste ? Prof ! -Elle a due… encore monter… Plus que quatre… étages et elle… est coincée ! Je vois sa forme éclairée par les rayons de lune rouge traverser mon champ de vision à travers le pas de la porte. -A moi son vagin… humide ! Il disparait de ma vue, et je l’entends attaquer l’ascension du prochain étage en soufflant. Laissant passer quelques secondes, ou quelques minutes, je ne saurais dire dans cette obscurité incertaine, je continue l’inspection hasardeuse de la pièce. Des étagères avec des ingrédients, des jarres contenant des liquides, des ustensiles de cuisine et de ménage accrochés à des patères. Mon auriculaire gauche se coupe sur un objet tranchant. -Aïe ! -CHUT ! me hurle le Chaperon rouge. -Je me suis faite mal ! me plains-je dans un souffle léger. Je tâtonne dans la direction de l’objet en question, et vois qu’il s’agit d’un couteau pointu et tranchant. Sans réfléchir, je le prends, et le glisse à ma ceinture, sous ma cape dont la couleur rouge est totalement aspirée dans cette obscurité. -Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? demande-je au chaperon rouge. -Je ne sais… -Croâââ ? Le faible croassement s’amplifie et résonne dans la cuisine. -Mais elle va la fermer cette sale bête ! La virulence du ton du Chaperon rouge me fait sursauter. Je reprends en susurrant à l’attention du crapaud : -Ce n’est pas à toi que je parle, gentil petit crapaud, mais à quelqu’un que tu ne peux voir ni entendre. Alors, quand je parle, ne réagit pas. Une main me tape le postérieur, accompagné d’une voix grinçante : -J’aime quand tu susurres comme ça, salope ! Grincheux ! Je donne un coup de pied en arrière et entends un gémissement qui indique que j’ai fait mouche. Je me précipite vers la porte, la traverse, atteint la moitié du chemin vers le balcon avant de me prendre les pieds dans ma cape et de tomber à la renverse.     Reprenant mes esprits, je me tourne en direction de la porte, et vois Grincheux s’avancer dans ma direction, un sourire carnassier aux lèvres, son énorme sexe sortit et dressé dans ma direction. -Relève toi, viiite ! me conjure le Chaperon rouge. Pétrifiée, je n'arrive pas à bouger. Mon cerveau est bloqué. Le satyre, devant moi, avance lentement, d'une démarche triomphante. Il semble avoir compris l'emprise qu'il a sur moi, ce qui décuple son envie et sa verge. Alors que le bout rouge et visqueux s'approche de mon visage, je trouve enfin le moyen de crier de terreur. Un hurlement suraigu qui se répercute dans tout le château et la lande alentour. Le nain sursaute légèrement, son sexe ripant sur mon menton. Je ferme les yeux, des larmes commençant à ruisseler tout doucement le long de mes joues. J’entends le chaperon rouge me supplier : -Eden ! fais quelque chose ! Bouge ! Bas-toi ! Je sens l'objet de chair se frotter contre ma joue. Grincheux rigole d'une voix démentielle. Je me mets à sangloter. Le rire du nain est maintenant total. Je sens son bout chaud qui se glisse entre ma joue et la capuchon, en direction de mon oreille. Il exulte. Son ton est celui de la jouissance complète. Jouissance... qui change subitement de registre. Pour aller vers la surprise. Et l'horreur. Je rouvre les yeux pour voir le crapaud accroché au visage du nain. Une sorte de nuage de gaz et de bulles semble suinter du corps de l'amphibien. Il saute dans le cou du nain, laissant apparaître un visage sanguinolent parcheminé de cloques. Grincheux s'effondre à genoux, portant ses deux mains à son visage, poussant un râle de douleur. Son sexe pend mollement entre ses jambes, ayant perdu les neuf-dixième de son ancien volume. Il hurle de douleur. « J'brûle ! J'fonds! Au s'cour ! » Le crapaud rampe jusqu'en bas du dos du nain, laissant apparaître l'os des vertèbres, la chair en train de fondre et un bout de manteau en train de fumer. Le nain menace de tomber en avant. J'ai à peine le temps de me reculer qu'il s'effondre à plat ventre devant moi. Il est pris de spasmes, son sphincter évacuant l'ensemble de ses intestins par le trou anal agrandis par l'action brûlante des miasmes sortant de la peau du crapaud. Un dernier spasme, un dernier vomissement, et Grincheux ne bouge plus. Un liquide blanc coule lentement de son entrejambe.   Un certain temps passe. Je suis perdue. -J'ai cru entendre des voix dans l'escalier extérieur, il ne faut pas rester là ! Le chaperon rouge ! Je me relève, tant bien que mal. Évitant le corps fumant du nain et les fluides qui en sont sortis, je me dirige, titubante, vers la cuisine. Je m'appuie contre la table. Je suis prise de vertiges. Je sens une pression mal assurée sur mon épaule. Le crapaud vient de s'y renicher pataudement. -Je te remercie, gentil petit crapaud. -Croâââ... Son croassement est faible. Comme s'il avait perdu de sa vitalité. Le chaperon rouge me fait remarquer qu'il semble un peu épuisé. -Tu es fatigué ? -Croââ. -Vidé ? -Croâ. Je me tourne vers le chaperon rouge. -Tu as rais... Elle fait un geste m'intimant de me taire. Des voix se rapprochent de l'extérieur et l'intérieur. Je m’inquiète : -Ils arrivent. Ils sont au moins trois. Qu'est-ce qu'on... Le chaperon rouge met son doigt devant sa bouche. -Chut ! J'écoute ce que Timmy et Mary me disent. -Timmy et Mary ? -La tasse et la théière. La tête me tourne. -Ils disent qu'il y a un passage secret. Viens par ici. Je m'oriente à la voix du chaperon rouge. Celle de Prof se fait entendre, de l'autre côté : -Simplet ! Où sont les autres ? Je rejoins le chaperon rouge. -Moi, je suis là ! Elle me demande d'appuyer sur deux pierres sur le côté de la cheminée -Et les autres ? Un léger vrombissement sourd se fait entendre. -Dormeur s'est endormi, Joyeux a rejoint l'escalier intérieur et Atchoum le passage secret. Et moi, je suis là ! Le mur devant moi semble pivoter, m’entraînant doucement. -Par la Sainte Pioche ! Regarde l'état de Grinch’ ! Je suis le sol sous mes pieds qui tourne avec le mur. -Moi, j'aimerais pas êt'e comme lui ! -Ça veut dire que la petite chatte est dans la cuis... Le mur se referme après un demi-tour complet, coupant net les sons. Nous nous trouvons dans le noir et le silence absolu. Les mains en avant, je touche une colonne en pierre quelques dizaines de centimètre à peine devant moi. La main gauche sur la colonne, la droite sur le mur, j’avance prudemment. Pied droit. Le mur, à droite, semble s’incurver. Pied gauche. Il s’incurve maintenant très vite. Pied…vide ! Sur quelques centimètres. Une marche ? Un escalier en colimaçon. Une autre marche. Je chuchote, à l’attention du Chaperon rouge : -Tu es là ? Elle me répond, dans un souffle : -Oui, derrière toi. -Tu me vois ? -Oui, pourquoi ? Tu ne me vois pas ? -Vu le noir complet, je ne vois rien. -Ah… -Tu sais, tu n’es pas obligée de chuchoter, toi. -Ah oui, c’est vrai ! me répond-elle. Je devine son sourire au ton employé. -Comment est-ce que ça se fait que tu y vo… Un vrombissement sourd me coupe le sifflet.     Le chaperon rouge me fait sursauter : -On n’est pas seul. Deux voix semblent venir de plus bas, ricochant sur les parois de l’escalier. -Avec ça, on y verra mieux ! -Bonne idée, Atchoum ! J’avais trop peur, moi, dans l’noir ! -Je pars en éclaireuse ! » Ne la voyant pas, j’imagine que le chaperon rouge commence à descendre. -J’espère qu’on s’ra les premiers sur elle, j’aime pas quand quelqu’un est passé avant moi. -Franchement, y a mieux à faire avec Herta. -Tu trouves ? -J'aime bien quand on peut s'accrocher un peu. L'aut', c'est une crevette. -ILS ONT UNE TORCHE ! Le hurlement du chaperon rouge me fait sursauter. -Moi, j'aime bien sa... -Oh ! La flamme a vibré ! Fait gaffe, que ça s’éteigne pas. -J’ai senti comme truc froid sur mon corps. -JE PEUX PASSER A TRAVERS EUX ! CA A L’AIR DE FAIRE COMME UN COURANT D’AIR ! JE REESSAYE ! -Brrr… Froid. -Oui, ça…ça… çAAATCHA ! -MERDE, la torche ! -Putain, on n’voit pus rien ! -J’ai peur ! -T’inquiète, Timide ! Fait comme moi, prend appui des deux côtés, et monte petit à petit. C’est trop étroit, rien n’pourra nous passer à travers. -ILS MONTENT, JE LES SUIS. -T’as raison, c’est facile, en fait. Une marche. Et encore une. Je ferme les yeux, c’est plus… aïe ! -Fais gaffe à mes fesses ! Tu va trop vite, prend ton temps. -J’ai butté contre une marche. -J'ai senti ! Mais moi, c’est contre ses fesses que j’aimerais bien butter. -SOIS PRETE A DONNER UN BON COUP DE PIED EN AVANT QUAND JE TE LE DIT ! -Contre les fesses de qui ? Eden ou Herta ? -Les premières que je trouve. Celles d’Eden, alors. -Contre ses fesses, mais dans son vagin, ou dans son cul ? -Dans les deux, mon gars ! Un coup d’un côté, un coup de l’autre, ça s’en va et ça…ça…çAAAATCHA ! Sniiirfl ! -ILS DEVRAIENT BIENTOT ARRIVER ! La tension monte soudainement en moi. Je m’assieds sur une marche, le dos calé contre la marche derrière, les jambes repliées vers moi. -Pfuuh, c’est rude quand même, cette montée. -Pense a... pfuuuh… pense avec ta bite. -Ouai, t’as raison, Atchoum ! -Oh ! -Quoi ? Je sens une forme grassouillette venir appuyer sur la plante de mes pieds. -VAS-Y, DONNE TOUT ! En réponse, je détends mes jambes le plus violemment possible. -Ahhh ! -Aaaaaaaahh ! -Attention, tu m'renver... -Aïe ! -Ouille ! -Putain, ça fait... Dans le noir, j'entends deux masses qui tombent et culbuttent. -Aïe... Ouille... Aïe... -Je... Aïe... Je Craac Bizarre, comme bruit, comme un os qui craque. -J'me suis arrê... La voix de Timide s'interrompt comme elle a débuté, dans un bruit de percussion de corps et de craquement d'os. -Atchoum, ...bouge toi d'là, ...tu m'a transperçé... l'bide. Je me vide ! C'est... dégueu... lasse. T'es... trop... lourd... j'arr... Plus rien. C'est horrible, cette obscurité. -JE CROIS QU'ILS ONT EU LEUR COMPTE ! Le chaperon rouge me fait encore sursauter. -ATCHOUM A LA NUQUE BRISEE, ET SON COUDE A TRANSPERCE LE VENTRE ET LE COEUR DE TIMIDE. C'EST PAS BEAU A VOIR. J'ai pas envie de voir. Moi non plus. -REJOINS MOI EN BAS ! -J'ARRIVE ! Main gauche contre la colonne, mains droite contre le mur, je débute la descente. Dans cette obscurité oppressante, je perds vite le décompte des marches. -Fais attention aux corps devant toi. Mon pied droit butte dans une masse invisible. -A priori, d'après Timmy, il y aurait une sortie du passage secret dans le coin.

Chapitre 14 :
Nains, faux, maniaques

de l'histoire
Lune sanglante
par Wargen
Lune Chaperon Rouge Conte

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